bembaL’affaire est terminée. José Makila Sumanda est tombé. Le MLC a vite fait de prendre acte sans verser une larme de crocodile. Longtemps, le gouverneur suspendu de l’Equateur avait cessé d’être en odeur de sainteté au Mouvement de Libération du Congo. Où JPBG – depuis La Haye – continue à donner des ordres. C’est de la bouche du « Chairman » que sortira le nom de celui qui prendra les couleurs du parti de l’insecte. En attendant, chacun va tenter sa chance...

Ils pourraient être trois au MLC à prendre le départ pour le fauteuil laissé vacant par le gouverneur José Makila Sumanda. Il y a d’abord Gaby Bolenge. Il y a aussi Sam Bokolombe. Tout comme certainement le Sénateur Jacques Ndjoli. S’il faut ajouter l’ex-MLC Jean Claude Baende, c’est beaucoup de monde. Le Mouvement de Libération du Congo, parti de Jean-Pierre Bemba Gombo a, mardi 22 septembre au lendemain de l’arrêt de la Cour Suprême de Justice, levé l’option de « prendre acte » du fait que la Haute Cour a débouté le gouverneur suspendu de son action.

JPBG maître du jeu

Le secrétaire général François Mwamba Tshishimbi, chef du groupe parlementaire MLC à la Chambre basse, n’a pas estimé devoir verser une larme de crocodile. On savait – depuis longtemps – que José Makila Sumanda n’était plus en odeur de sainteté au MLC. Il se serait plus particulièrement trop mal comporté vis-à-vis du père défunt de JPBG. Prétextant que celui-ci était surveillé par des services secrets – dans l’affaire de faux billets de dollars –, José Makila aurait pressé Jeannot Bemba Saolona comme on presse du citron.

Et il en aurait tiré très grand profit. Du moins, ce que des sources proches de la province rapportent. L’affaire faisait déjà très grand bruit dans le clan Bemba. Et comme c’est toujours Jean-Pierre Bemba qui commande – depuis sa cellule de La Haye – c’est clair que le Chairman a donné ordre que José Makila ne soit pas pleuré…Reste désormais à pourvoir à son remplacement. Il y aura beaucoup de monde au départ. Il n’est pas impossible que l’Amp fasse la course.

Le Sénateur AMP-PPRD Lokondo a fait savoir mardi soir au « Soft International » qu’il ne prendrait « certainement pas la course, pour rien au monde ». Mais le PDC de José Endundo Bononge, ministre de l’Environnement, penserait en son vice-ministre à l’EPSP, Arthur Sedea. On rappelle que le PDC fait partie des treize partis politiques membres de l’AMP...

Sur papier, dans cette course, aucun camp ne part favori, aucun camp ne disposant de la majorité à l’Assemblée provinciale de l’Equateur pour prétendre s’imposer au départ. Il va sans doute falloir fédérer – et fédérer autour d’une personne. Qu’il appartienne à l’opposition ou à la majorité, le candidat devra d’abord compter sur sa capacité de rassembler autour de sa personne. Il va donc falloir compter sur « une majorité personnelle ». Député MLC exclu de ce parti, le vice-gouverneur sortant, Jean-Claude Baende avait semblé s’être rapproché de l’AMP. Mais l’action que la Chambre haute vient d’engager contre sa gestion est pour le déstabiliser. Il ne faut certainement pas un dessin pour comprendre cela...

Dans les salons matelassés de la Capitale, on faisait état des « sommes colossales » que le gouverneur intérimaire aurait reçues du Trésor public et distribuées auprès des Députés provinciaux dans le seul but de se maintenir en place et d’éloigner, autant que cela était possible, son titulaire suspendu José Makila. Si la mission diligentée par le Sénat parvient à établir cet état de fait, le sort final de Jean-Claude Baende pourrait être le même que celui qui attend José Makila Sumanda dans le cadre de l’opération « Tolérance zéro ». Il faudra à l’Equateur – comme dans nombre de nos provinces – compter aussi sur la question « géopolitique ». Il y a ici ­comme partout – le Nord et le Sud. Après le gouverneur sortant qui est Ngbaka, ne faudra-t-il pas cette fois-ci aller chercher ailleurs? Il reste que nul ne se fait aucune illusion.

Depuis sa cellule de La Haye, c’est Jean-Pierre Bemba Gombo qui donnera le nom de celui qui va jouer dans cette bataille sous les couleurs du MLC. En espérant que le Chairman sera suivi par une province à la recherche soutenue d’un leader introuvable et qui avait cru l’avoir trouvé dans la personne de son fils JPBG... Qui n’a pas cessé, depuis, de le pleurer. Considérant que toute autre personne agissant en dehors de lui ne peut être qu’un traître, un « Muteki Mboka ». A frapper durement.

(TN/TH/GW/Yes)

Alunga Mbuwa/Le Soft