makilaAprès l’annonce, le lundi 21 septembre 2009 la Cour Su­prême de Justice, de son Arrêt confirmant la déchéance du gouver­neur alors suspendu de la province de l’Equa­teur, José Makila, la succession est large­ment ouverte. Selon la loi électorale ficelée en son temps par la Commission Electorale Indépendante (CEI), une nouvelle élection devrait être organisée dans un délai de 15 jours en vue du choix d’un nouveau gouver­neur et vice-gouver­neur. Mais, compte tenu des contraintes logistiques et finan­cières qui se pointent à l’horizon, il faudrait au moins 45 jours pour boucler le processus électoral.

Réagissant au ver­dict de la Cour Suprême de Justice, le Rapporteur de cette institution d’appui à la démocratie, Dieudon­né Mirimo, a fait savoir que celle-ci n’était pas encore saisie officiellement. Or, le comptage de l’échéance officielle de l5 jours francs ne peut demarrer qu’après la communication effective du verdict de la justice à la CEI. Mais, en attendant la notification de la décision judiciaire, la CEI s’est em­pressée de communiquer au gouvernement le coût global de l’élection de nou­veaux animateurs de l’exé­cutif provincial de l’Equa­teur, estimé à 43.000 USD (quarante-trois mille dollars américains). Ce n’est que lorsque ce fond sera disponible, a-t-il prévenu, que pourra s’enclencher le processus électoral, lequel devrait suivre le schéma suivant : dépôt des candi­datures, examen des dos­siers, publication de la liste provisoire des candidats, traitement des conten­tieux, publication de la liste définitive des candidats et scrutin.

Jean-Claude Baende dans le collimateur du Sénat

Alors que le dossier Makila est définitivement clos par la Cour Suprême de Justice, celui de Jean ­Claude Baende, gouver­neur intérimaire, reste ouvert. Accusé, comme son prédécesseur, de détournement des deniers publics, il va faire l’objet d’un audit de la part d’une commission d’enquête du Sénat, conformément à la motion présentée lundi en plénière par le sénateur Hilaire Mayamba et adop­tée par la chambre haute du Parlement.

Juridiquement et politiquement, le gouver­neur intérimaire aurait,  lui aussi, être automatique­ment balayé par l’Arrêt de la CSJ du lundi 21 septem­bre 2009, en sa qualité de colistier de José Makila. On rappelle que c’est le dernier cité qui avait été élu gouverneur de province, avec dans ses « bagages » Jean-Claude Baende.

En principe, c’est le président de l’Assem­blée provinciale qui devrait assumer l’intérim des partants, en attendant l’élection et l’investiture des successeurs de Makila et Baende.

Makila candidat à sa propre succession ?

Que ce soit au ni­veau de la Cour d’Appel de Mbandaka qu’à celui de la Cour Suprême de Jus­tice, le dossier Makila n’a jamais fait l’objet d’une dé­cision judiciaire sur le plan du fond. D’où, l’intéressé conserve encore ses droits civils et politiques. Aussi, d’aucuns se demandent s’il va se saisir de cette brèche pour se représenter sur la ligne de départ, en vue de tenter de se succé­der à lui-même. Jusque-là, c’est le mutisme plat quant à ses ambitions politiques. D’aucuns se demandent si les députés provinciaux, qui l’avaient désavoué par une motion de défiance, pourraient encore lui ap­porter leurs voix. Entre-temps, c’est la mon­tée des enchères au sein de la classe politique de l’Equateur, où s’annoncent des candidats de tous les calibres : ministres provin­ciaux, députés provinciaux, politiciens en chômage, hommes d’affaires, activis­tes des droits de l’homme, conseillers de cabinets po­litiques, serviteurs de Dieu, fonctionnaires, leaders des partis politiques.

Toutefois, le maî­tre du jeu reste le MLC (Mouvement de Libération du Congo) qui détient la majorité parlementaire et qui, de ce fait, régente le « corps électoral » composé des députés provinciaux. Logiquement, pour qu’un candidat autre que MLC puisse triompher, il lui fau­drait compter sur la « division » des troupes de Jean-Pierre Bemba à l’Equateur, comme c’était le cas à Kinshasa et Bas-Congo, il y a presque trois ans.

(TN/Tkm/GW/Yes)

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