kimbutaLes travaux de la session ordinaire de l’Assemblée provinciale de la ville de Kinshasa se poursuivent au collège Boboto. Essentiellement budgétaire, la session en cours se consacre à l’examen du canevas budgétaire de la ville-province pour l’exercice 2010 ; Kinshasa enregistre d’ailleurs un léger retard par rapport à maintes autres provinces dont les budgets ont été rendus publics.

Les présentes assises sont d’une importance que les députés provinciaux entendent changer la donne en cette période où les échéances électorales approchent à pas de géant. Quel argument avancer à nouveau devant un électorat médusé par la dégradation discontinue de son environnement immédiat et des principaux besoins de base ?

En dépit des efforts fournis par le gouvernement central et des partenaires extérieurs dont l’Union européenne, la sale image de Kinshasa n’a pas changé d’un iota. Fort de cette réalité, le président de l’assemblée provinciale n’a pas caché la nouvelle option de son institution pour l’amélioration de la gestion des ressources de la capitale.

 « C’est la raison pour laquelle, l’Assemblée provinciale de Kinshasa s’engage résolument et fermement à exercer la plénitude de toutes ses prérogatives législatives et de contrôle parlementaire afin que les ressources financières, maigres soient-elles, réalisées par les services générateurs des recettes, soient réellement injectées dans le circuit des activités économiques et sociales, susceptibles de produire un impact positif et durable sur l’amélioration de l’état physique de Kinshasa et de la situation sociale de la population kinoise », affirmait Roger Nsingi lors de la fermeture, en avril dernier, de la précédente session.

La donne est de nouveau sur la sellette au collège Boboto où les députés sont partagés entre le réchauffement de la motion de défiance contre le gouverneur de la capitale congolaise. Matière héritée de la précédente session et que d’aucuns voudraient mettre en sourdine. L’option tarde à venir, mais la majorité se dégage déjà pour l’interpellation de l’autorité urbaine avant de lui renouveler la confiance pour la gestion  de l’Edit des finances portant budget de la ville de Kinshasa pour l’exercice 2010.

La situation de menace de grève brandie par les agents et cadres de la Direction des recettes de Kinshasa (Dgrk) vient en rajouter au climat de méfiance contre le gouverneur André Kimbuta. Les agents de cette régie financière ne comprennent pas qu’ils totalisent 5 mois – depuis le 10 septembre dernier – d’arriérés de salaires en dépit des recettes réalisées quotidiennement.

La grève annoncée pour ce jeudi risque fort bien de faire tâche d’huile et gagner tous les autres services de la ville, d’autant que la situation est bien pareille partout. Même au niveau du cabinet et de l’administration de l’assemblée provinciale. Ce qui conforte la position des anti-Kimbuta déterminés à obtenir le départ du gouverneur accusé de ne pas réussir son mandat.

Pour revenir à la situation particulière de la Dgrk, le personnel est sidéré de constater que le trésor urbain est incapable de le payer alors même que les salaires ont été réduits de moitié. Situation qui risque – s’il n’en est pas déjà le cas – de nourrir une conduite de détournement dans le chef des agents, selon les propres termes des concernés. Auquel cas on s’interrogerait sur la pertinence d’avoir créé la régie lors que ses agents doivent afficher la même conduite que celle des fonctionnaires qui percevaient par le passé les recettes de la ville.

Pendant ce temps, le directeur général adjoint de la régie a brandit la sanction contre les agents qui se mettraient en grève, reconnaissant que les démarches sont déjà en cours pour décanter la situation d’ici la fin de la semaine. Une rengaine à laquelle les agents ne prêtent nullement l’ouïe ; pour eux, la grève débute ce jeudi si rien n’est fait. Mais pour le Dga Kakwata, « le paiement des salaires des agents de la DGRK est tributaire de la rétrocession au niveau de l’Hôtel de ville de Kinshasa. Il faut donc produire davantage pour que les gens soient payés ».

(CL/Milor/GW/Yes)

La République