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Budget 2010 : Les enseignants haussent le ton

Kinshasa, 25/09/2009 / Politique
Dans un mémorandum déposé au Sénat, les enseignants constatent que tous les budgets votés au parlement n’ont jamais tenu compte de leurs aspirations profondes.

palias du peupleC’est depuis le 15 sep­tembre 2009 que le Parlement, entendez la Chambre haute et la Chambre basse, ont ouvert officiellement leur session essen­tiellement budgétaire. Ceci, même si le budget pour l’exer­cice 2010 n’est pas encore prêt, parce que freiné par l’absence des budgets des 11 provinces que compte à ce jour la Répu­blique démocratique du Congo. Ce fait n’a pas laissé les ensei­gnants indifférents qui ont voulu présenter leur mémorandum au Parlement, par l’intermédiaire du Sénat.

Dans ce mémorandum, les enseignants constatent que tous les derniers budgets de la Rdc votés par le Parlement ne prennent pas en compte leurs aspirations profondes. Et il était venu le temps de recevoir les ré­ponses de l’autorité budgétaire. Ainsi, ont-ils sollicité de l’insti­tution son implication pour faire un plaidoyer, en vue de l’unifor­misation des salaires entre la capitale Kinshasa et les différen­tes provinces. En effet, les enseignants pensent que la  der­nière révision a eu lieu depuis 2007, et après cette année, rien de plus. De même, les enseignants pensent que les salaires devront être indexés par rapport au coût de la vie. Mais vu que le budget n’a pas encore été dé­posé au Parlement, le Président du Sénat Léon Kengo wa Dondo, a demandé aux ensei­gnants de verser tous les élé­ments à la Commission socio­culturelle, pour des réponses appropriées.

Un budget d’environ 4,9 milliards de dollars Us

Selon la mouture présen­tée à la presse par M. Michel Lokola Elemba, ministre na­tional du Budget, le Budget pour l’exercice 2010 de la République démocratique du Congo va tourner au tour de 4,9 milliards de dollars Us. Et ce, en dépit des prévisions budgétaires des 11 provinces de la Rdc. Comme on peut bien le constater, il s’agit d’un budget qui est véritablement en progression par rapport au Budget 2009, mais qui semble ne pas être efficace pour répon­dre aux désidératas de toutes les couches sociales du pays.

A ce jour, le taux de change se situe à 862 francs congolais pour 1 dollar améri­cain. Pour que le Budget 2010 soit à la hauteur des attentes de la population, il doit tenir compte de cet aspect au risque de conduire indéfiniment la Ré­publique à recourir à la planche à billet. Entre-temps, le souhait de tout le monde est de voir la croissance reprendre et se situer au même niveau que les années 2007-2008 avant la crise financière internationale. Cela, parce que le budget de l’Etat est alimenté par les recettes prove­nant de différents secteurs. Aussi longtemps que tous ces secteurs seront au ralenti le gouvernement n’aura pas tou­jours les moyens de sa politique. La conséquence est que le pays ira de dérapage en dé­rapage, au grand étonnement du Fonds monétaire internatio­nal (FMI).

Macker Mwangu avait joué sa carte

Quelques jours avant la rentrée scolaire 2009-2010, le ministre de l’Enseignement pri­maire secondaire et professionnel (Epsp) a réuni les ensei­gnants afin de les rassurer sur les principales questions relati­ves à la rentrée des classes. Tout en acceptant les proposi­tions du ministre, les ensei­gnants, eux, avaient demandé à leur ministre de tutelle d’inter­venir beaucoup plus dans l’éla­boration du Budget 2010, surtout qu’il est toujours consulté. Toutefois, étant donné que le Ministère de l’Epsp intervient dans l’élaboration du budget, concernant surtout son secteur, on est tenté de croire que tout sera fait pour que cette fois-ci, l’enveloppe réservée aux ensei­gnants soit revue à la hausse », ont-ils indiqué

La Rdc n’a pas droit à des appuis budgétaires

La République démocra­tique du Congo traverse une si­tuation très particulière et déli­cate caractérisée par un impor­tant déficit essentiellement d’or­dre budgétaire. C’est dans ce contexte que la réunion prévue le 15 septembre dernier par le Club de Paris avait avorté, avant que le Fonds monétaire interna­tional (FM I) ne puisse à son tour reporter la réunion de son Con­seil d’administration. Pour cause ? Après révision de la con­vention sino-congolaise de 9 milliards de dollars Us à 6 milliards, les partenaires chinois devraient signer un avenant à présenter au club de Paris. Ce Club, grand contributeur au sein du FMI, devait donner les assu­rances au FMI pour signer un programme formel avec la Rdc. D’après nos sources, la réunion du Conseil d’administration du FMI ne pourra se réunir qu’au mois d’octobre prochain.

Comme nous venons de le dire, dans un contexte dominé par une détérioration très avan­cée de la monnaie locale, ainsi que de la flambée des prix sur le marché, il est difficile pour le FMI d’entrer en programme formel avec la Rdc. Et pourtant, c’est à l’issue de ce programme que la Rdc pouvait avoir la pos­sibilité de bénéficier des appuis budgétaires susceptibles de lui permettre de faire face à plu­sieurs dépenses pro-pauvres. Si cette signature n’a pas lieu au plus tard à la fin de cette an­née, il y a risque que le pays continue à vivre avec un budget de misère, ne répondant pas aux préoccupations de la popu­lation congolaise.

Miser sur la reprise des activités économiques

Il est vrai que le Gouver­nement congolais mise sur la reprise des activités économi­ques. Toutefois, on ne peut pas affirmer aujourd’hui que la re­prise aura lieu en 2010 ou en 2011. Mais le gouver­nement devrait dépenser proportionnellement à ce qu’il a comme recette. Car il est impossible de toujours dépenser au-delà de ce que l’on  reçoit.

En RDC, la principale question de divergence entre ce pays et ses partenaires, a toujours été la question des dépenses. C’est à ce titre qu’une cer­taine opinion voudrait même savoir si la l’injonc­tion du Chef de l’Etat sur les dépenses est de­meurée lettre morte !

Diminuer le nombre des ministères

La République démocra­tique du Congo compte à ce jour environ 37 ministères, 14 vice-­ministres, 3 vice-premiers ministres et 1 premier ministre. Pour une certaine opinion, la bonne réponse face à la dimi­nution des recettes, c’est la diminution du nombre actuel des ministères. Une position qui encouragerait les enseignants qui ne trouvent pas normal qu’on leur demande de supporter seuls les effets de la crise finan­cière internationale.

Ainsi, les ministères comme celui des Finances et Budget, peuvent être fusionnés comme jadis. La Recherche scientifique incorporée dans l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), etc. Comme conséquence, l’Etat va écono­miser de l’argent qui devra être affecté à d’autres secteurs.

(TN/Milor/GW/Yes)

JMNK/L’Avenir



Last edited: 25/09/2009 17:13:36

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