Il a suffi que la Cour suprême de Justice tranche sur le dossier José Makila en confirmant son écartement du gouvernorat de province de l’Equateur pour qu’explose une âpre guerre de succession opposant l’Amp au Mlc dont les ténors commencent à douter des chances de l’emporter devant les stratèges du camp de la majorité
Le verdict de la Cour Suprême de Justice a scellé le sort de José Makila Sumanda. Le MLC a pris acte. Même s’il n’est pas satisfait de cette décision de la Haute Cour. Un Sénateur de l’AMP, originaire de l’Equateur qui s’est incliné également devant la sentence de la CSJ, pense, cependant, que ce dossier a été trop politisé et quand un dossier judiciaire est trop politisé, dans la conscience des citoyens, il perd sa valeur populaire. Mais déjà, Majorité et Opposition affûtent leurs armes pour la conquête du Gouvernorat de l’Equateur.
Le MLC espère que l’AMP va se soumettre à un combat politique loyal et ne va pas utiliser l’argent du trésor public ou des moyens sordides pour opérer un énième ‘‘Hold-up’’ électoral en province. Pour l’AMP, il s’agit de jouer le jeu démocratique. Il reste que la CSJ de justice saisisse officiellement la CEI pour que les élections se tiennent dans le délai imparti par la loi électorale. Il n’a pas été du tout surpris, José Makila Sumanda, au lendemain de l’annonce de la décision de la Cour Suprême de Justice confirmant sa déchéance du Gouvernorat de la province de l’Equateur.
« Lorsqu’on a une idée de comment fonctionne notre justice, cela ne peut étonner personne », a-t-il déclaré, ce mardi 22 septembre 2009, sur les antennes d’une radio émettant à Kinshasa et ses environs. Même à l’Equateur, le verdict n’a surpris outre mesure ; il y avait plutôt un calme relatif, signalent certaines personnes contactées par La Prospérité. C’est à Kinshasa que les réactions fusaient un peu de partout, hier, plus particulièrement dans la boule politique. Le Sénateur Thomas Lokondo de l’AMP et originaire de l’Equateur, bien que s’inclinant devant la décision de la Haute Cour, pense que le dossier a été trop politisé. ‘‘Je suis légaliste. Je respecte la sentence de la Cour Suprême de Justice.
Mais je suis aussi juste vis-à-vis de ma conscience, pour dire que ce dossier a été trop politisé et quand un dossier judiciaire est trop politisé, dans la conscience des citoyens, il perd sa valeur populaire. C’est le cas du dossier Makila’’, a-t-il déclaré à nos confrères de la radio onusienne. Au Mouvement de Libération du Congo, formation politique à laquelle appartient le Gouverneur déchu, le Secrétaire Général du Parti, François Muamba Tshishimbi, a pris acte de cette décision. Même si, argumente-t-il, elle tombe tardivement. Thomas Luhaka, Secrétaire Exécutif du MLC, a déclaré, pour sa part, que : « même si la décision de la Cour Suprême de Justice ne nous enchante pas, nous ne discutons pas sa décision. Donc, nous prenons acte ».
La bataille de succession s’annonce âpre. Le sort de Makila étant scellé, Majorité et Opposition affûtent déjà leurs armes pour se lancer dans la bataille de succession. Parti majoritaire à l’Assemblée provinciale de l’Equateur, le MLC, a déclaré le SG Muamba, se réserve le droit de présenter, à nouveau, un ticket gagnant lors de l’élection prochaine du Gouverneur de cette province. Son coéquipier Luhaka espère sincèrement, quant à lui, que l’Alliance pour la Majorité Présidentielle va se soumettre à un combat politique loyal et ne va pas utiliser l’argent du trésor public ou des moyens sordides pour opérer un énième « Old up » électoral en province.
L’AMP, bien que minoritaire au sein de l’Assemblée provinciale, a affirmé Koyagialo, son Secrétaire Exécutif, va se lancer dans le jeu démocratique, en proposant également ses candidats à l’élection du Gouverneur et du Vice- Gouverneur de l’Equateur. La majorité au pouvoir misera, assurément, sur les fissures qui ont rongé l’édifice MLC à l’Equateur pour briguer le gouvernorat. Il reste que la CSJ de justice saisisse officiellement la Commission Electorale Indépendante pour que les élections se tiennent dans le délai imparti par la loi électorale.
(DN/TH/GW/Yes)
La Prospérité