« L’Eglise doit lever le ton pour dire non à toutes ces choses et enseigner aux gens la voie à suivre. Car c’est elle qui trace le chemin (…) Quand l’Eglise se complaît du mal, c’est tout le pays qui se perd ».

Cette déclaration énergique émane du Révérend Pasteur Patrick M’Pezo de l’Eglise du Christ au Congo (Ecc).

Il réagissait aussi, en sa qualité de directeur provincial de la Ligue pour la Lecture de la Bible (LLB), à l’implication des médias dans la promotion des danses obscènes à Kinshasa.

« Un Congolais est par définition, un peuple qui chante et qui danse. La danse accompagne toutes les étapes de la vie.

Il pense qu’on peut se passer des danses obscènes et revenir à la bonne danse. Bien s’habiller et bien danser sans exciter sexuellement ceux qui regardent, cela est possible », a soutenu l’orateur.

L’action que mène la Ligue, dans le cadre de ses objectifs coexiste, à Kinshasa notamment, avec la prolifération aussi bien des bars de plein air que des chaînes de télévisions privées et commerciales.

L’environnement est donc marqué par la pollution sonore, l’indécence vestimentaire et des danses obscènes. En tant que directeur provincial, l’orateur a un champ non moins large de chrétiens, de paroisses et de groupes bibliques.

La presse a voulu savoir de lui si l’évolution actuelle de la danse dans le contexte kinois cadre avec la morale chrétienne. « Loin de là. Ce qu’on voit maintenant ne répond pas aux attentes de la morale chrétienne.

Même pas aux valeurs de la culture bantoue, réputée pour son respect légendaire. La manière de danser actuellement, c’est comme si les gens faisaient l’amour.

Toutefois, la danse en soi ne peut être mauvaise. Il y a beaucoup de gens qui ont excellé dans la vie grâce à une danse propre. Mais maintenant, ce n’est pas honorant. Ce sont des exhibitions de la nudité, de la sexualité (…).

Tout cela est corollaire de la crise de manque de modèle dans la société. Notre pays souffre. L’on fait n’importe quoi pour gagner de l’argent, rien que de l’argent », a-t-il déploré.

Appelé à prodiguer un conseil aux personnes qui ont la danse pour gagne-pain à Kinshasa, l’orateur s’est voulu clair et précis : « On n’a pas de politique d’émulation pour encourager la jeunesse.

La jeunesse, n’est pas l’espoir de demain, comme le dit un slogan. La jeunesse, c’est aujourd’hui et maintenant. Si l’on veut avoir un lendemain meilleur au Congo, un pays grand et profitable à ses enfants, il faut dès à présent investir conséquent dans l’éducation. Il y a des choses pour donner de l’émulation aux gens. Comme un compatriote qui a lancé une fusée deux fois.

La télévision pouvait montrer cela à répétition, pour créer de l’émulation ! », a-t-il estimé.
Certains parents craignent pour leurs filles d’œuvrer comme danseuses, estimant que cela est susceptible de leur ouvrir la voie à la prostitution.

Le directeur provincial, poussant plus loin, confirme : « Ces danseuses dénudées sont rabaissées au niveau des choses et exploitées. Dans des milieux orthodoxes, elles n’ont pas de place », a-t-il souligné. Et d’ajouter : « Ces parents-là ont raison. Et il faut savoir qu’au service de censure, l’Etat devrait y placer des gens de haute moralité », a-t-il dit.

L’orateur relève un paradoxe, dans la mesure où, a-t-il indiqué, le discours sur les violences faites aux femmes prend de l’ampleur mais celles-ci ne semblent pas conscientes de la réalité.
Ce ne sont pas les autres qui parleront toujours de ce qui la concerne et à sa place ! La femme est attirée par ce qu’elle entend, et l’homme par ce qu’il voit.

La femme doit savoir qu’elle incarne de la valeur pour elle-même d’abord et pour la société ensuite. Car, nous somme Africains et nous avons notre propre façon de vivre. Voilà pourquoi je suggère que la Journée du 8 mars ne devrait pas s’arrêter en un seul jour », a-t-il martelé.

Pour terminer, le Révérend. Pasteur appelle l’Etat à s’assumer en vue de la réhabilitation de la danse, comme une valeur culturelle en Rd-Congo. Pour cela, il évoque la nécessité pour le gouvernement de s’en tenir à une politique cohérente à cet effet.

La réhabilitation du Ballet comme forme artistique véhiculant des valeurs culturelles est souhaitable, a-t-il dit.

(Milor/BT/PKF)

DML/L’ Avenir