La Direction provinciale de la DGRAD (Direction Générale des Recettes Ad­ministratives, Domaniales et de participa­tion) de Kisangani sise sur le boulevard du 30 juin dans la commune Makiso a volé en fumées le vendredi 11 septembre 2009. Un incendie s’y est déclaré aux environs de 16 h45 après que tous les agents soient rentrés à la maison.

Le feu ardent a été impitoyable, cau­sant à cette régie financière des dégâts matériels incalculables. Tout a été consumé et transformé en une épaisse cou­che de cendre : imprimés de valeur, dos­siers des assujetties et tous les autres documents, matériels informatiques, con­ditionnement d’air (Split), mobiliers etc. Un petit montant d’argent en espèces qui s’y trouvait a tout de même pu être sauvé.


Les triplex de cloisonnement ont ac­céléré la propagation du feu. Le fréon de climatiseurs, selon un électricien, a faci­lité l’envolé de la grande boule du feu jus­qu’aux locaux du Ministère provincial de l’Agriculture, Pêche et Elevage et de la Division provinciale de l’Urbanisme et Ha­bitant situés à l’étage : Quelques-uns de leurs effets ont été endommagés et d’autres récupérés.

Les agents de l’Ins­pection provinciale de l’Environnement, Conservation de la nature et Tourisme, contiguë avec la DGRAD, ainsi que les locataires de cet immeuble à un étage étaient en débandade. Ils convient en tous sens pour évacuer, dans la panique générale; leurs effets et biens en les je­tant d’en haut. Des inciviques en ont pro­fité pour disparaître avec tout ce qui leur tombait dans les mains.

C’est grâce à l’intervention quelques instants après de l’Unité anti-incendie de la Monuc avec les Casques bleus séné­galais que l’incendie a pu être maîtrisé en arrêtant du coup sa propagation vers d’autres locaux et bâtiments. Sans cela, les dégâts auraient certes été plus gra­ves.

Car des curieux parmi lesquels les autorités (le président de l’Assemblée pro­vinciale, le vice-gouverneur de province et le maire de la ville qui observaient de très loin et impuissants les flammes ne pou­vaient pas arrêter le feu vers d’autres bâtiments, notamment la Librairie Saint Paul, la Société Nationale d’Assurances (Sonas) - comble d’ironie - la Coopéra­tive d’épargne et de crédit Gala Letu, la  Renapi… Sans oublier les annexes du bâtiment touché qui abritent la Police Spéciale d’Assainissement/Makiso et une rizerie.

Il n’était pas impossible que le feu tra­verse la route pour atteindre l’Irc, le ga­rage ex-Renault qui sert de garage de la société de transport Beltuk, les maga­sins, etc., étant donné que de part et d’autre opèrent des revendeurs du carbu­rant appelés communément des Kadhafi.

Comme si cela ne suffisait pas, le sa­medi le 12 septembre 200, c’est le bloc des magasins La Fidélité, Yufungu... qui l’a échappé belle. Vers 20 heures, en ef­fet, un feu a failli emporté tout cet immeu­ble n’eut été l’intervention encore une fois de la même Unité anti-incendie de la Monuc arrivée cette fois-ci en temps. Mais quelques effets ont été endomma­gés.

Un camion anti-incendie, une nécessité

L’origine de l’incendie n’est pas encore connue, mais il s’agirait vraisemblable­ment d’un court-circuit électrique qui se serait produit à l’intérieur de la Dgrad. Et comme les agents de cette régie fi­nancière étaient déjà partis, les portes hermétiquement fermées, il était quasi­ment impossible pour les personnes pré­sentes de venir à la rescousse en vue d’éteindre le feu à ses débuts.

L’incendie de la Dgrad vient relancer la nécessité pour Kisangani de disposer d’un ou des véhicules anti-incendie. Au cours de ces deux ou trois dernières an­nées, cette ville ne fait qu’enregistrer des sinistres similaires à celui de la Dgrad.

Nous citerons à titre purement illustratif l’incendie du dépôt de la compagnie aé­rienne Air Services dans la commune Makiso, de trois blocs dans la commune de la Tshopo, d’un bloc à étage dans la commune de Mangobo, d’une maison avec une perte en vie humaine sur la 1ère avenue de la commune de Kabondo, et d’une maison dans la commune de Lubunga (un acte de vandalisme) et de deux magasins dans le parage de marché central.

Tout l’espoir sur la Monuc

Il appert de souligner que pour le cas de Air Services en 2008 (complètement consume), n’eût été l’Unité anti-incendie de la Monuc, ce serait tous les bâti­ments avoisinants et contigus qui auraient pris feu. Il s’agit notamment de ceux abritant Busira Lomami, le District sanitaire urbain, l’Inpp et l’Eglise Néo­-Apostolique. L’intervention de la Monuc en la matière n’est pas automatique, elle est liée à une série de préalables avant la sortie du véhicule. On soutient même que le dernier mot reviendrait à New- York le siège de l’Onu.

Pis est, même la Régie des Voies Aériennes (Rva) ne dispose pas d’un Ca­mion anti-incendie à Kisangani. Tout l’es­poir repose sur la Monuc : Ce qui retarde le début de l’exploitation de l’aéroport in­ternational de Bangboka par Kenya Airways. Pour cette compagnie aérienne de renommée internationale ce véhicule et la boîte d’enregistrement sont les con­ditions minima pour que ses aéronefs at­terrissent à Kisangani. Ce qui serait bien­tôt chose faite, selon les responsables de la Rva.

S’il faut reculer dans le temps, l’his­toire nous renseigne que le célèbre ba­teau Itb Colonel Kokolo de l’Onatra avait pris feu à Kisangani en 1971. Compte tenu de sa ponctualité (les Boyomais l’avaient surnommé Kokolo sans retard), l’incendie de dette unité flottante au port public de Kisangani avait plongé la population dans l’émoi, elle en était très affectée. Mais à cette époque, la ville de Kisangani dispo­sait quand même d’un camion anti-incen­die basé dans les installations des TP sur la route de Kabondo.

Promesse reconduite

Depuis ces deux dernières années, réagissant à chaque cas d’incendie, l’auto­rité provinciale a toujours promis un véhi­cule extincteur pour la ville de Kisangani. Cette promesse a été renouvelée encore une fois à la suite de cet incendie par le vice-­gouverneur de la Province Orientale, Jo­seph Bangakya Angaze, faisant l’intérim du gouverneur Médard Autsai en mission en Europe.

A l’en croire, cet engin est pour bientôt. D’après lui, ce besoin de plus en plus urgent sera inscrit dans le budget provincial 2.010 en vue de doter la ville de deux véhicules dont l’un sera basé à l’Hô­tel de ville et l’autre au Gouvernorat de pro­vince pour une intervention rapide. Dans le même ordre d’idée, selon une indiscré­tion, Kisangani va bientôt acquérir un Ca­mion anti-incendie, don du chef de l’Etat.

De toutes les manières, il est utile de dissocier le véhicule qui sera acheté par la RVA de celui qui devra protéger la ville. Celui-là sera cloué à l’aéroport de Bagboka -pour y parer à toute éventualité de feu: A 17 km, il lui sera difficile de se mouvoir pour intervenir au centre-ville ou au-delà.

Il ne suffira pas seulement de doter la ville d’un camion anti-incendie, mais aussi d’organiser tous les services s’y rapportant, de jour et de nuit: chauffeurs, méca­niciens, ambulance, personnel soignant, télécommunication ... Donc, voir loin et complet. Tout un budget à prévoir.

A la dernière minute, le site web digitalcongo apprend que le directeur général de la Dgrad, Jean Elongo Ongona, a effectué une descente sur le lieu du drame. Dans sa gibecière, celui-ci avait quelques matériels pour remplacer ceux endommagés. Notamment, les ordinateurs, les fournitures de bureau et les imprimés de valeur. Il a également acquis, sur fond propre de la Dgrad, un nouvel immeuble devant abriter ce service à Kisangani. Nous y reviendrons avec forces détails.

(CL/PKF)

Célestin Lutete/MMC/La Référence Plus