Un gros poisson parmi les génocidaires rwandais recherchés, ci devant M. Grégoire Ndahimana qui était réfugié en RDC dans les rangs des FDLR, vient d’être remis dimanche par les autorités congolaises au Tribunal pénal international pour le Rwanda
Le gouvernement de la République démocratique du Congo vient de transférer au Tribunal pénal international d’Arusha, Grégoire Ndahimana. Ancien maire rwandais, il est accusé de génocide et doit être jugé par le tribunal d’Arusha. Il a été arrêté, il y a de cela quelques semaines, au Nord-kivu. Au lendemain de cette décision, le ministre de la Communication et des Médias, a tenu à exprimer la volonté du gouvernement congolais à restaurer définitivement la paix dans la région des Grands Lacs.
Et qui plus est, à vivre en parfaite harmonie avec tous ses voisins, particulièrement le Rwanda : « c’est la contribution du gouvernement congolais à la stabilisation de la situation dans la région des Grands Lacs. Nous pensons que c’est un geste important qui est certainement apprécié à juste mesure par, non seulement nos partenaires au Tribunal pénal international sur le Rwanda ; avec lequel les relations sont en train de s’améliorer sensiblement. Et ceci constitue un geste supplémentaire de cette amélioration. Je pense que c’est la consolidation de la paix qui peut être tiré comme enseignement de ce geste du gouvernement congolais ».
Aujourd’hui plus que jamais, devant cette amélioration de la situation, les efforts de paix ne doivent plus continuer à se faire en sens unique. Les voisins de la République démocratique du Congo ont aussi quelque chose à donner et devront également consentir les mêmes efforts. Que dire des Mutebusi, Nkunda, soutenus manifestement par le Rwanda et qui ont commis des crimes de guerre et contre l’humanité? Jusqu’à ce jour, le voisin rwandais n’a pas encore dévoilé totalement ses bonnes intentions de consolidation de la paix dans la région des Grands Lacs. Il garde certains criminels réclamés par la justice congolaise comme l’objet de chantage pour le soutien international à son régime.
Il est vrai que la RDC ne peut servir de terre d’asile aux criminels. Mais aujourd’hui que la communauté internationale, après avoir reconnu l’agression dont le Congo a été l’objet; que de hautes personnalités politiques internationales admettent qu’il y a eu 5millions 400 mille morts en République démocratique du Congo, il est temps que l’on cesse à exercer des pressions seulement contre un seul camp.
Bien entendu, il revient désormais aux autorités de la République démocratique du Congo d’exiger sans délai l’institutionnalisation d’un Tribunal pénal international sur la RDC. Car si l’on fait seulement le compte des morts, on ne peut plus refuser au Congo le droit que la communauté internationale institue ce tribunal international. Ce serait injuste. Le moment est donc venu pour que justice soit rendue à tous les morts de la région des Grands Lacs. Paix durable oblige.
Justice pour toutes les victimes
Le gouvernement congolais a transféré dimanche au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) le génocidaire rwandais Grégoire Ndahimana, en présence notamment du porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication et des Médias Lambert Mende Omalanga et ses collègues de l’Intérieur et de la Sécurité Célestin Mbuyu, de la Défense nationale Charles Mwando Nsimba et de la Justice Luzolo Bambi.
Pour le porte-parole du gouvernement, la RDC est heureuse d’accorder cette facilité au TPI et attend au retour de l’ascenseur, bénéficier de la coopération pour pacifier la région des Grands Lacs. De son côté, le ministre de la Justice s’est refusé de donner les détails sur l’arrestation de Ndahimana, en soulignant que la RDC est le premier pays à s’être impliqué au TPI. Selon le ministre Luzolo Bambi, ce transfert de Ndahimana au TPI traduit la volonté du Président Joseph Kabila de lutter contre les crimes dans la région des Grands Lacs.
La famille du génocidaire est à la charge de la MONUC (Mission de l’ONU au Congo) qui la transférera par le processus DDRRR (Désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinsertion). Depuis le génocide de 1994 au Rwanda, Grégoire Ndahimana s’était réfugié en RDC où, selon le ministre Lambert Mende Omalanga, il s’est impliqué dans les actions des FDLR (Forces démocratique pour la libération du Rwanda) qui font aujourd’hui l’objet de la traque des Forces armées de la RDC (FARDC) appuyées par la MONUC.
(DN/Th/GW/Yes)
Acp