Un audit de la Primature a conclu une gestion calamiteuse au sein du CFMA (Centre féminin Marie-Antoinette). Des prélèvements indus et intempestifs enregistrés en faveur du SG des Affaires sociales et du cabinet du ministre ; Faisant fi aux recommandations de la commission d’audit, le ministre nomme son propre Conseiller à la tête du Centre (DG), son neveu comme DGA et laisse l’ancien Directeur financier à son poste alors qu’il est responsable de la gabegie financière cons­tatée au CFMA.

Révoltés par leur misère de 45 mois d’impaiement, les agents en appellent au Premier ministre et au président de l’Assemblée nationale pour mettre fin au régime des arrivistes et parachutes qui viennent pour l’enrichissement personnel.

Plus rien ne va au Centre Féminin Marie Antoinette de la 13ème Rue. Une décision du ministre des Affaires sociales, hu­manitaires et Solidarité nationale serait à la base de la confusion qui règne depuis jeudi dernier au sein de cette institution de formation so­cioprofessionnelle des filles désoeuvrées. Par le biais de son di­recteur de cabinet, Barthélemy Botswali a instruit le secrétaire général des Affaires Sociales d’exécuter sa décision n° 17/CAB.MIN-AFF.SAH/AFF.SN du 03 septembre 2009 portant nomina­tion du Directeur général et direc­teur général adjoint du centre Féminin marie Antoinette. C’est la copie de la lettre du Direcab adres­sée au SG qui a été transmise au comité de gestion du CFMA sans la faire accompagner de l’arrêté ou de la fameuse décision, Jusque là, il n’y a encore rien de rocamboles­que.

12 heures après le dépôt de cette lettre par des émissaires du SG des Affaires sociales non autre­ment identifiés, c’est le fameux nouveau DG du CFMA qui somme le comite de gestion du CFMA de se préparer pour la remise et re­prise. Ce nominé n’est rien d’autre que M. Kalulumia, conseiller du Ministre Botswali, qui a pris part comme témoin à l’audit diligenté au CFMA par le Premier ministre. Le directeur général en exercice a lâché au Conseiller du ministre que son comité était mis en place par un arrêté ministériel et ne pourrait partir qu’après avoir vu un autre arrêté ministériel portant sa suspension.

Outre son conseiller, le ministre a décidé de nommer son neveu comme Directeur général adjoint du CFMA et de garder l’ancien Di­recteur financier accusé pourtant d’avoir saigné le portefeuille du CMFA.

Défi au Premier ministre

Alors que les agents et cadres du CFMA s’attendaient à un cham­bardement digne pour sonner le glas à la gabegie qui a miné ce centre, c’est plutôt un coup de po­ker que préfère jouer le ministre Botswali. L’opinion se souviendra qu’a la suite des sonnettes d’alarme de la presse et des dé­nonciations de gabegie financière faites par les agents du CFMA, le Pre­mier ministre Adolphe Muzito a diligenté, à travers son collègue du Développement Social, un audit en juillet dernier, pour établir la lu­mière sur la gestion de ce Centre. Pendant une semaine, les audi­teurs de la Primature, accompagnés du fameux conseiller Kalulumia du ministre Botswali, ont conclu dans leur rapport une gestion calami­teuse des finances au sein du CFMA. Les recettes sont minorées, certaines unités de production ne sont pas déclarées, manque de comptabilité, des prélèvements in­dus et intempestifs au profit du Secrétaire général des Affaires Sociales et du Directeur de cabi­net du ministre, l’impaiement de 43 mois d’arriérés de salaires alors que le gouvernement a budgétisé le fonctionnement du CFMA depuis 2008.

Au regard des faits ci haut, la Commission d’enquête de la Primature a formulé trois recommandations à savoir : - des sanctions contre le comite de gestion du CFMA ; - la mise en place d’un nouveau comité constitué des agents de carrière du CFMA ; - et la régularisation de la situation salariale du personnel. Pleins d’espoir dans la démarche du Premier ministre, les agents du CFMA ont adressé un mémo dans Lequel ils encourageaient l’initiative du Premier ministre et lui sollici­taient de mettre fin au régime des arrivistes et autres parachutes du Ministère de Tutelle qui n’ont pour objectif que l’enrichissement per­sonnel.

Au moment où les conclusions de l’audit sont à sa portée, le mi­nistre Botswali a préféré entretenir la confusion en foulant au pied la lettre de la « Tolérance Zéro ». Non seulement qu’il laisse en poste le Directeur financier, premier res­ponsable de la mégestion finan­cière décriée, il a souhaité, en plus, nommer à la tête du CFMA son propre Conseiller qui, de surcroît, faisait partie de la commission d’audit.

Selon des indiscrétions, le conseiller Kalulumia avait déjà af­fiché ses ambitions pendant l’audit après avoir découvert que le CFMA est réellement la « Gécamines des Affaires Sociales », comme le qualifie le Secrétaire général des Af­faires sociales. Dans la cour du ministre Botswali, on a appris que ce conseiller auditeur a fait pres­sion sur le ministre pour l’envoyer diriger ce centre dans une pers­pective, sans doute, affairiste.

Ça sent la corruption

Déjà jeudi, alors que les agents attendaient toucher leurs salaires, après un cumul de 45 mois, le conseiller nominé DG a instruit le co­mite de gestion en place de sus­pendre toute opération de paie et à attendre la remise et reprise (pour que ce soit lui qui viennent gérer ces fonds), ce qui laisse dire à certains observateurs que le mi­nistre chercherait à mettre une main basse sur ces fonds que le gouvernement vient de débloquer pour des agents longtemps affamés.

On signale en outre que le mi­nistre des Affaires sociales, Action humanitaire et solidarité nationale, a fait la même chose à la Fonda­tion Marie Antoinette. Ici, le ministre a suspendu le coordonnateur pour dépêcher une chargée de mission. Ironie du sort !

Cette mise en place s’est opérée au moment où la Fondation s’apprêtait à en­caisser 700.000 USD générés par la vente d’une de ses concessions afin de relancer ses activités. Comme il fallait s’y attendre, le personnel de la Fondation est monté au créneau la semaine sur le Journal télévisé de « Lingala Facile » pour protester contre la gestion de la nouvelle chargée de mission de Botswali.

Selon un de leurs délégués syn­dicaux, les agents du CFMA atten­dent faire la même chose pour blo­quer la route à tout arriviste. Il serait souhaitable que le Mi­nistre des Affaires Sociales, déjà ciblé de vives critiques à l’Assem­blée nationale, sursoit sa décision ou confie la gestion aux agents de carrière.

(DN/Milor/Yes)

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