Décidément l’Ituri ne finit pas de faire le malheur de la RDC : après la tragédie de la guerre pour les populations locales, c’est le tour du bétail d’être frappé par les fléaux, en l’occurrence l’épidémie de la fièvre aphteuse signalée avec constat d’une centaine de vaches décimées.
Une centaine de vaches sont mortes depuis environ un mois de la fièvre aphteuse à Tchomia, à plus de 60 kilomètres au nord de Bunia, au bord du lac Albert, dans le district de l’Ituri.
Les éleveurs déplorent le manque de vaccin pour lutter contre la propagation de cette maladie.
Pour l’inspecteur vétérinaire de ce district, les démarches sont en cours pour trouver les vaccins. Selon le président de l’association coopérative des éleveurs de l’Ituri (ACOPELI), sa coopérative a déjà passé la commande d’un lot des médicaments pour soigner 1000 bêtes. Plus de 5000 vaches sont déjà affectées par cette maladie dans la plaine de Tchomia.
La fièvre aphteuse est une maladie virale généralement non mortelle, voire bénigne, mais très contagieuse qui touche les bovins et les porcs.
Elle peut aussi infecter les cerfs, les chèvres, les moutons et d’autres animaux aux sabots fendus, aussi bien que les éléphants, les rats et les hérissons. Les chevaux n’y sont pas sensibles et les hommes très rarement.
Le virus
Schéma du virus de la fièvre aphteuse. La fièvre aphteuse est causée par les dé nominés FMDV (de l’anglais, foot-and-mouth disease virus), virus du genre aphthovirus de la famille des picornaviridae. Les membres de cette famille sont des virus icosaèdres non enveloppés de petite taille (25-30 nm), qui contiennent de l’ARN à simple brin (acide ribonucléique, matériel viral génétique) de polarité positive (directement codant).
Quand un virus de cette sorte entre en contact avec une cellule hôte, il s’attache à un récepteur et déclenche un reploiement de la membrane cellulaire. Une fois que le virus se trouve à l’intérieur de la cellule hôte, son manteau protéinique se dissout.
L’ARN viral de polarité positive libéré est alors initialement traduit en polyprotéine par les ribosomes associés au reticulum endoplasmique. Une fois les protéines nécessaires à sa multiplication synthétisées commence la réplication du génome viral par une ARN polymérase ARN dépendante virale, un brin d’ARN de polarité négative
complémentaire de l’ARN (+) est synthétisé qui va à son tour servir de matrice pour la synthèse de l’ARN (+) viral qui représente le génome viral.
Les composants du manteau protéinique, synthétisés en grande quantité, s’y associent pour y assembler de nouveaux virus. Après cet assemblage, la cellule hôte éclate et les nouveaux virus sont libérés.
Lésions buccales d’une vache atteinte de la fièvre aphteuse
Vésicules percées sur les pattes d’un porc atteint de la fièvre aphteuse. Chez les bovins, la fièvre aphteuse se manifeste par une température élevée qui baisse rapidement après deux ou trois jours, des aphtes à l’intérieur de la bouche qui provoquent une production excessive de salive filandreuse ou écumeuse avec hypersialorrhée, et des cloques sur les pieds qui peuvent s’ouvrir et faire boiter. Des animaux adultes peuvent perdre du poids et ne pas s’en remettre pendant plusieurs mois ; les testicules des mâles matures peuvent gonfler tandis que chez les vaches, la production de lait peut baisser de façon importante. Quoique la plupart des animaux guérissent finalement de la fièvre aphteuse, la maladie peut provoquer la myocardite (inflammation du muscle du cœur) et la mort, particulièrement chez des animaux nouveau-nés. Quelques animaux infectés restent asymptomatiques, c’est-à-dire qu’ils ne subissent pas ou ne manifestent pas les signes de la maladie ; mais ils sont des vecteurs de la fièvre aphteuse et peuvent la transmettre à d’autres.
Dans la fièvre aphteuse l’infection a tendance à se produire sur place, c’est-à-dire que le virus contamine les animaux susceptibles par le contact direct avec des animaux infectés ou des stalles contaminées ou encore des véhicules utilisés pour transporter le bétail. Peuvent également héberger le virus les vêtements et la peau des personnes en contact avec les animaux, comme les fermiers, l’eau non courante et les débris alimentaires qui n’ont pas été cuits ainsi que les suppléments alimentaires contenant des produits animaux infectés. Les vaches peuvent aussi contracter la fièvre aphteuse en recevant le sperme de taureaux infectés. Les mesures de contrôle comprennent la quarantaine, la destruction des animaux atteints et des interdictions d’exportation pour la viande et les autres produits animaux vers des pays non touchés par la maladie.
L’homme très rarement touché
Les êtres humains peuvent contracter la maladie par contact avec des animaux infectés. C’est que le virus qui l’occasionne est sans l’acide gastrique, il ne peut donc pas contaminer l’homme par consommation de viande infectée. La fièvre aphteuse se manifeste chez les humains par des malaises, de la fièvre, vomissements, des lésions rouges ulcératives des de la bouche (des taches d’érosion montrant une surface de peau endommagée) et quelques fois des lésions vésiculaires de la peau sous forme de petites cloques.
Elle peut se soigner à l’aide de capécitabine.
(Tkm/GW/PKF)
Le Palmarès