Un incendie d’une très grande intensité a consumé le parc à grumes de la société Sodexfort au port de l’Onatra dans la nuit de mardi à mercredi 16 septembre dernier.
Le port public de l’Onatra a été le théâtre d’un incendie particulièrement violent dans la nuit de mardi 15 à mercredi 16 septembre dernier peu après minuit. L’incendie, dont les causes restent encore non élucidées à ce jour par les enquêteurs, s’est produit dans le parc où la société d’exploitation de bois Sodexfort stocke des centaines de gros arbres qui proviennent de ses sites d’exploitation situés dans la province de l’Equateur. C’est de ce parc à grumes que les grues du port de l’Onatra chargent lesdites grumes dans des wagons en vue de leur acheminement au port de Matadi.
Bien qu’on ignore les circonstances qui ont provoqué cet incendie, les agents de l’Onatra travaillant au port racontent que les gardiens du port ne se sont aperçus du début du sinistre que lorsque celui-ci a pris de l’ampleur, et qu’il leur était devenu presque impossible de faire quoi que ce soit pour empêcher le feu de diminuer d’intensité. « Nous ne pouvions même plus nous approcher du lieu du sinistre à moins de 15 mètres, tellement le feu était vif, explique l’un d’eux » qui a ajouté que l’alerte va été aussitôt donné au service ad hoc de l’Onatra qui est intervenu sans effet.
Devant l’imminence de la catastrophe, qui était prévisible du fait, d’une part, qu’à quelques encablures de là était amarrée une barge bondée de carburant appartenant à la société Sep Congo desservant les localités de l’intérieur, et que, d’autre part, non loin de là se trouvent des installations de la Monuc, appel d’urgence sera aussitôt lancé à l’endroit des responsables de Sep Congo et de la Monuc.
Moins d’un quart d’heure après que l’alerte a été donnée, les camions anti-incendie ont été emmenés sur les lieux et ont déployé leurs lances à eau à grand débit. En dépit de cette intervention ultrarapide, 274 grumes ont été livrées aux flammes. Tant et si bien qu’au petit matin, ce sont des centaines d’hommes et de femmes qui se sont rués sur le site pour ramasser des quantités de charbons de bois.
L’incendie du parc à grumes de la Sodexfort suscite beaucoup d’interrogations. Alors qu’apparemment personne de suspect n’a été aperçu aux environs de l’endroit du sinistre au moment de son déclenchement, qu’est-ce qui a pu provoquer cet incendie ?
Certaines personnes évoquent la situation de grève qui paralyserait actuellement les activités de cette entreprise du fait que les travailleurs réclameraient à l’employeur de meilleures conditions de travail. Selon elles, les travailleurs ayant cessé de travailler depuis un certain temps, quelques agents expatriés assurent pour le moment un service minimum pour faire tourner l’entreprise, même au parc à grumes.
D’où certaines langues n’hésitent pas à lier les deux faits, et se demandent si ceci ne serait pas la cause de cela. Il appartient maintenant aux enquêteurs d’envisager toutes les hypothèses possibles, afin d’élucider les causes de ce sinistre qui aurait pu avoir de bien plus grandes conséquences sur le plan humain et des infrastructures matérielles du port de l’Onatra.
On fait remarquer que les véhicules anti-incendie de l’Hôtel de Ville alertés eux aussi ont une fois de plus joué aux cavaliers d’Effenbach : ils ont fait quand même preuve de diligence, mais ils ont déclaré forfait après une brève intervention, les moyens qu’ils ont emmenés s’étant révélés insuffisants.
(CV/PKF)
Clément Vidibio/MMC