Les Clowns sans Frontières apportent le sourire pour alléger la souffrance des personnes déplacées à l’est de la République démocratique du Congo – et un message de travail en commun pour construire l’avenir.
Dans les camps à l’est de la République démocratique du Congo, où les enfants constituent plus de la moitié du demi million de personnes déplacées internes, une équipe de clowns d’Europe a traité les souffrances et traumatismes par le rire.
« Les enfants qui vivent dans des régions à crises, comme les zones à conflit ou post-conflit, ont rarement de quoi rire », dit Asuka Imai, un agent de terrain de l’UNHCR Goma, de la deuxième visite en RDC par la branche espagnole de l’organisation « Clowns sans Frontières ».
« Ces enfants n’avaient jamais vu ce genre de spectacle, qui est en fait très constructif et pas seulement une production. C’est une idée innovatrice d’utiliser le rire pour guérir le traumatisme et la détresse des enfants ».
La tournée à débutée au camp de PDI Kibati, à 15 km de Goma, qui abrite 3.000 déplacés. Sous le son de fanfares, les clowns émergeaient d’une tente face à un auditoire d’enfants enchantés qui s’étaient rassemblés des heures avant le spectacle.
Le plus jeune de ceux assis en cercle sur le sol devait avoir environ cinq ans. « C’était renversant de voir l’énergie et entendre la musique de ces gens formidables…la journée ma semblée magique », disait un des adolescents qui avaient interagi avec les clowns pendant le spectacle.
« Pendant quelques heures, les enfants oublient leurs expériences de fuite et de violences », ajoute le président du camp de Kibati. Cette fois-ci les clowns sont allés au delà des camps de PDI près de Goma pour se produire dans les camps isolés de Kitchanga et Masisi, au Nord Kivu, devant 48.000 personnes au total.
Clowns sans Frontières a été crée en 1993 pour alléger la souffrance des enfants, causée notamment par la guerre en ex-Yougoslavie. Ces clowns professionnels ou artistes de cirque contribuent bénévolement leur temps et leurs talents.
« Nous jouons avec eux dans l’équipe, nous nous appuyons les uns les autres », dit Gili, une fille de 14 ans ayant apprécié l’invitation des clowns de se joindre à eux. « Lorsque les enfants sont lancés en l’air il y a toujours quelqu’un pour les attraper et éviter qu’ils ne tombent ».
En fait le besoin d’unité, de soutien et d’atteindre un objectif commun est le principal message diffusé par les clowns lorsqu’ils rassemblent les communautés pour leur permettre de célébrer et d’oublier momentanément les tensions dans leurs vies.
« Je quitterai le camp bientôt, puisque la paix est généralement revenue dans mon village », dit Pascal, un homme de 42 ans originaire de la région de Masisi. Mais il espère que Clowns sans Frontières reviendront organiser des spectacles pour ceux qui garderont les cicatrices psychologiques même après le retour chez eux.
« Même alors, les enfants auront besoin de ce genre de divertissement pour dépasser les souffrances et les difficultés, pour continuer avec leur vie » ajoute-t-il. « Apporter le sourire à un enfant infortuné, ou même à un enfant normal, est un merveilleux cadeau à lui faire ».
(CL/Yes)
C.Lutete/MMC/Hcr