La frustration autour de la rétrocession obsède toujours le gouverneur du Katanga qui n’a pas pu contenir son exaspération devant le ministre belge Charles Michel reçu à Lubumbashi pour ce que Moïse Katumbi considère comme un blocage par Kinshasa des recettes dues à la province cuprifère
Le vase était sur le point de déborder la semaine dernière au Katanga. Venu dans cette province présider la réouverture du consulat belge, Charles Michel a trouvé une province au bord de la révolte. L’éternelle question de la rétrocession continue de maintenir les nerfs à fleur de peau dans la province cuprifère. Ainsi sans porter des gants ni se prémunir de la moindre diplomatie en la matière, le gouverneur du Katanga s’est attaqué très sévèrement contre le gouvernement central.
Toutes nos recettes, nous les envoyons à Kinshasa. Mais le gouvernement ne nous rétrocède rien, alors que la constitution prévoit que les provinces puisse récupérer 40 Pc de leurs recettes fiscales. Tous nos engins de travaux publics, achetés sur fond propre (40 millions d’euros, sont à l’arrêt, car l’Etat ne nous paie pas le carburant... tels sont les propos d’un Moïse Katumbi visiblement excédé et qui, faute de trouver une oreille attentive au pays, a préféré vider son sac devant le ministre belge de la Coopération. Face à cette brusque révolte, l’homme d’Etat belge a préféré jouer à la prudence.
Il s’est abstenu de tout commentaire politique. Le feuilleton des frictions diplomatiques jadis causées en son temps par le manque de tact d’un Karel de Gutch demeure encore frais dans les mémoires. Pour tenter de calmer un tant soit peu son interlocuteur, Charles Michel a promis d’intensifier les efforts de coopération avec le Katanga. A ce titre, la Belgique va débourser 20 millions d’euros pour assurer le paiement des salaires des enseignants du primaire et du secondaire dans la province chère à Moïse Katumbi.
De même, elle va déployer son expertise en matière de développement rural et dans le domaine de la santé… Maigre consolation sans doute pour un Moïse Katumbi qui attend, a eu perdre toute patience, la fameuse rétrocession. Mais pour l’heure, force est de constater que la promesse d’engagement de la Belgique apporte tout de même une sorte de dégel entre le Katanga et Kinshasa.
Le premier espère que au bout du compte, l’ancienne métropole jouera l’intermédiaire dans cette affaire sensible. Autrement, la menace du patron de l’exécutif Katangais risque de s’accomplir : « lors de la prochaine rentrée parlementaire, ça va chauffer (entendez entre la capitale et les provinces), car certaines provinces sont encore plus mal loties que le chef du gouvernement katangais clôturait son avertissement lancé.
(DN/Milor/GW/Yes)
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