ppA l’heure du compte à rebours de la présente législature et à l’aune de prochaines élections générales, il n’est pas exclu que des formations politiques, toutes tendances convaincues, procèdent à l’évaluation de leurs objectifs politiques.

Depuis la session du mois de mars, l’AMP, le PALU et l’UDEMO, alliés à la plate-forme de la majorité présidentielle, sont concernées plus de trois ans après la mise en place de leur coalition. Mais l’Opposition n’est pas du tout dispensée. La présente rentrée politique renforcée par cette rentrée parlementaire est l’une des meilleures opportunités pour s’imposer cet exercice, Pouvoir et Opposition.

La présente rentrée parlementaire marque à la fois la rentrée politique. Une rentrée politique qui impose une évaluation de toutes les actions entreprises après plus de trois ans de mandat de cette législature. Si effectivement cette session parlementaire est celle de tous les enjeux, tout simplement parce qu’elle permet de se projeter dans l’avenir et savoir comment s’y prendre pour mieux affronter les défis de prochaines échéances politiques.

Or, depuis la session du mois de mars, l’on assiste à un chambardement qui ne dit pas encore son nom. Cette secousse a été ressentie au sein de la majorité présidentielle qu’elle est aujourd’hui soumise à rude épreuve : celle de la confiance, de la cohésion dans la plate-forme et de la solidarité entre alliés. Preuve, ces nombreuses motions d’interpellation, des questions orales et écrites. Jusque-là, l’AMP s’en est toujours bien tirée grâce à sa majorité. Et au cours de cette session du mois septembre, l’AMP et ses alliés le PALU et l’UDEMO risquent de connaître des moments un peu difficiles si jamais il serait question d’examiner cette motion de méfiance contre le Premier ministre. Ajouter à cela, la demande de la levée de l’immunité parlementaire de 12 députés introduite par le Procureur de la République au sujet du dossier de la DGI.

A première vue, toujours à cause de cette majorité rassurante, le Premier ministre ne risque pas grand-chose. A moins que l’AMP accepte de se faire hara kiri pour le lâcher. Ce qui ne manquerait pas d’entraîner d’autres conséquences quand on sait bien que le PALU brandira les accords qui le lient à l’AMP. Selon une certaine interprétation, cet accord serait d’une durée de cinq ans. Que pendant toute cette législature, le poste de Premier ministre reviendrait toujours au PALU.

Pas plus tard qu’il y a de cela plus de 72 heures, le Secrétaire général adjoint de l’UDEMO a abondé quasiment dans le même sens, affirmant que les rapports sont au beau fixe entre les alliés de l’AMP. Certes qu’il reconnaît quelques divergences de vue quant à l’approche à adopter dans certaines circonstances. Mais il s’est empressé de rappeler que les accords qui lient l’UDEMO au PALU et à l’AMP est de cinq ans. C’est-à-dire durant toute la durée de cette législature.

Les objectifs politiques

Apparemment, ces déclarations rassurantes qui ressemblent plus à un rappel au respect des engagements pris devraient permettre à l’AMP-PALU et UDEMO de procéder à une évaluation systématique des objectifs politiques qui ont sous-tendu leur alliance, leur coalition.

Gouverner ensemble pendant cinq ans : une ambition légitime. Mais quels sont les résultats obtenus pendant plus de trois ans conformément au programme arrêté ensemble ? Qu’a-t-on fait au niveau de la paix, de la sécurité, de la promotion humaine, de la croissance économique ? Le thermomètre est bien sûr le vaste programme des « 5 Chantiers ». Quelle a été l’efficacité des uns et des autres dans leur sphère d’action pour que les initiatives soient positives ? Au plan politique, quelles sont les démarches qui ont scellé la réconciliation nationale, facilité l’étendue de l’autorité sur tout le pays, favorisé la cohabitation pacifique avec les pays voisins ?

Il est temps que l’AMP-PALU-UDEMO réponde à ces interrogations pour procéder à l’évaluation des objectifs politiques, économiques et sociaux. Le moment est venu d’apprécier l’apport, l’efficacité des uns et des autres dans la perspective d’une nouvelle impulsion au regard de nombreux défis à relever.

Il est aussi vrai que l’Opposition n’échappe pas à cette observation. Elle demeure jusqu’à preuve du contraire sans «chef de file ». Jean- Pierre Bemba étant le « chef de file virtuel », mais empêché de prendre part au débat politique pour des raisons que l’on connaît, l’Opposition devrait également se poser la question si ses objectifs politiques ont été atteints.

Les échéances de 2011

Le moment est crucial pour toutes les formations politiques et les leaders politiques. Le compte à rebours a effectivement commencé et chaque jour qui passe nous rapproche des échéances politiques de 2011. Quasiment, plus que 18 mois à parcourir avant de re-solliciter la confiance du souverain primaire.

Si la majorité au pouvoir devra retenir que le compte politique, économique et social se fera sur la tête de l’ AMP/PPRD, ensuite le PALU et l’UDEMO, l’Opposition ne pourra prétendre à l’alternance du pouvoir que si de son côté, les comptes sont également bons.

La présente session parlementaire est donc cruciale tant elle engage le pays dans un tournant déterminant avec au bout du tunnel l’organisation des élections générales de 2011. Pour y parvenir, il importe d’y aller en rangs serrés en se préparant en conséquence. « Qui veut aller loin, prépare sa monture », dit un adage. Pour ne pas rater le coche.

(DN/TH/GW/Yes)

Le Potentiel