Trois journalistes féminines exerçant à Bukavu ont été menacées de mort par des inconnus qui leur ont envoyé des texto à partir d’un numéro de téléphone injoignable.
Récemment, trois journalistes féminines exerçant à Bukavu ont été menacées de mort par des inconnus qui leur ont envoyé des texto à partir d’un numéro de téléphone injoignable. Un message en swahili dont la transcription en français donne: « vous avez pris les mauvaises habitudes de vous immiscer dans ce qui ne vous regarde pas, pour montrer que vous êtes intouchables. Maintenant, certains d’entre vous vont mourir pour que vous la bouclier. Nous venons d’avoir l’autorisation de commencer par Kadi, puis Kamuntu puis Namuto : une balle dans la tête », leur a été envoyé par téléphone.
Kadi Adzuba et Deiphine Namuto sont toutes deux journalistes à Radio Okapi Bukavu tandis que Jolly Kamuntu est journaliste à Radio Maendeleo, toujours à Bukavu. Selon Kizito Mushizi, Directeur de Radio Maendeleo, ces menaces sont prises au sérieux. Eu égard à ce qui précède, la ville de Bukavu passe de plus en plus pour la ville où ceux qui tuent les journalistes se sentent à l’aise, ne craignant rien.
En l’espace de cinq ans, trois journalistes ont trouvé la mort dans le chef-lieu de la province du Sud Kivu notamment Serge Maeshe et Didas Namudjimbo, journalistes à Radio Okapi et tout récemment, Bruno Koko Chirabinza, journaliste d’une radio privée. Cette tentative de taire la vérité devient de plus en plus inquiétante, s’il faut considérer la noble mission de faction et de chien de garde, que doit jouer la presse pour ne pas parler des journalistes.
Ce signe indien qui poursuit les professionnels des médias est de nature à décourager et museler ceux qui travaillent pour la population. Franck Ngyke et son épouse Hélène Mpaka, Bapua Muamba, sont toujours dans la mémoire de la population kinoise. Ce que les uns et les autres oublient, ce que tuer les journalistes, c’est porter atteinte à l’un des piliers de la Démocratie. De l’avis de certains observateurs, la population ne s’est pas encore rendue compte que les journalistes travaillent pour elle. Voilà pourquoi elle laisse les journalistes tomber dans les mailles des filets des malfrats. A ce propos, Norbert Zongo avait raison, quand il disait que dans la responsabilité du journaliste, la population avait une grande part à jouer. Bien entendu, l’autorité doit y veiller.
(Tkm/GM/PKF)
Hubert Mwipatayi/La Prospérité
Last edited: 15/09/2009 14:54:55