Ils commencent à manger aux aurores, et c’est souvent tard dans la nuit que ces cuisines ferment enfin leurs portes. On y prépare des mets de toutes sortes. Mais les conditions dans lesquelles se fait la cuisson sont aléatoires.
La rumeur selon laquelle les Congolais sont invulnérables aux microbes serait-elle fondée ? Il est permis d’en douter. Mais malgré le caractère non scientifique de cette allégation, même les restaurants populaires appelés communément « Malewa » sont convaincus de cette réalité ; c’est ainsi qu’ils proposent aux consommateurs des aliments préparés dans des conditions d’hygiène qui laissent à désirer.
Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo abrite en effet, plusieurs milliers de ces restaurants de fortune dont l’insalubrité donne des hauts les cœurs à la plupart des gens soucieux d’hygiène. Il suffit de parcourir les marchés et leurs alentours, toutes les places de grandes concentrations et les ronds-points, pour se rendre compte de la manière dont ces restaurants de fortune sont pris d’assaut par des clients issus pour la plupart des milieux sociaux modestes, mais surtout de la qualité douteuse des aliments qui sont proposés à ces clients.
Ils commencent à manger aux aurores, et c’est souvent tard dans la nuit que ces cuisines ferment enfin leurs portes. On y prépare des mets de toutes sortes. Mais les conditions dans lesquelles se fait la cuisson sont aléatoires. Hormis le tas d’immondices qui attirent les mouches et d’autres insectes non identifiés dans ces endroits de cauchemar, la nourriture n’est pas toujours conditionnée comme il se doit, ce qui laisse la porte ouverte à toutes les contaminations aux maladies des mains sales comme le choléra ou la typhoïde.
L’eau destinée à la vaisselle est un mélange invraisemblable de mousse savonneuse, des déchets innommables provenant des assiettes déjà lavées et des restes des déchets provenant des ongles, ce qui lui donne un caractère presque solide à force d’être visqueuse. Dans ces conditions, on imagine bien l’état dans lequel se trouvent les assiettes utilisées par les dîneurs.
Tout cela se fait au vu et au su de l’autorité urbaine représentée par ses agents qui passent prélever la taxe de l’Etat au quotidien. Pourtant, des efforts sont envisagés dans ce domaine par l’Hôtel de ville, à travers notamment le ministère provincial de l’environnement qui entend initier dans les jours à venir une campagne d’assainissement du milieu, mais l’impact du travail accompli dans cette lutte reste nettement en deçà des résultats attendus. L’immensité de la tâche à accomplir dans une aussi vaste zone géographique comme Kinshasa incite les autorités à multiplier des séances de sensibilisation à l’endroit des tenanciers de restaurants pour prendre le problème de l’hygiène nutritionnelle à bras-le corps. Il y va de la santé de la population.
L’autorité urbaine de la ville de Kinshasa devrait également étudier à fond la meilleure politique pour regrouper par exemple ces cuisiniers de fortune à des endroits bien déterminés à travers la capitale. Ce regroupement permettrait de mieux les contrôler, de percevoir la taxe nécessaire, d’assurer l’hygiène de ce qu’ils préparent afin d’éviter les maladies, de veiller à la salubrité. De toute façon, les bourgmestres devraient aussi trouver des sites où les cuisines populaires peuvent être installées afin de permettre à quiconque de goûter à la cuisine congolaise dans la sérénité. Pour leur part, les agents du service d’hygiène doivent prendre leur service au sérieux et l’exercer avec compétence et sans complaisance.
(Tkm/GM/PKF)
Desungi/L’Avenir