rdcA la faveur de la journée d’échanges initiée par Pro­moting Credi­ble Elections Democratic and Governance in Africa (Elsa) et destinée aux acteurs sociaux et politi­ques, Makolo Jibikilayi a fait l’état des lieux de la mise en oeuvre de la décentralisation en RDC. La quasi-totalité des hôtes d’Eisa présents au collège Boboto le vendredi 11 septembre 2009 étaient des cadres de l’Udps, du PPRD, de l’ARC, du MLC, du RCD/KML, du MLP et des animateurs des organisations de la Société civile. On a noté la présence d’un des directeurs adjoints de Mbusa Nyamuisi, à savoir Koloso Sumaili.

Le choix de l’orateur du jour s’explique certainement par son passé au ministère de l’Intérieur et au gouvernorat du Kasaï Occi­dental pendant la seconde République. D’entrée de jeu, le coordonnateur de la Cellule technique d’appui à la décentralisation, une structure du ministère de la Décentralisation et de l’Aménage­ment du Territoire, a rappelé à l’assistance la significa­tion de la date du 18 février 2006. En somme, la décen­tralisation est désormais le nouveau mode de gestion de la respublica.

Depuis des lustres, la dé­centralisation n’a jamais été effective. On se contentait d’élaborer des lois, a-t-il indiqué. Le nouvel ordre politique synonyme de refondation de l’Etat, va entraîner un nouveau découpage ter­ritorial, un changement des statuts des provinces... Jadis considérée comme une entité décen­tralisée, la province est ap­pelée à devenir une entité politique autonome. Et Makolo Jibikilayi de souligner que jusqu’ici les dispositions constitution­nelles relatives à la décen­tralisation ont été marquées par plusieurs temps forts. Il s’agit de l’organisation des élections provinciales, du forum national sur la décen­tralisation, de la promulga­tion de quelques lois en la matière, de la mise en place des structures de pilotage de la décentralisation, de la validation du cadre stratégi­que de mise en oeuvre, etc.

Néanmoins, beau­coup de choses restent en­core à faire. Beaucoup des lois (caisse de péréquation, autorité coutumière, loi fi­nancière...) en la matière ne sont pas encore votées, a fait remarquer l’ancien gouverneur du Kasaï Occidental. Le coordonnateur du Ctad a insisté sur le caractère transversal de la décentralisation, de l’obli­gation de la population de s’approprier ce processus, de la nécessité de renforcer les capacités des acteurs institutionnel.

Pays modèles

La décentralisation, si elle est bien menée, en­traîne plusieurs réformes. Makolo. Jibikilayi a fait re­marquer qu’en théorie, les nouvelles provinces issues du nouveau découpage territorial devraient être ins­tallées le 7 mai 2010. Préci­sant par la même occasion que le gouvernement s’est donné dix ans pour asseoir véritablement la décentrali­sation chez nous.
Autre précision apportée par le gouverneur honoraire : la différenciation entre les entités déconcentrées (groupements, sec­teurs...) dépourvues de la personnalité juridique et les entités décentralisées ( vil­les, communes...).

Décentralisation de­vrait rimer avec le dévelop­pement effectif des commu­nautés locales. Jusqu’ici, le Mali, l’Ouganda, le Bénin, le Burkina Faso, le Sénégal, le Niger s’illustrent par une politique judicieuse du développement à partir de la base. Au regard des préoccupations formulées par l’assistance sur le risque qu’il y a à voir la Cei reculer l’organisation des élections locales en raison des pesan­teurs observées jusqu’ici en matière de décentralisation, Makolo Jibikilayi a dit ne pas être de cet avis.

Le problème de dé­coupage du territoire n’a aucune incidence sur la te­nue des élections locales, a-t-il fait observer. Il a révélé à l’assis­tance que d’ici peu, on par­lera de nouvelles villes. La capitale sera épargnée par ce changement. L’intervenant du jour a été précédé à la tri­bune par José Engbanda qui a circonscrit le sens de la rencontre du week-end passé.

Pour le délégué du RCD/N et membre du secrétariat technique du cadre de concertation entre ac­teurs sociaux et politiques, le rendez-vous de vendredi 11 septembre comme ceux d’autres jours permet aux animateurs de la société civile et aux opérateurs politiques d’échanger sur les problèmes de l’heure. Eisa leur a donné l’occasion de se parler et parfois de rapprocher leurs vues sur certaines choses. Les élec­tions n’étant pas une fin en soi, ce genre de rencontre est vraiment nécessaire, a-t-il affirmé.

(DN/TH/GW/Yes)

Jean- Pierre Nkutu/Le Phare