mendeLa corporation des journalistes n’est pas restée insensible aux menaces proférées la semaine passée à Bukavu contre trois journalistes. Elle réagit vivement et dénonce avec la dernière énergie les intimidations proférées contre Delphine Nanuto et Caddy Adzuba, journalistes et présentatrices du journal parlé à Radio Okapi Bukavu et Jolly Kamuntu de la radio communautaire Maendeleo.

L’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) s’est dit préoccupée à la suite des menaces de mort proférées contre trois femmes journalistes depuis la semaine passée dans le chef-lieu de la province du Sud-Kivu. C’était au cours d’une réunion d’échanges organisée hier lundi 14 septembre à son siège de la Gombe, sous la conduite de Mme Chantal Kanyimbo, sa présidente.

« L’UNPC dénonce avec la dernière énergie les menaces proférées contre Delphine Namuto et Kadi-Adzouba, journalistes et présentatrices du journal parlé à Radio Okapi Bukavu », a déclaré, d’entrée de jeu, Mme Chantal Kanyimbo. Raison pour laquelle ces menaces prises au sérieux au niveau des professionnels des médias ont constitué le seul point inscrit à l’ordre du jour de cette rencontre.

Au cours de celle-ci, M. Kasonga Tshilunde, secrétaire général de l’UNPC, a fait savoir qu’il est question de « réfléchir ensemble avec les journalistes, en vue de mettre en place des stratégies susceptibles de dénoncer et de faire échouer ce projet d’assassinat ourdi contre nos confrères ».

C’est ainsi que l’UNPC lance une campagne de sensibilisation axée à une mobilisation accrue des journalistes.

A ce propos, une marche de protestation est projetée, afin de dire « Non » à l’industrie du crime qui sévit à Bukavu. La corporation des journalistes invite donc les pouvoirs publics à ne plus tergiverser, mais à prendre des mesures concrètes pour sécuriser les trois journalistes avant que le pire n’arrive.

Mme. Chantal Kanyimbo a saisi cette occasion pour exhorter ses confrères « à faire preuve durant ce moment, de solidarité et de cohésion en vue, à travers la plume, d’exercer réellement leur rôle de quatrième pouvoir. C’est-à-dire, de sensibiliser l’opinion nationale et internationale aux situations d’insécurité auxquelles est soumise la profession journalistique en RDC.

A toutes fins utiles, l’UNPC organise, dans un proche avenir, simultanément dans toutes les provinces de la RDC, des marches de protestation, et compte mener des investigations sur toutes ces affaires.

Cela suite au constat fait selon lequel les pouvoirs publics font preuve de beaucoup de laxisme dans la poursuite des enquêtes d’assassinat des journalistes dans cette partie du territoire national, notamment celles de Serge Maheshe en 2007, Didace Namujimbo en 2008 et Bruno Koko Chirambiza en 2009. Crimes commis dans la même ville de Bukavu où sont aujourd’hui menacées ces trois journalistes ».

A Kinshasa, la marche partira de la Gare centrale jusqu’au Palais du peuple où un mémorandum sera déposé au président de l’Assemblée nationale et aux députés nationaux.

(CL/GW/Yes)

Le Potentiel