Humour, calembours, facéties, dérision, et même auto-dérision... ce sont les recettes utilisées par Botowamungu Kalome pour dépeindre la vie des familles congolaises et angolaises en France dans une mini-comédie intitulée « Pauvre et con ne sont pas de gros mots  ».

La première représentation de ce spectacle est (Ndrl était) prévue le vendredi 11 septembre 2009, à la Maison de Quartier des Dervallières, devant un public de professionnels composé d’enseignants, d’assistantes sociales, d’animateurs socioculturels, de conseillers généraux et municipaux, de fonctionnaires de la mairie ainsi que de militants associatifs.


La création de ce spectacle répond au souhait d’une association de femmes africaines de Nantes de débattre franchement avec des professionnels de l’éducation et de l’action sociale de leurs aspirations, de leurs préoccupations mais aussi des « travers » auxquels elles se heurtent dans leurs rapports avec différentes institutions.

Sollicité pour imaginer les contours d’une telle rencontre, Bokal a suggéré la création d’un spectacle sur la vie quotidienne des familles congolaises et angolaises pour lancer le débat dans la bonne humeur. D’où ce texte qu’il a écrit « sur mesure ».

Les tirades sont concises, le ton léger, le débit rythmé... mais les choses sont dites clairement. Comme sur les relations dans le couple décrites par l’un des personnages : «  Mon mari ne me fait jamais un bisou ou un câlin. Nos enfants doivent même penser que nous sommes frères et sœurs.

Et pourtant ça ne le gêne pas de regarder Canal+ samedi après 0 heure (allusion aux films porno diffusés sur cette chaîne) ». Ou encore, cette femme seule qui s’étonne : «  Quand tu es femme seule, n’importe quel homme croit avoir sa chance avec toi. C’est tout juste s’ils ne te disent pas qu’en sortant avec toi, ils feraient une action humanitaire  ».

Tout est dans le taux de mélanine

La politique est également évoquée, notamment la réticence des socialistes français à promouvoir les Noirs. Ainsi, un personnage conclut en évoquant l’absence des Noirs dans le conseil municipal de Nantes : « Ce n’est pas la faute du maire de Nantes Jean-Marc Ayrault, c’est une question du taux de mélanine. Un Noir ça ne fait pas bien sur la photo officielle du Conseil municipal. C’est le photographe officiel de la mairie qui l’avait dit au maire  ».

La pièce parle également des relations difficiles des familles avec l’école et la propension de certains enseignants à envoyer trop facilement les enfants immigrés chez les psychiatres.

Ce spectacle, écrit pour un projet précis, dure près de vingt minutes et sera interprété par une comédienne congolaise et deux comédiennes centrafricaines : Edith Alemba (ancienne du théâtre M Majuscule et qui joue Elela dans les théâtres dits maboke), Annie Michèle Bozo (Ancien du théâtre Kozozo de Bangui) et Mathilde Liliane Tchandezida. Ces trois comédiennes sont dirigées dans ce spectacle par Prince Georges Bilau Mbidi Yaya qui a assuré la mise en scène.

Ce spectacle est aussi programmé dans la même salle, le samedi 19 septembre, en première partie du concert gospel de la chanteuse congolaise Philie Ikani.

(BT/PKF)

Afriqu’Échos Magazine/MMC