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Les Bantous de la Capitale : 50 ans déjà !

Kinshasa, 14/09/2009 / Musique
Ce demi-siècle d’existence a été marqué naturellement par des périodes de gloire et des passages à vide. Comme un phœnix, les Bantous ont fait un come back triomphant avec la sortie de leur dernier opus « Bakolo mboka » en 2008 qu’ils sont venus présenter notamment au Festival d’Angoulême édition 2009 et à l’Olympia de Paris.

15 août 1959 - 15 août 2009, l’orchestre les Bantous de la Capitale vient de totaliser 50 ans d’existence. Ce qui fait de ce groupe l’un des plus anciens orchestres du continent en activité.

 Ce demi-siècle d’existence a été marqué naturellement par des périodes de gloire et des passages à vide. Comme un phœnix, les Bantous ont fait un come back triomphant avec la sortie de leur dernier opus « Bakolo mboka » en 2008 qu’ils sont venus présenter notamment au Festival d’Angoulême édition 2009 et à l’Olympia de Paris.

Créé le 15 août 1959 par des musiciens congolais de Brazzaville transfuges des orchestres Ok Jazz et Rock’A Mambo, les Bantous ont bénéficié du soutien matériel et financier de Emile Faignond, propriétaire du dancing-bar « Chez Faignond ».

A l‘époque, l’orchestre était composé de Edo Ganga et Célestin Kouka au chant, Dicky Baroza à la guitare solo, Dignos Dingari à la rythmique, Loubelo De la lune à la basse, Essous Jean Serge à la clarinette et Saturnin Pandi aux tumbas.

Quant à l’origine du nom « Bantous », deux versions subsistent : la première attribue la paternité à Etienne Bakana, qui lors de la discussion autour du nom du nouvel orchestre, laissa échapper « Betu Bantous » qui veut dire « nous aussi nous sommes des hommes » ; tandis que l’autre version dit qu’il est l’émanation de « Bantou sextet » de Dieudonné Dadet Zongbe.

Le succès rapide de ce groupe était dû également au soutien qu’ils avaient bénéficié de l’amicale créée par Idriss Diallo, Pierre Labague, Yvonne Tchicaya Vonvon, Makabala, Etienne Bakana, Mandola et Denis Kinamy. Quant à leurs créations, la première chanson de l’orchestre a été « Wa BB »’ sortie sous le label Ndombe suivie de « Una noche », « Luiza », « Nazonga na motema », « Quiere me », etc.

Quelque temps après sa création, les Bantous ont effectué une tournée en Afrique de l’Ouest qui les avait conduit au Togo, au Dahomey (Bénin), au Ghana jusqu’à la frontière de la Côte d’Ivoire grâce à une commerçante togolaise, Massi Canfonth. Et c’est au retour que Papa Noël rejoignit le groupe.

En 1960, ils sont repartis en Côte d’Ivoire en passant par le Sénégal, la Gambie et le Liberia. Deux ans plus tard, Francis Bitshoumouna dit Céli Bitshou intégra les Bantous. Et au cours de la même année, l’orchestre connut ses premières défections avec le départ de Edo Ganga et De la lune qui réintégrèrent l’Ok Jazz.

En 1963, une nouvelle vague intégra l’orchestre : Passi Mermans, Michel Samba Miguel, Joseph Samba Mascot et Michel Boyibanda. Puis, à 18 ans, en juillet de la même année, ce fut le tour de Yvon Bemba Pamelo dit Pablito d’intégrer le groupe.
Un an plus tard, Mulamba Joseph dit Mujos rejoignit les Bantous et cette arrivée coïncida avec la sortie de la première chanson de Pamelo intitulée « Nakolanda bango ».
Poursuivant avec les tournées, les Bantous se rendirent en 1964 au Cameroun, en RCA et au Tchad. En 1965, les Bantous recrutèrent un jeune chanteur, Côme Moutouari Kosmos, qui venait d’enregistrer sa première chanson « Ebandeli ya mosala ». Un vrai chef-d’œuvre.

À la même année, les Bantous participèrent au 1er Festival des arts nègres à Dakar, puis quatre ans plus tard au Festival Panafricain d’Alger. Lors de leur participation au 6ème anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, Essous quitta le groupe et se rendit à Paris.

Mais cette épopée a pris fin en 1972 avec la suspension de Passi Mermans, Pamelo, Edo, Théo, Kouka Célestin et Kosmos. Mais le navire Bantous continua son bonhomme de chemin sous la férule de Nino Malapet et Essous Jean Serge.

Pour combler le vide, une nouvelle vague intégra l’orchestre, il s’agit de José Missamou, Pambou Tchikaya, Roger Pikou, Antonio Mawana Braz, Simon Mangouani, Gerry Gérard, Johnny Kiolo, Jean Ngoumba, Samba Mascot, Kabongo Wetu, Rikky Siméon et Pandi.

Prenant leur bâton de pèlerin, les Bantous se rendirent fin 74 et début 75 à Cuba avec Nino Malapet comme chef d’orchestre. Au cours de la même année, ils se rendirent à Luanda à l’occasion de l’indépendance de l’Angola.

Mais comme souvent, une défection n’est jamais loin : un an plustard, Lambert Kabako, Antoine Mawana Braz, Ferdinand Kiolo et Arthur Nona Samba quittèrent le groupe.

Contre vents et marrées, les Bantous continuèrent sur leur lancée en participant en 1977 au Festival de Lagos. Au retour, certains dissidents réintégrèrent l’orchestre, il s’agit de Kabako Lambert, Johnny Kiolo, Michel Boyibanda, Passi Mermans et Jean Saïdou. Deux ans plus tard, Pamelo et Edo Ganga réintégrèrent le groupe.

1986, l’on assista à une sorte de renaissance grâce à l’ancien maire de Brazzaville, Jean Jules Okabando qui leur offrit des équipements neufs. En 1990, les Bantous connurent une vague de défections, une de plus, avec les départs de Célestin Kouka, Bemba Pamelo, Touloulou Alphonse, Samba Mascot, José Missamou et Biyela Gérard partis créer l’orchestre « Bantous monument ».

Pour combler le vide, l’orchestre recruta Jean Michel Miekoutima Ketchel, François Sam Liworo, Elenga Ellington, Paul Mayitezo, Makirimba, Lokoko et Poaty.

Souvent battus, mais jamais abattus comme on pourrait le dire, les Bantous poursuivent leur bon homme de chemin en incorporant des jeunes artistes pour pérenniser le nom de l’un des orchestres les plus prestigieux du continent. Et c’est toujours avec le même engouement qu’on vient voir les « papies » de la rumba gratifier le public des airs musicaux devenus des classiques de la musique congolaise moderne.

Afriqu’Échos Magazine se joint, bien évidemment, à tous les mélomanes pour souhaiter bon anniversaire et bonne continuation aux Bantous de la Capitale en disant nous aussi « Betu Bantous » !

(BT/PKF)

Herman Bangi Bayo/AEM/MMC



Last edited: 14/09/2009 17:52:02

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