deputesCe mardi, nos élus du peuple feront leur rentrée parlementaire sur fond des arriérés de motions de défiance et autres interpellations des élus de l'opposition qui reviennent requinqués de leurs vacances. Dans l’entre-temps, une bonne tranche de l'opinion craint que cette revenue dans les deux chambres ne remette les pieds du discours de l'opposition dans le plat de la démission, supposée ou fatale, du Premier ministre Muzito.

Cependant même qu'à l'heure actuelle, plus rien ne semble justifier cette obstination à voir tomber le gouvernement, coûte que coûte. Sauf la détermination de leurs auteurs de n'exister démocratiquement dans leurs bases que par les manchettes ou les déclarations cathodiques.

Il nous revient. en effet, que mettant à profit le temps des vacances des animateurs du pouvoir législatif, ceux de l'Exécutif auraient déjà désamorcé la grève des médecins ¬qui allait faire très mal- par la signature d'un protocole d'accord pour la reprise du travail par les hommes en blanc.

De son côté, le secteur de l'Enseignement primaire et secondaire, où la question qui fâche demeure la suppression ou non des frais dits de la «contribution des parents », a vu une bonne partie de l'intersyndicale des écoles conventionnées catholiques se diviser derrière le mot d'ordre de l'Archevêque Laurent Mosengwo Pasinya. D’ailleurs, une accalmie organique s'y observe, le temps d'une rentrée scolaire en dents de scie.

D'où partira encore le tocsin? Quels ont été les états des comptes-rendus de mandats des députés vacanciers-du moins ceux qui s'y rendent encore ! -auprès de leurs bases respectives? Ces contacts avec leurs terroirs ne leur ont-ils pas augmenté l'adrénaline de la guerre interinstitutionnelle ? Le remaniement tant annoncé aura-t-il lieu? Pourquoi? Comment et quand ?

Autant de questions qui demandent justice. En attendant, cette ambiance annoncée ne devrait pas nous détourner de vraies inquiétudes quant à l'atterrissage en douceur, de plus en plus problématique, à une année de la fin de la mandature en cours. Dans les rangs de la majorité, l'on devrait travailler des stratégies d'anticipation pour éviter de donner l'impression de vivre sur fonds de concordats parlementaires.

C'est-à-dire de ne sortir la tête de l'eau qu'en étant protégés par les remises des sessions parlementaires. De son côté, l'opposition devrait éviter de nous donner cette impression récurrente que la seule création d'incidents alimente et guide ses actions.

D'ailleurs, il est sagace de remarquer que le plus gros poisson visé par les « motionnaires » attitrés du Palais du peuple a, depuis quelque temps, resserrer ses rangs. En termes de visibilité et de communication dialogique avec différents acteurs sociaux. Qui plus est, tant que la majorité présidentielle s'interdira dans ses rangs de faire le lit de l'opposition, les envois de flammes de la minorité parlementaire resteront sans beaucoup d'effets.

Mais, attention au délabrement de leur image de marque auprès de l'opinion ! Certes, une motion de défiance n'est pas une révocation, mais    elle reste une initiative hostile au gouvernement. prise par un certain nombre de députés (et donc des représentants du peuple) en vue d'amener l'Assemblée à voter la question de confiance, et en cas de vote négatif, à renverser un ministère, un gouvernement.

L'exercice du pouvoir impliquant des décisions à prendre et comportant des risques d'erreur, il s'agit pour chaque animateur de démontrer- à son poste- son aptitude à remplir son devoir ou sa propension à assumer sa charge sociale par sa compétence.

Le grand défi pour nous sera au cours de cette rentrée, celle d'accompagner le Chef de l'Etat, avec son double brassard de capitaine de la SADC et de la CEEAC, dans sa détermination d'appliquer jusqu'à son terme le mot d'ordre de « Tolérance zéro ». Pas seulement avec des jugements de valeur, mais aussi avec des idées et des actions constructives.

(DN/Milor/GW/Yes)

Acp