medecinsDix jours après son déclenchement, la grève des médecins s’est radicalisée au point de s’étendre sur l’ensemble du pays. Tout porte à croire que ce cahier des charges qui a milité en faveur de ce débrayage n’a pas trouvé d’écho favorable auprès des autorités congolaises. Entre-temps, les malades ne savent où donner de la tête.

Depuis le jeudi 10 septembre 2009, la grève des médecins des hôpitaux publics s’est étendue dans certaines villes du pays. Selon le mot d’ordre du Syndicat national des médecins (Synamed), les blouses blanches observent ces 10 jours d’arrêt de travail.

A peine amorcé, le dialogue entre les autorités congolaises et les médecins regroupés sous la bannière du Synamed, a été rompu au grand dam des malades. Après Kinshasa, le mouvement affecte Matadi, Kindu, Mbandaka, etc., a constaté radiokapi.net

A Kinshasa, les blouses blanches sont passées à la phase, dite «Hôpitaux sans médecins» : fermeture des salles des urgences, seuls les médecins chefs de services et/ou départements seront commis à la prise en charge des malades déjà hospitalisés en attendant leur éventuelle orientation vers les instituions sanitaires privées.

A Kindu au Maniema, l’hôpital général de référence est resté calme. Les malades n’ont pas reçu de visites des médecins. Situation similaires dans les hôpitaux publics du Bas-Congo, notamment à Matadi, Mbanza- Ngungu, Boma et Seke-Banza.

A Mbandaka dans la province de l’Equateur, aucun médecin n’a touché à un malade depuis jeudi dernier.
A l’hôpital général de référence de Wangata, au centre hospitalier universitaire de Mbandaka ou encore à l’hôpital évangélique protestant de Bolenge, la scène est la même: des malades assis sur des bancs, d’autres allongés à même le sol.

Entre-temps, les grévistes font des navettes dans les couloirs sans la moindre intention de toucher aux malades. Au Kasaï Oriental par contre, le mot d’ordre de la grève lancé jeudi soir par la section provinciale du Synamed n’a pas été suivi dans les hôpitaux publics. Les médecins étaient bien présents à leur poste vendredi dernier. Certains d’entre eux estiment que le service minimum sera assuré le moment venu.

Les médecins grévistes revendiquent notamment le paiement des arriérés de primes, la mécanisation des médecins sous statuts et l’application de loi portant statut spécifique des médecins.

Dans leur cahier de charges, les médecins réclament également l’exécution des accords signés entre le gouvernement et le Syndicat national des médecins (Synamed).

(DN/Milor/GW/Yes)

Louis-Paul Eyenga Sana/Le Potentiel