Le territoire de Walungu avec ses forêts noires au Nord-Kivu constitue les derniers retranchements des rebelles rwandais FDLR devenus des désespérés terroristes pour les populations locales ne pouvant plus accéder à leurs champs et de ce fait confrontés à une atroce famine
Une famine criante est entrain de ravager la localité d’Otobora située à 300 kilomètres au Nord-Ouest de la ville de Goma, en territoire de Walikale, dans la province du Nord-Kivu.
La triste nouvelle a été annoncée mercredi 09 septembre dernier par Radio Okapi, une chaîne parrainée par la Mission de l’Onu au Congo (Monuc).
A en croire cette source, un calme apparent règne dans cette localité. Les populations autochtones ainsi que les déplaces en provenance d’autres villages vivent dans la pauvreté. Ces personnes n’accèdent pas à leurs champs à cause de l’enclavement et de la présence des Fdlr, même si une base des casques bleus de la Monuc a été récemment installée dans cette localité pour sécuriser la population sur cet axe ni l’armée régulière, ni la police ne sont pas encore déployées.
La radio Onusienne signale également que la localité d’Otobora est occupée actuellement par les rebelles Maï-Maï Kifuafua qui s’affrontent de temps en temps avec des Fdlr dans des villages proches.
Elle a, par ailleurs, évoqué des cas de kidnapping, de viols et de menaces perpétrés par les Fdlr et dénoncés par les habitants de cette localité.
Ces exactions sont signalées dans les entités de Mabimbi et le groupement de Waloa Loanda, voisins à Otobora. S’exprimant sur Radio Okapi, un responsable local a remercié la Monuc pour sa présence à Otobora et pour tous les efforts qu’elle fournit en faveur du retour de la sécurité dans cette entité que la population a fui depuis le début des opérations Kimia II.
Ce témoin a souhaité que la présence de la Monuc puisse encourager le retour de plusieurs familles en fuite et la reprise des travaux de champs auxquels les paysans ont renoncé.
Pour accélérer le retour de la sécurité à Otobora, l’opinion nationale demande au gouvernement de la République de déployer le plus urgemment possible des éléments Fardc et la police congolaise dans cette localité, en vue d’une part, de venir à bout des poches de résistance ennemis et d’autre, de permettre à la population de vaquer librement à ses occupations.
En ce qui concerne la communauté internationale, en l’occurrence les 5 membres du Conseil de sécurité des Nations Unies, elle est appelée à jouer franc jeu, pour décourager les tireurs des ficelles et ramener une paix réelle et durable à l’Est du Congo Démocratique ainsi que dans toute la région des Grands Lacs africains.
Grogne sociale : les parlementaires revenant des vacances vont retrouver les dossiers brûlants de l’heure
Grève des médecins, menaces des fonctionnaires, enseignants et infirmiers, tels sont les dossiers urgents qui attendent les parlementaires dont la session essentiellement budgétaire s’ouvre le mardi 15 septembre.
Outre le 29ème Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de la SADC qui s’est tenu à Kinshasa du 2 au 8 septembre 2009, l’actualité en République démocratique du Congo reste dominée par la grogne sociale.
En effet, déçus par le gouvernement qui semble faire la sourde oreille à leurs revendications malgré tout ce qui a été convenu, les médecins de Kinshasa ont, depuis le lundi 7 septembre 2009, décidé de radicaliser l’arrêt de travail qu’ils observent déjà. « Hôpitaux sans médecins », ce mot d’ordre lancé par le Syndicat national des médecins (Synamed) est respecté scrupuleusement par ses membres qui n’attendent rien d’autre que l’application des dispositions convenues lors des négociations antérieures.
Des informations en notre procession, il ressort que les médecins de certaines provinces du pays ont aussi pris la décision d’emboîter les pas à leurs collègues de l’intérieur. Imaginez alors les conséquences néfastes qui en résultent. Et comme nous l’avons souligné dans l’une de nos éditions, à l’instar du drame de l’Est, la RDC va encore compter des morts. Les professionnels de santé (infirmières et infirmiers) qui sont toujours dans l’attente des promesses leur faites par le gouvernement viennent aussi de monter au créneau. A travers leur syndicat, les syncass, ils estiment que les problèmes du secteur de santé doivent être résolus globalement et non partiellement. C’est donc un signal fort qu’ils lancent à l’endroit du gouvernement.
Depuis un bon bout de temps, la rentrée scolaire en République démocratique du Congo s’accompagne toujours des contestations. C’est soit les parents qui, se plaignant de la prise en charge des enseignants, se déclarent aujourd’hui dans l’impossibilité de subvenir aux besoins de leurs enfants, soit les enseignants qui se considèrent comme des mal aimés de leur employeur qu’est l’Etat. Raison pour laquelle ils projettent d’ailleurs un sit-in au Palais du peuple à la prochaine rentrée parlementaire.
Protestant au lendemain de la publication de différentes ordonnances présidentielles portant révocation, nomination, mise à la retraite et affectation au sein de la Fonction publique, l’Intersyndicale de l’Administration publique avait adressé un mémo au chef de l’Etat dans lequel il sollicitait l’annulation de tous ces textes susmentionnés. Dans sa réaction, le président de la République a donné des instructions au gouvernement pour qu’il se retrouve autour d’une même table avec son partenaire.
Ce qui a été fait, d’autant plus que, le 25 août 2009, le Premier ministre Aldophe Muzito a personnellement présidé une réunion à laquelle ont pris part quelques membres du gouvernement concernés et l’Intersyndicale. Au cours de cette rencontre, les parties ont convenu de mettre sur pied une commission paritaire pour la correction des ordonnances susmentionnées. Malheureusement, le démarrage des travaux traîne les pieds. Non content de cette attitude de la part du gouvernement, l’Intersyndicale de l’Administration publique lève le ton et menace. C’est donc un autre bras de fer auquel nous risquons d’assister dans les jours à venir. Et pourtant, avec la réunion du 25 août dernier, le chemin était déjà balisé.
Le parlement interpellé
Telle qu’elle se présente au jour d’aujourd’hui, la situation sociale en RDC doit interpeller le Parlement qui devra user de ses prérogatives de représentant du peuple pour sauver les meubles. Car les effets d’entraînement de la grogne sociale que l’on observe à Kinshasa risquent d’être catastrophiques à l’intérieur du pays.
En attendant le dépôt, par le gouvernement, du projet du budget 2010, l’opinion aimerait voir défiler devant les élus du peuple les décideurs concernés par les différents problèmes sus-évoqués. En lieu et place des théories, les personnes qui seront appelées pour s’expliquer devront être pragmatiques, en avançant des propositions concrètes. Les parlementaires devront attirer l’attention du gouvernement sur le non respect des engagements. Autrement, on continuerait à tourner autour du pot et l’Etat congolais ne sera toujours pris au sérieux.
(DN/Milor/Th/GW/Yes)
La Tempête des Tropiques/Le Potentiel