Deux accablants rapports viennent d’être publiés par le bureau du Haut Commissaire des Nations Unies sur les Droits de l’Homme autour du sinistre massacre des civils congolais à Kiwanja au Nord-Kivu et dans lequel sont impliqués jusqu’au cou les responsables de l’ex-rébellion CNDP
Le bureau du Haut commissaire des Nations Unies sur les Droits de l’homme a publié, mercredi, à Genève, deux rapports d’enquête sur les incidents séparés : massacre perpétré à Kiwanja le 5 novembre 2008 par les forces du CNDP de Laurent Nkunda et les violations des Droits de l’homme commises par des éléments des Forces armées de la RDC à Goma et Kanyabayonga en octobre et novembre 2008.
Selon le directeur de la division de l’Information publique de la MONUC à Kinshasa, Kevin S. Kennedy, le rapport sur les abus commis par le Congrès national pour la défense du peuple à Kiwanja est le résultat d’enquêtes menées de novembre 2008 au début de l’année 2009 par le bureau conjoint des Nations Unies pour les Droits de l’homme. Ce rapport, comme l’autre, a-t-il précisé, ne constitue pas des enquêtes judiciaires. Le bureau conjoint a pu confirmer 67 exécutions arbitraires commises par le CNDP, après les affrontements entre les combattants Maï-Maï et le CNDP. Le nombre des victimes pourrait être bien plus élevé.
Le rapport établit les principaux abus des droits de l’homme d’une part et le cadre juridique qui s’y applique ainsi que la chaîne de commandement durant la commission des faits d’autre part. Le général Bosco Ntaganda, recherché par la Cour pénale internationale (CPI) faisait partie de la chaîne de commandement.
Général Bosco Ntaganda : pas de rôle dans Kimia II, selon la MONUC
En réponse à une question sur le rôle qu’aurait joué le général Bosco Ntaganda pendant ces événements et pendant les opérations Kimia II, M. Kevin Kennedy a fait valoir que le rapport mettait en cause les troupes du CNDP et que ce général recherché par la CPI ne joue pas de rôle dans les opérations Kimia II, soutenues actuellement par la MONUC au Sud-Kivu.
La responsabilité de la MONUC demeure la protection des populations civiles et le renforcement des capacités des éléments des FARDC. A l’époque des événements de Kiwanja, il s’était posé, selon le chef de la division de l’information de la MONUC, un problème de communication (langue) entre les casques bleus et la population. Ce qui n’aurait pas facilité la protection des civils.
Le rapport sur les violations des Droits de l’homme commises par les FARDC à Goma et à Kanyabayonga en octobre et novembre 2008, traite des violations graves des droits de l’homme, entre autres des pillages, des meurtres et des atteintes à l’intégrité physique des civils. Les recommandations à l’endroit du gouvernement et à la communauté internationale soulignent le besoin de réformer en profondeur les FARDC afin de leur permettre de jouer pleinement et de manière appropriée leur rôle constitutionnel.
(DN/TH/GW/Yes)
ACP