thambwePar une note diplomatique adressée à toutes les missions diplomatiques et postes consulaires accrédités en Républi­que Démocratique du Congo, le ministre des Affaires Etrangères vient d’informer le public que « les anciens passeports congolais ordinaires, de service et diplomatiques continuent à avoir cours légal concomitamment avec les nouveaux pas­seports jusqu’à nouvel ordre ».

Cette décision qui date du 28 août der­nier a surpris l’opinion dans la mesure où le mois de septembre était considéré comme le délai butoir de l’utilisation des anciens passeports dès lors que le ministère des Affaires Etrangères avait déjà mis en service les passeports semi-biomé­triques.


On rappelle que cette décision de la mise en service de ce passeport semi-biométrique avait pro­voqué un tollé généralisé aussi bien dans l’opinion congolaise qu’au niveau des missions diplomatiques accréditées à Kinshasa du fait que le délai butoir ne pouvait pas permettre aux usagers d’obtenir le fameux sésame de sortie dans un délai raisonnable. De sorte que les missions diplomati­ques ne savaient pas quel document prendre en considération au-delà du mois de septembre.

Que dire des Con­golais résidant en Occi­dent, aux Amériques, en Asie et en Océanie et qui devraient effectuer le dé­placement de Kinshasa pour se procurer le fameux passeport à un prix défiant toute concurrence et dont les démarches pouvaient prendre plus d’un mois, à moins que l’on recourt aux circuits sinueux et fort coû­teux ? On sait par exemple que le prix du passeport ordinaire est fixé à 150 dollars Us, celui des formulaires à 20 dollars Us, du certificat tenant lieu de nationalité à 25 dollars Us et enfin du Casier judiciaire à 25 dollars Us sans compter les dé­bours qui peuvent atteindre 50 dollars en cas d’urgence, ce qui fait que l’obtention de ce fameux parchemin pou­vait coûter jusqu’à 270 et même 350 dollars selon le cas. Un véritable parcours de com­battant pour se le procurer.

Rupture des stocks et multiplicité des formalités administratives

Un autre problème qui semble avoir pris de court les autorités du mi­nistère des Affaires Etran­gères doit être la rupture des stocks des passeports et surtout l’usure des ordi­nateurs de saisie des élé­ments nécessaires pour identifier les demandeurs. Aussi, le ministère des Af­faires Etrangères ne s’atten­dait pas à voir une ruée des Congolais pour se procurer ce fameux document. Et dire que jusque là il n’existait que deux centres d’iden­tification, à savoir Kinshasa et Lubumbashi.

On a fini par revenir à la raison car con­trairement à l’ancien temps, cette fois-ci non seulement le demandeur doit se présenter en personne devant les centres d’identification mais en plus il est contraint de remplir personnellement les formulaires au niveau du service du casier judiciaire et de la 3ème direction du ministère de la Justice pour obtenir le tenant lieu de cer­tificat de nationalité. Un vé­ritable parcours de combat­tant qui exige sa présence physique et des moyens fi­nanciers conséquents. De nombreux observateurs se sont posé la question de savoir pourquoi l’on a exigé ce tenant lieu de certificat de nationalité dès lors que lors des élections, devant les guichets des banques et dans tous les services administratifs, c’est la carte d’électeur qui tient lieu de preuve de nationalité.

En outre, il est de coutume que les identités des criminels ou autres condamnés à de peines privatives des droits civils et politiques soient envoyées à tous les services d’immigration pour mieux surveiller les sorties. Pour­quoi alors exiger ce fameux extrait de casier judiciaire ? Autant des formalités administratives fort coûteuses et en définitive inutiles. La voie de la raison et du bon sens a fini par triompher car s’en tenir au délai butoir du mois de septembre 2009 était une erreur monumentale et de nature à bloquer les échanges commerciaux et familiaux.

On espère que le même bon sens va pousser les autorités du ministère des Affaires Etrangères à revoir le prix de ce fameux parchemin à la baisse et supprimer les formalités ad­ministratives inutiles, superfétatoires et coûteuses. Selon des informa­tions parvenues au Phare, le prix de ce passeport chez l’imprimeur ne dépasse pas 10 Euros et c’est ainsi qu’en France, le passeport pour adulte revient à 60 Euros. Or, en RDC, il atteint 300 dollars US.

(DN/TH/GW/Yes)

Castro/Le Phare