Les experts et les ministres des Affaires étrangères des pays membres de la SADC ont examiné les problèmes essentiels que cette communauté vise de résoudre, en l’occurrence parvenir à assurer la libre circulation des personnes et des biens au sein de l’ensemble régional constitué
La cité de l’Union africaine accueille ce lundi matin les chefs d’Etat et de gouvernement des 15 pays membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) pour l’ouverture, sous la présidence du Congolais Joseph Kabila, des travaux du 29ème Sommet se clôturant demain mardi.
Ils vont prendre des décisions en relation avec les « recommandations » du Conseil des ministres réunis au Grand Hôtel Kinshasa (samedi 5 et dimanche 6 septembre 2009) pour examiner le rapport définitif des hauts fonctionnaires. Ceux-ci ont, jeudi et vendredi, « discuté et proposé des solutions à la manière de faire avancer les différents projets que l’organisation s’est assignés ».
Les problèmes à l’ordre du jour sont principalement le Protocole sur la facilitation de la circulation des personnes, la conférence internationale de la SADC sur la pauvreté et le développement, le processus de l’Accord de partenariat économique (APE), la coopération SADC-Union européenne, le développement social et humain, la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, la crise financière internationale et ses effets sur la région.
Les « secteurs les plus touchés par les effets de la crise financière internationale dans l’économie de la région » étant les mines, l’énergie, le tourisme et le secteur primaire, le Conseil des ministres a « analysé les effets de cette crise internationale en vue d’en dégager des pistes de solution », a indiqué à la presse le ministre congolais de la Coopération internationale et régionale, Raymond Tshibanda.
Successeur de Mme Maite Nkoana-Mashabane, ministre sud-africaine des Relations et de la Coopération internationales à la présidence du Conseil des ministres, il a dit que « la première responsabilité pour sortir de cette crise incombe avant tout aux Etats de la région eux-mêmes ». La SADC va « sensibiliser le FMI et l’ensemble de la communauté internationale pour qu’ils respectent leurs engagements vis-à-vis des pays en développement ».
« La crise a établi que seuls nous pouvons, c’est vrai, mais à plusieurs ensemble, nous pouvons davantage. Le fait de nous retrouver et d’échanger ouvre des voies insoupçonnées pour trouver des solutions pour une plus grande coopération entre nous (parce que) nous avons besoin d’une forte croissance », a souligné Raymond Tshibanda.
« Lenteur » des progrès réalises
L’application du Protocole par la facilitation de la circulation des personnes au sein de la SADC connaît quelques difficultés majeures, ont constaté les hauts fonctionnaires, stigmatisant la « lenteur des progrès réalisés ».
Selon leur constat, la « lenteur des progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’exemption de visa parmi les Etats membres » est occasionnée par la « non-signature et la non-ratification du Protocole sur la facilitation de la circulation des personnes et des biens par quelques Etats membres ». Neuf Etats (Afrique du Sud, Botswana, RDC, Lesotho, Mozambique, Namibie, Swaziland, Tanzanie, Zimbabwe) l’ont signé tandis que seuls quatre (Afrique du Sud, Botswana, Mozambique, Swaziland) l’ont ratifié.
« Les Etats membres se sont engagés davantage à conclure des accords bilatéraux respectant différents calendriers échelonnés après avoir fourni un dossier sur l’état de la mise en œuvre de leur exemption de visa entre eux », relèvent-ils dans leur rapport.
Ils signalent que le Comité ministériel de l’Organe (CMO) a « exhorté les membres qui n’ont pas encore signé ou ratifié le Protocole de le faire, en raison de l’importance qu’il revêt pour la région, et de conclure la mise en œuvre de l’exemption de visa parmi eux ». L’Afrique australe « s’attend à un important afflux de visiteurs et, par la suite, à une grande activité transfrontalière des citoyens de la SADC pendant la Coupe du monde de la FIFA 2010 qui sera accueillie par la République d’Afrique du Sud, la Coupe d’Afrique des nations 2010 qui sera accueillie par la République de l’Angola ».
Coopération Sadc-Ue
Le 29ème Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement va aussi plancher sur la coopération SADC-Union européenne. Les hauts fonctionnaires ayant noté des « progrès accomplis dans la mise en œuvre du Programme indicatif régional (PIR) dans le cadre du 9ème Fonds européen de développement (FED) dont le montant disponible pour le PIR du 9ème FED s’élève à Euros 146,7 millions ».
Ils renseignent que, « depuis mi-juin 2009, les niveaux d’engagements et décaissements individuels cumulatifs en faveur des projets dans le cadre du 9ème FED ont atteint Euros 67,1 millions et Euros 30 millions respectivement. CE qui représente 59,4% et 26,6% de la somme d’Euros 112,8 millions alloués au PIR dans le cadre du 9ème FED, géré par le Secrétariat » de la SADC.
Pour 2009, les totaux pour les engagements et les décaissements individuels effectués à ce jour s’élèvent à Euros 0,175 million et Euros 2,77 millions respectivement. « Le décaissement par rapport aux engagements se fera au cours de la deuxième moitié de 2009 », indiquent-ils. S’agissant de l’Accord de partenariat économique (APE), les hauts fonctionnaires rappellent que le Groupe APE de la SADC et la Commission européenne (CE) ont conclu en 2007 un APE intérimaire qui a été paraphé par le Botswana, le Lesotho, le Mozambique, la Namibie et le Swaziland fin 2007.
« Toutefois, rapportent-ils, l’Afrique du Sud, l’Angola et la Namibie se sont dits préoccupés de certaines dispositions de l’APE intérimaire et, par la suite, n’ont pas signé l’Accord alors que les quatre autres Etats membres l’ont fait en juin 2009. Les trois Etats membres dont l’Afrique du Sud, l’Angola et la Namibie sont actuellement en train d’explorer les voies leur permettant de poursuivre les questions, non encore réglées, liées à la négociation dans le cadre de l’APE intérimaire tandis que les négociations vers l’APE complet atteignent le deuxième stade du processus de l’APE de la SADC ».
« Les Etats APE de la SADC et de la Commission européenne doivent encore se mettre d’accord sur les prochaines étapes de l’ensemble du processus de l’APE de la SADC », font-ils savoir.
(DN/Milor/GW/Yes)
Le Potentiel