palais des congresComment rendre le parti de Joseph Kabila plus visible et plus efficace à l'extérieur de la RDC ?  Comment lutter contre les agressions et les menaces de mort dont sont régulièrement victimes à l'étranger les militants du Pprd (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie) et tous ceux de la majorité présidentielle, de la part des activistes de l'opposition ?  Que peut faire le parti pour mieux encore intégrer les militants du Pprd-Extérieur dans les institutions de la République ?  Et, enfin, comment les militants kabilistes de l'étranger pourraient-ils s'impliquer dans les différentes campagnes qui s'annoncent au pays ?

C'est à toutes ces pertinentes questions que devait répondre la conférence des partisans de cette formation politique établis dans les pays étrangers et réunis pour la circonstance en une rencontre politique de style française dénommée Université d’été. L’événement, une avant-première, vient de se tenir les 29 et 30 août derniers à Paris en France.
             
Réunis donc en Université d'été dans le somptueux cadre du Palais des Congrès, à l'Hôtel Concorde La Fayette de la Porte Maillot à Paris, les organisateurs de ces assises annoncent que près de cent cinquante cadres, dirigeants, animateurs et militants du Pprd-Extérieur, venus des Etat-Unis, du Canada, d'Irlande, de Grande-Bretagne, de Norvège, d'Autriche, de Suisse, d'Allemagne, d'Italie, de Belgique, du Luxembourg, d'Italie, du Portugal, de Pologne, de Suède, d'Espagne, de Finlande et de  France, ont décrété "le début de la marche qui devrait conduire non pas à une simple victoire de Joseph Kabila en 2011, mais mieux, à un véritable plébiscite" de celui que Delphin Nzamba Afri-ku-Nyeng qualifie de "candidat naturel du Pprd à l'élection présidentielle".

Les participants avaient, pour certains, traversé des océans et franchi des montagnes pour prendre part à ces deux journées de réflexions et de débats et, le jeu en valait la chandelle. En effet, "ceux qui s'imaginaient que Joseph Kabila n'a pas de supporters capables des pires privations pour le soutenir, en sont pour leurs frais. Ceux qui pensaient que le Pprd n'est pas le parti de l'avenir ont eu le démenti le plus cinglant", s'est réjoui de claironner M. Nzamba, coordinateur des travaux préparatoires de cette université d'été, qui était le premier à y prendre la parole à la cérémonie d’ouverture de la conférence.
 
Peser sur les choix et les orientations du Pprd
 
De façon unanime, les participants à ce forum ont manifesté leur volonté de peser davantage sur les choix à opérer par leur parti. Ce qui était l'objectif même de ces assises. Alors que se profilent des échéances qui risquent de s'avérer difficiles pour le Pprd, tous pensent que leur parti doit se concerter et se recentrer, proposer de nouvelles orientations, sonner le réaménagement de son projet politique et aller vers de nouveaux rassemblements et de nouvelles convergences réellement populaires. Ce nouveau défi devrait commencer par la réconciliation du Pprd avec lui même d'abord, puis avec toutes les forces de progrès que compte la RDC, afin de construire une société plus juste, plus tolérante et plus humaine.

Seul en effet, un nouveau discours sur l'école, le village, l'agriculture, le paysannat, les routes et tous les autres fondements de la lutte contre la pauvreté et la misère, donnerait aux Congolais des raisons de préférer le projet politique de Joseph Kabila aux sirènes de ceux qui, pour seul projet politique, n'ont que leur anti-kabilisme viscéral. C'est sans doute une gageure, mais, tellement exaltant, ont constaté les congressistes. Car, quel que puisse être le prix à payer, ce qui fait l'unité, la force et la cohésion d'un parti politique, ce sont toutes les batailles engagées ensemble. C'est le degré de solidarité de ses membres. C'est l'engagement que l'on prend les uns envers les autres.

Ce sont surtout toutes les victoires conquises, partagées et célébrées ensemble, toutes les stratégies arrêtées ensemble et mises en commun pour gagner et pour appliquer ensemble un projet politique accepté par tous. On s'engage dans un parti politique pour le meilleur et pour le pire", a déclaré M. Nzamba appelant à l'unité de tous les kabilistes.

pprdC'est la raison pour laquelle, de son côté,  le parti se doit de motiver et de fidéliser ses cadres et ses militants par des règles d'action et d'appréciation communes. C'est ainsi qu'il fera partager à tous ses partisans le même enthousiasme pour tous ses combats et construira une culture interne participative et mobilisatrice.
 
L'un des problèmes au centre des préoccupations des Congolais de l'étranger est celui du droit de vote et de la double nationalité. Les organisateurs de cette université d'été du PPRD-étranger avaient fait appel au professeur Mwayila Tshiyembe, un spécialiste reconnu de tous, pour apporter aux congressistes ses lumières sur les deux questions. Si les compatriotes de l'étranger n'ont pas été autorisés à participer aux élections de 2006, c'est pour de simples raisons techniques, logistiques et financières. Sinon, rien à priori ne l'interdisait. C'est quelque chose qui peut se réparer très rapidement. En ce qui concerne la double nationalité, le professeur Tshiyembe a expliqué qu'en son sens, la Constitution de notre pays ne l'interdisait pas expressément. Bien au contraire, la loi sur la nationalité laisse la porte ouverte à toutes les interprétations favorables à la double nationalité qui est en outre une tendance universelle à laquelle notre pays ne peut continuer de se soustraire.
 
Une coordination contre les agressions et les menaces de mort
 
"Nous n'obligeons personne à aimer ou à voter pour Joseph Kabila. Nous voulons simplement que l'on nous reconnaisse à nous aussi la liberté et le droit de soutenir le projet politique de notre choix. C'est cela la démocratie. Nous sommes libres d'être des kabilistes. La visibilité et l'efficacité du Pprd à l'extérieur de nos frontières passent par le droit des militants de la mouvance présidentielle de jouir de leur entière liberté d'expression et de réunion, pour organiser leurs activités dans le strict cadre que leur reconnait la loi dans les pays d'accueil.

Intervenant tour à tour, les représentants des différentes délégations, en particulier ceux de Grande-Bretagne, Irlande et Autriche, ont dénoncé les agressions et les menaces de mort dont ils font régulièrement l'objet de la part des groupes d'activistes extrémistes anti Kabila dans leur pays d'accueil.
 
Devant l'étonnante, l'incompréhensible et la scandaleuse complaisance des gouvernements de certains pays dans lesquels se sont déjà produits des actes de violence contre les Congolais kabilistes, les congressistes ont proposé un certain nombre de pistes pour protéger les militants du parti et décourager les attaques des lâches intolérants qui s'imaginent que la violence peut remplacer ou masquer leur absence de discours et de projet politique à opposer à celui de Joseph Kabila. "Ces délinquants terroristes et activistes sont pourtant bien connus des services de police".

Les participants à l'université d'été du PPRD-extérieur Paris 2009 se sont encore étonnés de l'absence de réaction du ministre congolais des Affaires étrangères, en particulier, de la vice-ministre chargée des Congolais de l'étranger, qui n'ont jamais élevé la moindre protestation contre les gouvernements des pays dans lesquels des sujets congolais sont agressés régulièrement. La même désapprobation s'adresse à tous les partis politiques congolais, le Pprd en premier.
 
Pour faire face à ces agressions, les participants à l'université d'été ont suggéré entre autres, la création d'une coordination du Pprd-Extérieur qui serait non seulement chargée de coordonner les activités des comités Pprd de l'étranger, mais aussi de se constituer partie civile pour soutenir tous les compatriotes qui, à l'avenir, seraient victimes de la violence des activistes de l'opposition. Le projet est mis à l'étude en même temps que la nouvelle organisation du Pprd-Extérieur proposée par Marcel Tshibuyi Kalombo, Secrétaire Exécutif National du Pprd chargé des Relations Extérieures dont l'absence à ce forum de Paris a été très critiquée et très mal ressentie par les congressistes.
 
Comme toute œuvre humaine, cette université a, bien sûr, connu quelques couacs. Il faut d'abord signaler l'absence de la délégation qui devait venir du siège du parti pour soutenir l'organisation. Ensuite peut-être les improvisations malencontreuses des organisateurs qui ont bouleversé le programme de la seconde journée pour faire place à un discours de deux heures envoyé par le Secrétaire national Tshibuyi. Qu’à cela ne tienne. L'important est que le Pprd-Extérieur a initié un mouvement qui inscrit le parti de Kabila parmi les démocraties accordant une place prépondérante à la base. "C'est en multipliant ce genre de rencontre que nous parviendrons à surmonter et à dépasser nos contradictions internes, nos malentendus, nos frustrations, nos aigreurs, et à concilier nos ambitions personnelles qui sont légitimes avec les intérêts supérieurs de notre parti", a conclu Delphin Nzamba Afri-ku-Nyeng.

(DN/Yes)

Correspondance de Robert Munanga Van Bishal