Un mois après la démolition du site bloc 320, situé sur l’avenue Prince de Liège, dans la commu­ne de Bandalungwa, par le gou­verneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta Yango, les victi­mes de cette démolition ne bais­sent pas les bras. Elles sollicitent l’arbitrage du chef de l’Etat Joseph Kabile pour obtenir réparation. Pour rappel, le 1er août dernier, une équipe de policiers dirigée par le colonel Kanyama et supervisée par le gouverneur de la ville de Kinshasa, son ministre de l’Intérieur et le bourgmestre de la com­mune de Bandalungwa étaient descendus sur les lieux, avec des bulldozer pour détruire mécham­ment sans préavis les habitations construites sur ce site.

Après cette destruction, plus de quinze familles qui habitaient sur ce site démoli vivent dans des conditions infra inhumaines sans logement. Certains dorment à la belle étoile avec leurs enfants en pleine saison sèche. Face à cette situation qui ris­que de provoquer un drame huma­nitaire à Kinshasa, les victimes de cette démolition s’en remettent à l’arbitrage du chef de l’Etat. Jean-Claude Gapopo, prési­dent des victimes de la démolition du site bloc 1320 conteste a procédure avec laquelle cette dé­molition est déroulée.

Pour lui, avant de détruire les habitations, l’Etat devrait au préa­lable payer une indemnité équita­ble aux propriétaires ou locatai­res en vue de permettre à ces derniers de se reloger ailleurs, étant entendu que la décision d’expropriation ne peut être prise que par arrêté du ministre des Af­faires foncières.

Jean-Claude Gapopo estime aussi que toutes les victimes dis­posent des titres de propriété dé­livrés par l’Etat congolais, repré­senté par le ministère des Affai­res foncières. Ce dernier a loti pour usage résidentiel ce site (1320) après que celui-ci lui ait été rétrocédé par l’Onatra, propriétai­re depuis 1992.

Le président des victimes de la démolition du site 1320 volt dans cette affaire la jalousie et l’ex­cès de zèle du gouverneur André Kimbuta. Au moment où la nation congolaise toute entière loue les efforts de Joseph Kabila pour avoir assainis la Fonction publique et la magistrature, les victimes de la démolition du site bloc 1320 à Bandalungwa estiment que l’im­plication du chef de l’Etat dans cette affaire s’avère nécessaire pour tirer au clair cette situation et trouver une solution satisfaisan­te en faveur des victimes qui ne savent plus à quel saint se vouer.

Ce dernier temps, les conflits fonciers sont devenus monnaie courante à Kinshasa où des fa­milles sont jetées dans la rue malgré leurs titres de propriété. Cette situation tant déplorée à travers la capitale risque de ternir l’image des services de l’Etat. Aussi le ministère des Affaires fon­cières est appelé à mettre l’ordre dans son secteur pour éviter à l’avenir une situation comme celles du bloc 1320 à Bandalungwa où des familles entières se retrou­vent dans la rue depuis de 1er août 2009 malgré leurs titres de pro­priété.

(Milor/GM/PKF)

La Tempête des Tropiques