Un mandat de comparution est en voie d’être lancé contre l’Adg de la Sonas dont on voudrait ternir l’image dans le cadre de l’opération Tolérance zéro.
Près d’un mois après la suspension de l’Adg de la Sonas Herman Mbonyo par la ministre du Portefeuille, les langues commencent à se délier dans des officines spécialisées en intrigue et autres coups fourrés. Jusque-là, on ne connaissait que la dimension interne de l’affaire. La crise à la Société nationale des assurances n’avait livré que des implications internes.
Celles des agents révoltés contre le comité de gestion de l’entreprise pour le rabattement de leur salaire bien que les raisons ayant conduit à la prise de cette mesure temporaire aient été suffisamment expliquées en long et en large. Des analystes avisés notent que si la décision du ministre se voulait comme une sanction administrative, l’esprit lui laissait entrevoir un acharnement sur la personne de l’Adg, seul à prendre une sanction pour des motifs qui sont loin de convaincre. Ces analystes soutiennent que les entreprises qui accusent d’arriérés de salaire du personnel ne sont plus à compter dans ce contexte de crise financière internationale. Mais ce n’est pas pour autant que les membres du comité de gestion ont subi le marteau de Mme la ministre.
Aux dires des observateurs, il apparaît de plus en plus que la tête de Herman Mbonyo est mise à prix pour raisons qui n’ont rien à voir avec sa gestion.
Les résultats obtenus en 18 mois seulement de conduite des affaires de la Sonas plaident en faveur de l’Adg qui a fait preuve de savoir faire. L’entreprise a commencé à regagner la confiance des souscripteurs. Ceux-ci ont petit à petit renoué avec la culture des assurances.
Quelles sont alors les raisons véritables de l’acharnement dont est victime ce fils du pays ? Les milieux mieux informés font état, entre autres, d’un conflit né avec la hiérarchie ayant la tutelle technique, suite au refus de Herman Mbonyo de verser dans les anti-valeurs de la IIème République. A cette époque de triste mémoire, l’injonction du ministre de tutelle ne devrait souffrir d’aucun acte de désobéissance. Les temps ont évolué. C’est ainsi que Herman Mbonyo, pétri de la culture occidentale où il a fourbi ses armes, a refusé d’agréer une agence de courtage du Congo/Brazzaville qui a un contentieux avec la Sonas depuis 1997. 200. 000 dollars étaient mis en jeu pour l’obtention de l’agrément. Après étude du dossier par les avocats la Sonas rejettera la demande.
Cet acte de refus sera qualifié d’affront et méritait sanction. Bulletins d’informations et accusations…tout y passera. Le plus ridicule de ces accusations veut que Mbonyo fait le trafic d’influence et se targuerait d’être originaire de Kibangulo dans le Maniema. La vérité est que la tribu ne serait pas un atout pour cet homme qui a fait preuve d’une grande expertise dans les assurances, et une transparence dans les recettes qu’aucun de ses prédécesseurs n’a réalisées. Ces millions ont toujours existé à la Sonas. C’est peut-être le moment de se demander à quoi ils ont servi pendant toutes ces années.
Depuis la suspension de Mbonyo, d’anciens directeurs de la Sonas, ceux qui sont coupables de la mise à mort et du pillage de cette entreprise sont mis à contribution pour charger le dossier judiciaire ouvert en cachette contre Herman Mbonyo. Des sources proches du dossier font état d’un mandat de comparution lancé contre l’Adg Mbonyo. Il lui est reproché d’avoir détourné 160 millions d’euro avec lesquels, il aurait acheté des villas et des véhicules. Mais le but visé est de pouvoir le faire passer à la télé menotté aux poings comme un vulgaire bandit pour faire impression dans le cadre de l’opération Tolérance zéro. Le dossier 023/18137/PGR/SEC est instruit par un magistrat récemment nommé. Nous y reviendrons.
(TN/Yes)
P. N. Goda