Après trois mois de vacances, les membres des deux Chambres du Parlement censés avoir mis à profit ce temps de hors-session parlementaire pour retrouver leur base électorale vont devoir en rendre compte avec l’ouverture de la session de septembre dans moins de deux semaines
Le compte à rebours a commencé pour les sénateurs et députés nationaux, appelés à reprendre, dans deux semaines, leurs places à l’hémicycle de Lingwala. Après deux mois de vacances statutaires, il est à croire qu’ils sont en mesure de rendre compte au souverain primaire de l’état de la Nation. Ceux qui leur avaient accordé leurs suffrages, de manière directe ou indirecte, veulent être renseignés sur l’état des 5 chantiers de la République à Kinshasa comme en provinces.
Leurs anciens électeurs voudraient savoir si les secteurs des infrastructures, de l’Emploi de la Santé, de l’Education, de l’Eau et de l’E1ectricité ont connu des avancées dans l’arrière-pays, comme cela commence à être remarqué à Kinshasa. Les exécutifs et parlements provinciaux font-ils bouger les choses avec leurs propres ressources, en sus de la rétrocession nominale de 40% ? On aimerait le savoir aussi. Car, de l’avis de ceux qui ont l’habitude de fréquenter le Congo profond, les promesses électorales de 2006 sont loin de faire oublier les réalités actuelles en termes de pauvreté, de mortalité, des formations médicales transformées en mouroirs, de chômage, d’enclavement des campagnes, de manque d’eau et d’électricité, des enfants non scolarisés, des écoles et des instituts supérieurs et universités démunis, de pillages des ressources minières, d’abus de pouvoir, etc.
S’auto-évaluer aussi…
Au retour de vacances parlementaires, les sénateurs et députés nationaux pêchent souvent par la diabolisation de l’Exécutif National et des gouvernements provinciaux. Au lieu de verser dans la critique de l’inaction gouvernementale, qu’ils aient cette fois le courage et l’honnêteté de fixer les esprits sur leurs propres réalisations au niveau de leurs bases. On se souvient que lors de la campagne électorale de 2006, ils avaient aussi promis à leur base de nouvelles routes en terre battue, des ponts, des écoles, des hôpitaux, des bornes fontaines pour l’eau potable, des groupes électrogènes, des chambres froides, des scieries, des logements sociaux, des boutiques, des savonneries, des boulangeries, des stations de radios; des chaînes de télévision, des foyers sociaux, des stades, etc.
Dans leur quête des voix pour des mandats législatifs, les candidats députés et sénateurs paraissaient en mesure de suppléer les carences de l’Etat dans la gestion des problèmes communautaires. A mi-mandat, il est temps que chacun disent ce qu’il a fait pour les Congolaises et Congolais de sa contrée, afin de les sortir de l’enclavement, du chômage, des maladies, de l’analphabétisme, de la sous-information, de la misère, de la mendicité. Car, au stade actuel, lorsque l’on parcourt les campagnes et même certaines communes de Kinshasa, l’on se demande où sont passés les « Moïse » de 2006.
En réalité, très peu de députés et sénateurs actuels ont rencontré les attentes de leurs « bases ». Certains, par peur d’avoir à rendre compte, ont arrêté d’aller passer leurs vacances parlementaires dans leurs terroirs. La plupart préfèrent rester à Kinshasa. Certains choisissent carrément des séjours prolongés à l’étranger, sous divers prétextes. Une infime minorité d’honorables » ose encore retourner dans leurs territoires et villages d’origine, car incapables de rendre l’ascenseur aux populations qui les avaient hissés au perchoir.
Appel à Kabila aux journées politiques de l’IPRIS de s’appuyer sur les forces nationalistes
En prévision de la rentré parlementaire qui interviendra lundi 15 septembre 2009, l’Institut panafricain des relations Internationales et stratégiques (IPRIS) a organisé du jeudi 27 au vendredi 28 août 2009, à l’hôtel Cassopies, situé dans la commune de la Gombe, deux importantes Journées de réflexions politiques de l’Espace républicain de débat citoyen. Le thème choisi était: “Les enjeux et défis de la rentrée parlementaire de septembre 2009/Quid de l’Alliance AMP-PALU-UDEMO : maintien ou rupture ?
Au cours de ces deux journées qui feront date dans l’histoire politique de la RDC, les participants ont suivi, avec une attention soutenue, l’exposé du professeur Philippe Biyoya Makutu, axé sur les rôles de la majorité et de l’opposition dans une démocratie parlementaire. Il a démontré l’intérêt de réfléchir profondément sur l’imminente rentrée parlementaire du lundi 15 septembre de façon à éviter certains dérapages.
L’ambassadeur André Alain Atundu Liongo a parlé du sort politique de l’Alliance AMP-PALU, accord qu’il a jugé stable. Le professeur Ngoma Binda a planché sur les idéologies et des crises politiques provoquées par manque d’idéologies. Il a expliqué l’importance de la coalition AMP-PALU.
Dédé Mulosa Kashama Nkoyi a parlé du budget de l’Etat et assainissement économique financier, analyse du contexte. Professeur Kambayi Bwatsha quant à lui a planché sur la culture politique congolaise et débats parlementaires. A son tour, le professeur Banyaku a expliqué la dynamique de changement d’alliances politiques, etc.
AMP-PALU-UDEMO bientôt un grand parti politique ?
A l’issue de ces deux journées politiques, parmi les recommandations, tout en saluant les efforts du chef de l’Etat pour le rétablissement de la paix et la sécurité dans l’Est de la RDC, les participants ont demandé au président Joseph Kabila Kabange de poursuivre son action salvatrice en faveur du redressement du pays avec l’appui des forces nationalistes dont il assume l’héritage.
Aux députés et sénateurs, ils ont demandé de s’activer à la réforme de l’arsenal juridique de la RDC ; de respecter les règles du jeu démocratiques et d’honorer les engagements auxquels ils ont souscrit vis-à-vis de la nation en général et de leurs bases respectives en particulier. Aux membres de l’AMP, les participants ont exigé de jouer leur rôle d’appui à la politique et au programme du gouvernement issu de cette majorité, sans omettre le soutien au gouvernement dans ses efforts de redressement de la RDC. Ils les ont invités également à ne pas saper son action.
Au regard du danger que représentent les multiples motions contre le gouvernement issu de l’Alliance AMP-PALU-UDEMO et des crises entre ses membres, les participants ont demandé que cette structure politique évolue en un grand parti politique par un mariage non pas d’intérêt, mais d’idéologie autour du chef de l’Etat.
Aux sénateurs et députés de l’opposition, les participants ont préconisé qu’ils s’érigent en contrepoids au pouvoir dirigeant dont ils ont vocation de contrôler efficacement et honorablement l’action au nom et pour le compte de l’intérêt supérieur du peuple souverain.
Un grand congrès du PALU
Au Parti lumumbiste unifié (PALU), dans la perspective de la célébration du cinquantième anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, les participants ont demandé de convoquer un grand congrès au cours duquel le patriarche Antoine Gizenga, témoin oculaire de l’idéologie lumumbiste devra prêcher solennellement au peuple congolais le contenu de cette idéologie aujourd’hui tant biaisée et tordue par nombreux prétendus lumumbistes.
A l’Institut panafricain des relations internationales et stratégiques (IPRIS) ainsi qu’à l’Espace républicain du débat citoyen (EREDEC), les participants ont demandé de veiller à ce que les auteurs politiques, économiques, sociaux et culturels de la RDC, toutes tendances confondues, prennent activement part à cet espace républicain qui constitue une interface entre les populations et les institutions autour de ce noble débat citoyen qu’ils veulent plus ou moins permanent.
A la société civile congolaise, les participants aux journées politiques ont demandé de reconquérir sa véritable identité, en tant que porteuse de profondes aspirations du peuple, celle d’arbre auquel il est encore possible de cueillir de bons fruits susceptibles de soutenir et de maintenir en équilibre la santé physique et mentale de la nation en matière de bonne gouvernance, de démocratie et d’éthique...
(DN/TH/GW/Yes)
Le Phare/L’Observateur