assemblée nationaleLe compte à rebours a commencé pour les séna­teurs et députés nationaux, appelés à reprendre, dans deux semaines, leurs pla­ces à l’hémicycle de Lin­gwala. Après deux mois de vacances statutaires, il est à croire qu’ils sont en mesure de rendre compte au souverain primaire de l’état de la Nation. Ceux qui leur avaient accordé leurs suf­frages, de manière directe ou indirecte, veulent être renseignés sur l’état des 5 chantiers de la République à Kinshasa comme en pro­vinces.

Leurs anciens élec­teurs voudraient savoir si les secteurs des infrastructures, de l’Emploi de la Santé, de l’Education, de l’Eau et de l’E1ectricité ont connu des avancées dans l’arrière-pays, comme cela commence à être remarqué à Kinshasa. Les exécutifs et parlements provinciaux font-ils bouger les choses avec leurs propres ressources, en sus de la rétrocession nominale de 40% ? On aimerait le savoir aussi. Car, de l’avis de ceux qui ont l’habitude de fréquenter le Congo profond, les promesses électorales de 2006 sont loin de faire oublier les réalités actuelles en termes de pauvreté, de mortalité, des formations médicales transformées en mouroirs, de chômage, d’enclavement des campagnes, de manque d’eau et d’électricité, des enfants non scolarisés, des écoles et des instituts supérieurs et universités démunis, de pillages des ressources minières, d’abus de pouvoir, etc.

S’auto-évaluer aussi…

Au retour de vacances  parlementaires, les sénateurs et députés nationaux pêchent souvent par la diabolisation de l’Exécutif National et des gouverne­ments provinciaux. Au lieu de verser dans la critique de l’inaction gouvernemen­tale, qu’ils aient cette fois le courage et l’honnêteté de fixer les esprits sur leurs propres réalisations au niveau de leurs bases. On se souvient que lors de la cam­pagne électorale de 2006, ils avaient aussi promis à leur base de nouvel­les routes en terre battue, des ponts, des écoles, des hôpitaux, des bornes fon­taines pour l’eau potable, des groupes électrogènes, des chambres froides, des scieries, des logements so­ciaux, des boutiques, des savonneries, des boulangeries, des stations de radios; des chaînes de télévision, des foyers sociaux, des stades, etc.

Dans leur quête des voix pour des mandats législa­tifs, les candidats députés et sénateurs paraissaient en mesure de suppléer les carences de l’Etat dans la gestion des problèmes communautaires. A mi-man­dat, il est temps que chacun disent ce qu’il a fait pour les Congolaises et Congolais de sa contrée, afin de les sortir de l’enclavement, du chômage, des maladies, de l’analphabétisme, de la sous-information, de la mi­sère, de la mendicité. Car, au stade actuel, lorsque l’on parcourt les campagnes et même certaines communes de Kinshasa, l’on se de­mande où sont passés les  « Moïse » de 2006.

En réalité, très peu de députés et sénateurs actuels ont rencontré les attentes de leurs « bases ». Certains, par peur d’avoir à rendre compte, ont arrêté d’aller passer leurs vacances parlementaires dans leurs terroirs. La plupart préfèrent rester à Kinshasa. Certains choisissent carrément des séjours prolongés à l’étranger, sous divers prétextes. Une infime minorité d’honorables » ose encore retourner dans leurs territoires et villages d’origine, car incapables de rendre l’ascenseur aux populations qui les avaient hissés au perchoir.

Appel à Kabila aux journées politiques de l’IPRIS de s’appuyer sur les forces nationalistes

En prévision de la rentré parlementaire qui interviendra lundi 15 septembre 2009, l’Institut panafricain des relations Internationales et stratégiques (IPRIS) a organisé du jeudi 27 au vendredi 28 août 2009, à l’hôtel Cassopies, situé dans la commune de la Gombe, deux importantes Journées de réflexions politiques de l’Espace républicain de débat citoyen. Le thème choisi était: “Les en­jeux et défis de la ren­trée parlementaire de septembre 2009/Quid de l’Alliance AMP-PALU­-UDEMO : maintien ou rupture ?

Au cours de ces deux jour­nées qui feront date dans l’his­toire politique de la RDC, les participants ont suivi, avec une attention soutenue, l’exposé du professeur Philippe Biyoya Makutu, axé sur les rôles de la majorité et de l’opposition dans une démocratie parlementaire. Il a démontré l’intérêt de réflé­chir profondément sur l’immi­nente rentrée parlementaire du lundi 15 septembre de façon à éviter certains dérapages.

L’ambassadeur André Alain Atundu Liongo a parlé du sort politique de l’Alliance AMP­-PALU, accord qu’il a jugé stable. Le professeur Ngoma Binda a planché sur les idéologies et des crises politiques provoquées par manque d’idéologies. Il a expliqué l’im­portance de la coalition AMP-­PALU.

Dédé Mulosa Kashama Nkoyi a parlé du budget de l’Etat et assainissement éco­nomique financier, analyse du contexte. Professeur Kambayi Bwatsha quant à lui a planché sur la culture politique congo­laise et débats parlementaires. A son tour, le professeur Banyaku a expliqué la dynami­que de changement d’allian­ces politiques, etc.

AMP-PALU-UDEMO bientôt un grand parti poli­tique ?

A l’issue de ces deux journées politiques, parmi les recommandations, tout en sa­luant les efforts du chef de l’Etat pour le rétablissement de la paix et la sécurité dans l’Est de la RDC, les participants ont demandé au président Joseph Kabila Kabange de poursuivre son action salvatrice en faveur du redressement du pays avec l’appui des forces nationalistes dont il assume l’héritage.

Aux députés et séna­teurs, ils ont demandé de s’ac­tiver à la réforme de l’arsenal juridique de la RDC ; de res­pecter les règles du jeu démocratiques et d’honorer les enga­gements auxquels ils ont souscrit vis-à-vis de la nation en général et de leurs bases respectives en particulier. Aux membres de l’AMP, les participants ont exigé de jouer leur rôle d’appui à la poli­tique et au programme du gou­vernement issu de cette ma­jorité, sans omettre le soutien au gouvernement dans ses efforts de redressement de la RDC. Ils les ont invités également à ne pas saper son ac­tion.

Au regard du danger que représentent les multiples motions contre le gouverne­ment issu de l’Alliance AMP-­PALU-UDEMO et des crises entre ses membres, les parti­cipants ont demandé que cette structure politique évolue en un grand parti politique par un mariage non pas d’intérêt, mais d’idéologie autour du chef de l’Etat.

Aux sénateurs et députés de l’opposition, les partici­pants ont préconisé qu’ils s’érigent en contrepoids au pouvoir dirigeant dont ils ont vocation de contrôler efficace­ment et honorablement l’ac­tion au nom et pour le compte de l’intérêt supérieur du peu­ple souverain.

Un grand congrès du PALU

Au Parti lumumbiste uni­fié (PALU), dans la perspective de la célébration du cinquan­tième anniversaire de l’indé­pendance de la République démocratique du Congo, les participants ont demandé de convoquer un grand congrès au cours duquel le patriarche Antoine Gizenga, témoin ocu­laire de l’idéologie lumumbiste devra prêcher solennellement au peuple congolais le con­tenu de cette idéologie aujourd’hui tant biaisée et tordue par nombreux prétendus lumumbistes.

A l’Institut panafricain des relations internationales et stratégiques (IPRIS) ainsi qu’à l’Espace républicain du débat citoyen (EREDEC), les parti­cipants ont demandé de veiller à ce que les auteurs politiques, économiques, sociaux et culturels de la RDC, toutes tendances confondues, prennent activement part à cet espace républicain qui constitue une interface entre les populations et les institutions autour de ce noble débat citoyen qu’ils veu­lent plus ou moins permanent.

A la société civile congo­laise, les participants aux journées politiques ont demandé de reconquérir sa véritable identité, en tant que porteuse de profondes aspirations du peuple, celle d’arbre auquel il est encore possible de cueillir de bons fruits susceptibles de soutenir et de maintenir en équilibre la santé physique et mentale de la nation en ma­tière de bonne gouvernance, de démocratie et d’éthique...

(DN/TH/GW/Yes)

Le Phare/L’Observateur