mashakoL’option d’assainir le secteur de l’Enseignement supérieur et universitaire avait été levée au cours du Conseil des ministres tenu lundi 22 juin 2009. A cette réunion, le ministre de l’Esu Léonard Mashako Mamba avait présenté aux membres du Conseil le rapport sanctionnant l’enquête nationale dans le cadre de l’audit organisationnel et de viabilité des établissements de l’Enseignement supérieur et universitaire.

Dans l’ensemble, il ressort de ce rapport que le secteur de l’Esu présente à ce jour un visage triste, dégradant et médiocre pour le pays et que cette situation peu reluisante risque de compromettre dangereusement et pour longtemps le sort socio-économique de la République démocratique du Congo.

De plus, le rapport relève également que les conditions de l’offre de l’éducation au supérieur, tant sur le plan de l’organisation, des infrastructures, des ressources humaines, financières, matérielles que de la gouvernance des établissements relevant de ce secteur, sont lamentables. Le rapport du ministre Mashako indique enfin que certaines filières de formation ne sont pas suffisamment organisées  pour permettre l’orientation des jeunes vers  des métiers professionnels et techniques.

Tel que décrit dans ce rapport, le tableau que présente ce secteur appelle des mesures drastiques de redressement. Ainsi, le Conseil, après débats et délibérations, a opportunément pris plusieurs décisions en vue d’assainir ce secteur avant la rentrée académique prévu pour le 15 octobre 2009. Entre autres décisions, celle d’organiser un audit au mois de juillet à l’issue duquel les experts du ministère allaient se pencher sur la mise à jour des différents textes qui organisent et régissent ce secteur. Le cas du texte instituant et réglementant le fonctionnement du Centre interdisciplinaire pour l’éducation permanente – Cidep – ne devrait pas échapper à ces experts, dans la mesure où cette institution supérieure créée par l’ordonnance-loi n° 025/81 du 3 octobre 1981, a té déviée de ses missions originelles lui assignées par le législateur, à savoir, entre autres,  celles d’organiser des séminaires de formation et de dispenser des cours de mise à niveau. Cela étant entendu que sa raison d’être est d’offrir à quiconque ayant interrompu son cursus de formation dans une institution d’enseignement donnée a l’occasion d’améliorer ses connaissances par son biais.

Le temps de la dérive !

Pendant deux décennies, le Cidep a fonctionné en se conformant scrupuleusement par rapport à ces missions, avant de s’en détourner au début de la décennie 2000, à l’arrivée à la tête de l’Esu de 3 personnalités politiques qui vont détourner l’institution de ses missions classiques : Omer Kutumisa Kyota, Emile Ngoy et Lola Kisanga.

En effet, en 2001, Omer Kutumisa a pris les rênes du ministère et s’est autorisé d’ouvrir un cycle de graduat dans six filières dont les sciences sociales, les sciences infirmières, la criminologie, le développement à la base, l’informatique et le droit.

Puis, après lui, prenant le relais de ce dernier, Emile Ngoy et Lola Kisanga ont  fermé les yeux sur cette entorse et maintenu en l’état l’industrie de la fabrication en série des gradués au sein du Cidep baptisé entre-temps Université ouverte ! Venu à leur suite, Théo Baruti est celui qui a davantage enfoncé le clou dans l’illégalité. Il a d’abord ouvert le premier cycle (licence), puis le second (doctorat).

Au début de cette année, Léonard Mashako Mamba, qui a atterri à l’avenue du Haut Commandement, s’est mis à éplucher tous les dossiers du ministère et a constaté en fin de compte le désordre qui y a élu domicile. Il s’est alors investi dans cette campagne d’assainissement de son secteur dont les résultats se font sentir aujourd’hui, au terme d’une tâche aussi immense qu’ardue !

Au sein du Cidep qui, par exemple, s’est auréolé du titre ronflant de université ouverte, alors qu’il ne dispose pas de laboratoires et de matériels didactiques appropriés, il entame une croisade sans relâche qui a abouti la semaine dernière au résultat de la fermeture de cette institution, au grand dam des étudiants, des corps administratifs, scientifiques et académiques.  !

Pour toutes les raisons liées à l’inobservance des textes réglementaires qui ont institué le Cidep, Léonard Mashako Mamba a donc résolument pris le parti de mener à bien le pari d’assainir le secteur de l’enseignement supérieur et universitaire, advienne que pourra !

Aux étudiants en phase de formation, il a promis des mesures d’encadrement, en organisant leur transfert et leur réinscription dans les institutions existantes qui fonctionnent dans le respect des normes régissant le secteur de l’enseignement supérieur et universitaire. En principe, on ne devrait donc pas entendre des récriminations de ce côté-là.

Il est donc indécent d’affirmer que l’on se trouve en présence d’un acharnement quelconque du Gouvernement – et non d’un membre de ce gouvernement – alors qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’affirmer l’autorité de l’Etat en imposant le respect de la loi dans tous les secteurs relevant de sa souveraineté ! Au Cidep on devra se faire à cette réalité intangible : dura lex, sed lex !

(DN/CV/Yes)

Clément Vidibio/MMC