kasai orientalkasai occidentalEnviron 18 conflits opposent la province du Kasaï Oriental à ses voisines, en l’occurrence le Katanga, le Maniema et le Kasaï Occidental. Concernant particulièrement les deux Kasaï, 14 conflits ont été répertoriés. Le plus important est celui du lac Munkamba. *Grâce aux bons offices de Evariste Boshab, Président de l’Assemblée nationale, un accord a été finalement trouvé à l’issue de la rencontre de la délégation du Kasaï Oriental, et celle du Kasaï Occidental.

Le centre de la République démocratique du Congo, en particulier la province du Kasaï Oriental, connaît ces derniers temps des tentions dont si le Gouvernement n’ouvre pas l’œil, et le bon, risque de dégénérer en conflit ouvert entre ces peuples frères. Ainsi, des tensions foncières sont observées à Ngandanjika dans le Groupement Baluba Shankadi, à Miabi et dans les territoires de Kabinda et de Katanda (Kasaï Oriental), ainsi qu’entre les provinces du Kasaï Oriental et Occidental d’une part et entre le Kasaï Oriental et le Katanga d’autre part.

Ces conflits dont les contours et les motivations ne sont pas connus du public interviennent pendant que le Gouvernement, sous l’impulsion du Chef de l’Etat Joseph Kabila, s’emploie à mettre hors d’état de nuire les forces négatives à l’Est de la République démocratique du Congo.

Selon une source digne de foi, les délégations du Kasaï Oriental et du Kasaï Occidental ont entamé des négociations le samedi dernier au lac Munkamba, à plus de 120 Kilomètres à l’ouest de la ville de Mbuji-Mayi. Cette rencontre avait pour mission principale de jeter les bases du règlement définitif en rapport avec près d’une vingtaine de conflits fonciers qui opposent la province du Kasaï oriental et ses voisines.

Précisons toutefois qu’environ 18 conflits opposent le Kasaï Oriental à ses voisins, en l’occurrence le Katanga, le Maniema et le Kasaï Occidental. Concernant particulièrement les deux Kasaï, 14 conflits ont été répertoriés. Le plus important étant celui du lac Munkamba.

Pour le Kasaï Oriental, ce lac appartient aux deux provinces. Ce que rejette catégoriquement le Kasaï Occidental qui se l’approprie exclusivement. La plupart de ces conflits opposent les territoires de Kabeya Kamwanga et Kamiji (Kasaï Oriental) à ceux de Dimbelenge et Dibaya (Kasaï Occidental). D’après le ministre provincial de l’Intérieur du Kasaï Oriental, Lazare Tshipinga, cité par nos sources, les conflits sont essentiellement liés à la révision de l’Ordonnance loi de 1967. Parmi les causes les plus citées figurent l’exploitation des gisements de diamant et la recherche des terres arables.

Evariste Boshab scelle la réconciliation

D’après plusieurs sources concordantes, les conflits fonciers entre les deux provinces ont fait plusieurs victimes ainsi que des dégâts matériels énormes. Le risque de débordements doit être évité. Et c’est pour ce faire que le Président de l’Assemblée nationale, Evariste Boshab Mabudj avait participé à ces discussions en vue d’une résolution pacifique. Le premier des élus du peuple connaît bien les réalités de ces deux provinces. Il est d’ailleurs originaire du grand Kasaï.

Un accord a été trouvé finalement à l’issue de la rencontre entre les délégations du Kasaï Oriental et du Kasaï Occidental, en rapport avec les conflits fonciers qui opposent les deux provinces. C’était le samedi 29 août dernier, tard dans la soirée, au Lac Munkamba. Cette localité est située à mi-chemin, entre les deux provinces. Les deux parties ont convenu que chaque province reste dans ses limites actuelles. Et ce, grâce aux bons offices de Evariste Boshab, Président de l’Assemblée nationale. Une option que l’opinion approuve en connaissance de cause.

Après l’ouverture de ce grand rendez-vous, les deux parties se sont réunies à huis clos, comme décidé aussitôt après l’arrivée sur le lieu de la délégation du Kasaï Oriental. Dans ce contexte, des discussions vives, on dirait très vives ont eu lieu compte tenu de l’intransigeance des uns et des autres autour de la pomme de discorde : le dossier ultra sensible de l’appartenance du prestigieux lac Munkamba.

Notons qu’au départ, les deux groupes ne s’étaient pas mis d’accord sur le lieu exact où devait se tenir cette rencontre. La délégation du Kasaï Oriental avait érigé la tribune dans la localité de Bena Kasa, dernier village de cette province, où une cérémonie y relative a été préalablement organisée en l’absence de la délégation du Kasaï occidental.

Face à la confusion qui a failli régner, le Président de l’Assemblée nationale, Evariste Boshab, a lancé un appel à l’apaisement. Et son appel a été entendu par les négociateurs. Dans leurs déclarations respectives, les deux Gouverneurs de province, Alphonse Ngoy Kasanji du Kasaï Oriental, et son homologue et frère Trésor Kapuku du Kasaï Occidental, ont manifesté leur volonté de promouvoir la paix et surtout la fraternité ; minimisant de ce fait le différend qui les oppose. Ce sont des choses qui arrivent souvent entre frères.

Dans le communiqué final lu par le ministre chargé de l’Administration provinciale du Kasaï occidental, à l’issue de cette rencontre, les deux parties ont sollicité l’implication de leurs Assemblées provinciales. Elles ont recommandé que chaque administration continue de fonctionner dans ses limites actuelles, en attendant la résolution définitive de cette question. Cependant, le rapporteur n’a pas précisé le lieu et l’endroit où devra se tenir la rencontre prochaine.

Le Gouvernement charge le ministre Mbuyu de l’intérieur

Même si l’entente a été trouvée entre les deux peuples du Grand Kasaï, soulignons toutefois que le Gouvernement de la République, lors de son conseil des ministres du vendredi 28 août 2009, a chargé le Ministre Mbuyu de l’Intérieur d’agir pour réduire ces tensions.

En effet, il est du devoir du Chef de l’Etat, entant que garant de la Sécurité et de l’intégrité du territoire de s’impliquer comme il l’a fait dans la partie Est du pays. L’objectif poursuivi étant de pacifier les cœurs et les esprits de la population du Grand Kasaï, au moment où la décentralisation prônée par la Constitution de 2006 trouve de la peine à se matérialiser.

L’opinion devra aussi avoir en tête que plusieurs conflits que la province du Kasaï Oriental a connu, ont toujours eu une connotation politique. Ces conflits, comme on le sait, ont opposé les populations sœurs de Bena Nshimba et Bena Kapuya, dans le territoire de Katanda, sous région de Kabinda. Comme raison fondamentale, la querelle autour d’un gisement de ciment qui n’a jamais été exploité.

D’ailleurs, personne ne comprend le bien-fondé de cet agir de l’homme politique congolais, surtout de la province du Kasaï Oriental, pendant que la province est parmi les plus pauvres de la République ! Un paradoxe, lorsqu’on connaît comment cette province est gâtée par la providence. Ces politiciens devraient d’abord se préoccuper à améliorer les conditions de vie de cette population, au lieu de l’opposer, freinant de cet effet tout élan de développement du pays, au moment où la crise financière internationale est entrain de battre le record dans la province.

La Rdc ne connaît pas de problème de terre

Ce qui arrive au Kasaï Oriental dépasse tout entendement, dans la mesure où cette province parmi les 11 que compte le pays, ne connaît pas un déficit de terres arables. Il est vrai que certains pays limitrophes de la Rdc, notamment le Rwanda, ont un sérieux problème d’espace vital. C’est la raison pour laquelle une guerre injuste a été imposée à la Rdc, dont l’objectif était d’installer certaines populations d’origine rwandophone.

A ce jour, on ne peut pas accepter qu’une même population, qu’elle soit du Kasaï Oriental ou du Kasaï Occidental entre en guerre contre elle-même, au moment où certains défis nécessitent la réunion de tous les fils du Grand Kasaï.

(TN/Milor/GW/Yes)

L’Avenir