L’école de la pè­gre congolaise n’en finit pas de lâcher  ses « finalistes » au soin de notre société. Au fil des semaines et des mois, au terme d’un « apprentissage Criminel » émaillé des accrochages avec les éléments de la police ou de l’armée, on voit surgir de nos quar­tiers mal famés, en dépit de quelques arrestations, de nouveaux truands et autres malfaiteurs qui reprennent le flambeau de cette « école » de la délinquance et sécrètent la violence.

On ne le dit peut-être pas assez, des inci­dents malheureux qui sur­viennent des ghettos de notre ville, au fil des jours et des semaines, sous la rubrique des faits divers, montrent aux yeux des ana­lystes que le passage de la petite à la grande crimina­lité, est sanctionné par une des épreuves à laquelle les truands en herbe ne s’atten­dent pas.

Une de ces « épreuves de feu » s’est déroulée dans la nuit du 26 au 27 août der­niers, dans la commune de Kasa-vubu. Elle était dirigée pour la circonstance, par Baudric, 21 ans, et avait pour but de tester les aptitu­des de ses comparses à af­fronter les forces de l’ordre. Tout a commencé par une vague d’extorsions. Vers minuit, Baudric secondé par Righen, et accompagné de Bienvenu et Yannick Okita­lodi, Jacques Wazo, Richard Mamona et Jeancy Diwala, s’étaient postés au coin des avenues Ethiopie et Popo­kabaka. De ce poste d’observation, ils pouvaient sui­vre de loin tous les mouvements des victimes ou celle des policiers sur les deux avenues, avant de prendre la poudre d’escampette.

A ce croisement, tout piéton était délesté de ses biens de valeur. Téléphones cel­lulaires, argent, bijoux et autres montres-bracelets tombaient dans l’escarcelle des malfaiteurs. Hommes, femmes, jeunes et vieux de passage à ce coin, furent agressés sans ménagement. Les Kulunas en herbe ont appris cette nuit-­là, les rudiments des extor­sions des paisibles citoyens à l’aide des armes blanches. Tout débute par des mena­ces, passé par des brutali­tés et se termine par l’extor­sion des effets des victimes traumatisées.

La fin tragique d’une aventure criminelle des Kuluna

Pendant que la ban­de à Baudric allongeait son palmarès par des braqua­ges, le commissariat de police de Kasa-vubu fut alerté par des informateurs occa­sionnels. Immédiatement, une est équipe constituée, sa mission consistait à descendre sur le terrain, appré­hender et conduire au poste de police les malfaiteurs qui agressent la population dans le secteur.

Avant d’atteindre le coin, les patrouilleurs ont été préve­nus de la capacité de nui­sance de Baudric et de ses acolytes. Ils ont ceinturé le secteur et resserraient l’étau autour des Kulunas. Le dis­positif s’est révélé payant. Lors de l’accrochage, les policiers ont dû faire usage des armes. Deux blessés Baudric, sans adresse fixe, atteint par des balles au ventre, au talon et à la jambe droite, Righen, habitant sur avenue Nyasa n°38, quartier Petrocongo, com­mune de Masina, touché à la jambe droite. Dépités, les autres membres de la bande ont été cueillis comme des fruits mûrs.

Il s’agit de Bienvenu Okita­lodi, demeurant sur ave­nue Popokabaka. n°16, commune de Kasa-vubu, Jacques Wazo, habitant sur avenue Dibaya n°35, même commune, et Richard: Ma­mona, résidant sur avenue Luanza n°22 bis, à Makala. Deux Kulunas qui croyaient échapper à ce coup de filet, ont été eux aussi mis aux arrêts. Yannick Okitalodi, domicilié sur avenue Po­pokabaka n°16 et Jeancy Diwala, habitant sur avenue Kimayala n° 38, commune de Bumbu.  Lors de son transfert à l’hôpital général de réfé­rence de Kinshasa, Baudric a succombé de suites de ses blessures.

Ainsi s’est achevée de manière tragique; pour le chef de bande, la vague d’extorsions perpétrée à Kasa-vubu, dans la nuit du mercredi à jeudi dernier. Ses comparses poursuivis pour extorsions, ne pourront pas assister à ses funérailles. Ils s’atten­dent à ce que leur dossier judiciaire soit transmis au Parquet de grande instance de Kalamu.

L’insuffisance des effectifs aux postes de police bloque les interventions des agents de l’ordre


Reconnaissables par leur tenue de police et évitant d’emprunter des avenues éclairées, de peur de se frotter aux patrouilles régulières, sept inciviques souvent ivres d’alcool indigène, organisent à partir de 23 heures jusqu’à l’aube des rondes nocturnes à travers les rues sombres de la commune de Mont Ngafula. Objectif, arracher des colis et autres effets. Telle est la plainte que ne cessent de formuler depuis 2008, les victimes des extorsions qui ne savent plus à quel saint se vouer. Les postes de police installés dans ce secteur n’osent traquer ces inciviques, à cause de l’insuffisance des effectifs de policiers commis au service de garde. Quelquefois, ils sont seulement quatre pour tout le poste. Avec un tel effectif réduit, indique un habitant du coin, il est hasardeux d’en détacher deux unités pour les envoyer affronter un peloton des malfaiteurs.

Dans la nuit du 27 au 28 août, ces inciviques assurés, dès lors que les patrouilles pé­destres ne sont pas organi­sées sur certaines artères, arrachent tout aux piétons rencontrées au cours de leur ronde. Une dame excédée par ces extorsions, s’inter­roge si ces délinquants en uniforme ne sont pas renseignés auparavant sur le déploiement des patrouilles régulières. Pour elle, un complice formerait la ban­de sur le programme des patrouilles pédestres et mo­torisées, peut-être aussi sur les effectifs présents la nuit aux différents postes de police. Car, cette dame ne comprend pas comment les services de police ne par­viennent à neutraliser cette bande.

Pourtant, ces sept inciviques opèrent avec une facilité surprenante, sûrs de ne pas être inquiétés. Peu avant 1 heure du matin, jeudi dernier, ces dé­linquants ont dépouillé M. Kanu et Mayanga, de leurs téléphones et quelques billets de banque dont 18 dollars et 23.000 Fc. Le 15 août, cette même bande avait menacé M. Benjamin Mpanya, rési­dant sur avenue Mangenga n°5, quartier Kimbwala.

L’homme ne s’est pas laissé faire. Il a opposé une résistance farouche qui a obligé les délinquants en tenue de tirer sûr lui. Les balles l’ont atteint au bras droit aux côtes gauches. Ces actes de cri­minalité sont légion dans cette partie de la capitale où la population réclame que soient mis hors d’état de nuire, toutes ces bandes des délinquants en uniforme, comme celles qui s’étaient illustrées aux quar­tiers Masanga Mbila, Mama Yemo et Kindele.

(TH/DN/PF)

JRT/Le Phare