terrilUne grande confusion règne au sein de la Gécamines, où la rumeur de la démission de son Adminis­trateur Délégué Général, Paul Fortin, court dans tous les sens. Cette entreprise publique fonctionne, depuis quelques jours, comme un monstre sans tête, en rai­son de la morosité qui s’est installée au sein de son Comité de gestion, depuis que son animateur principal aurait pris ses distances au chapitre de sa gestion quo­tidienne.

Après l’accalmie intervenue à la Gécamines il y a trois mois, suite aux assurances données par le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, Jean-Claude Masangu, quant à l’existence physique, dans les coffres de cette institu­tion financière, de 50 mil­lions de dollars américains issus du « pas de porte chi­nois », c’est de nouveau la montée de tension. Celle-ci est liée aux informations, de plus en plus persistantes en circulation dans les mi­lieux du personnel de cette entreprise publique, plus précisément dans ses sites miniers de Lubumbashi, Li­kasi, Kolwezi, Shinkolobwe et autres, et faisant état de la démission de son Admi­nistrateur Directeur Géné­ral, Paul Fortin.

L’intéressé, indique-t-on, aurait déposé sa démission auprès de qui de droit il y a bientôt deux semaines. A cet effet, on lui aurait demandé d’exécu­ter un préavis de 45 jours, avant de rendre définitive­ment le tablier. Selon des sources proches de la haute direction de la Gécamines, Paul Fortin aurait décidé de quitter son poste d’Admi­nistrateur Délégué Général à cause des violations intempestives et répétées du « Plan de trésorerie » qu’il avait élaboré à son arrivée à sa tête, dans l’intention bien arrêtée de mettre un terme à la saignée de ses finances.

Il semble qu’à chacune de ses absences du pays, il a toujours trouvé des trous béants dans la caisse, pro­voqués aussi bien par ses collaborateurs que par des injonctions provenant des forces occultes opérant en dehors de cette entreprise publique. Ces ponctions répétées dans les caisses de la société étaient d’autant nuisibles qu’elles hypothé­quaient tous les efforts dé­ployés pour la relance de sa production et le retour de ses comptes au veil.

Las d’être continuel­lement le dindon de la farce au sein de la Gécamines, où il  apparaissait de plus en plus comme un ADG en car­ton, Paul Fortin aurait jugé plus juste de partir. Toutes les tentatives amorcées dans l’espoir de le faire parler sont restées vaines, son télé­phone portable émettant invariablement les formules rituelles de « correspondant éteint ou hors périmètre ».

Au moment où le départ de Paul Fortin attend con­firmation, la question qui se pose est de savoir dans quel état de santé, financiè­re et technique, il laisse la Gécamines. Une chose est au moins certaine : à son avènement, cette entreprise publique se trouvait dans un état comateux. Les circons­tances se prêtent sans dou­te à la revisitation du contrat passé entre l’Etat congolais et le groupe Sofreco, dans l’optique du partenariat « win-win » Public-Privé, sous l’égide du ministère du Portefeuille.

C’est au regard des résultats du mandat du Comité de gestion dirigé par Paul Fortin que l’on pourrait soit se réjouir, soit verser des larmes après sa démis­sion annoncée.

(DN/TH/GW/Yes)

Kimp./Le Phare