L’Organisation des médias congolais (Omec) réunit depuis mercredi des représentants des entreprises de presse et associés de la RDC pour des concertations autour de l’élaboration d’un projet de conventions collectives pour la défense des intérêts des opérateurs de la corporation
Pivot de développement de par sa mission de service public ; les médias en Rdc ne jouent plus ce rôle comme il se doit. Comme qui dirait la profession se porte mal. Dans le souci de redresser ce secteur qui constitue le 4ème pouvoir, les professionnels des médias qui se réunissent depuis mercredi 26 août au siège de l’Organisation des médias Congolais (Omec) réfléchissent sur la convention collective.
Objectif: doter le secteur médiatique congolais d’une convention collective qui placera les professionnels de médias au centre d’intérêt de son activité. Les professionnels des médias qui prennent donc part à ces assisses réfléchiront sur les stratégies à arrêter pour rendre effective la convention collective. Car de l’avis du Secrétaire général à la communication et aux médias, Serge Ilukenge qui a ouvert cet atelier: « seule la convention collective ne sera pas la panacée pour sortir définitivement le professionnel des médias de l’ornière où il galère depuis des lustres il faudrait, précise-t-il, explorer des pistes susceptibles de renforcer les capacités économiques et managériales des entreprises médiatiques pour que l’adoption de la convention collective à naître de cet atelier ne se limite pas seulement aux bonnes intentions sans apporter un changement tangible des conditions socioprofessionnelles des hommes et des femmes de medias.
L’adoption de la convention collective permettra aux professionnels de médias de jouir des contrats de travail formels assortis des avantages sociaux. A cause de la précarité des conditions de vie et de travail, les professionnels de medias sacrifient l’éthique de la déontologie professionnelle au profit de la survie. Par conséquent, a laissé entendre Serge Mukenge, les professionnels des médias collectent, traitent et diffusent des informations non pour satisfaire un public en attente des informations pertinentes, mais plutôt pour satisfaire ceux qui leurs donnent quelques expédients juste pour la survie. D’où la pratique du coupage où de transport qui devient pérenne.
Pour pallier à ces pratiques qui gangrènent la profession, Serge Mukenge soutient qu’en mettant les professionnels de médias à l’abri de la pauvreté qu’ils pourront dans ce cas accomplir efficacement leur mission sociale de collecter, traiter et diffuser des connaissances qui contribueront au changement positif de comportement du public.
« La profession va mal »
Le secrétaire général du syndicat national des professionnels de la Presse, Stani Nkundiye n’est pas allé par le dos de la cuillère pour parler de la profession. Pour toute réponse il lâche: « la profession se porte mal ; voire très mal ». Il cite pour ce faire le récent assassinat à Bukavu dans la province du Sud- Kivu du journaliste Bruno Koko Chirambira de radio Star, les travailleurs accumulent des dizaines de mois de salaires impayés ; ils ne bénéficient pas de signature de contrat de travail.
A tous ces desiderata, s’ajoute la crise économique. Aujourd’hui face à cette crise insoutenable aussi bien pour les professionnels de médias que les employeurs de ce secteur, Stani Nkundiye, craint que les professionnels de médias fassent marche en arrière ; en privilégiant la pratique du coupage pour nouer les deux bouts.” Le salaire étant un leurre “.
Auparavant le président de l’Omec, Muboyayi a laissé entendre que cet atelier concrétise l’une des recommandations de l’atelier organisé par l’Omec sur le coupage. Il a souhaité aussi que les participants puissent réfléchir sur tout ce qu’il faut mettre en oeuvre pour que les entreprises soient en mesure de respecter les conventions collectives.
(DN/TH/GW/Yes)
Blandine Lusimana T./L’Observateur