londresUne sorte de « Fatwa » de fait semble avoir été décrétée par la diaspora congolaise de Londres contre une certaine ca­tégorie de politiciens, musiciens et pasteurs en provenance de la Répu­blique Démocratique du Congo et de passage par la capitale britannique, en campagne de sensibilisation politique, en concert musical ou convention religieuse.

Selon une opinion très répandue au sein de la communauté congolaise de Londres, sont déclarés indésira­bles en territoire britannique tous les décideurs et acteurs politiques accu­sés d’être responsables de la descente aux enfers du pays et de son peuple, depuis la signature de l’Accord Global et Inclusif ayant sanctionné la fin du Dialogue Intercongolais, en décembre 2003.

Stars de musique et ministres de Dieu soupçonnés d’être les propagandistes des pilleurs du pays et fossoyeurs de la démocratie sont logés à la même enseigne. C’est à la lumière de cet état d’esprit qu’il convient de replacer le passage à tabac, il y a deux semaines à Londres, Yves Kisombe, député national chassé du MLC (Mouve­ment de Libération du Congo) et perçu comme une « taupe » du pouvoir en place à Kinshasa, bien que l’homme continue de clamer son appartenance à l’opposition parlemen­taire.

A en croire la dias­pora congolaise, les politiciens en séjour à Londres tiendraient des discours mensongers sur l’émergen­ce d’un Etat de droit en RDC et la reconstruction natio­nale, alors que la situation sociale des masses va de mal en pis et que les riches­ses nationales continuent de faire l’objet d’un pillage planifié, en toute impunité et sur fond de corruption.

Aux musiciens, il est reproché leur manie de distraire le peuple à travers leurs oeu­vres élogieuses sur certains décideurs politiques, alors que ce sont précisément ces messieurs et dames qui mettent chaque jour le pays en danger d’être rayé de la carte de la terre.

Les pas­teurs sont traqués en raison de leurs sermons qui « chlo­rophorment » la conscience collective, l’empêchant de tout réflexion d’éveil face à la dégénérescence de l’Etat-nation.

L’on pensait qu’après l’émoi suscité au pays comme à l’étranger par l’agres­sion meurtrière dont fut vic­time Léonard She Okitundu, alors Directeur de cabinet du Chef de l’Etat, l’intolérance politique des Congolais de Londres allait fléchir.

Mais, le triste sort réservé à Yves Kisombe a démenti tout es­poir de changement. Il faut souhaiter que des campa­gnes d’explication vont être menées en direction de la diaspora congolaise afin de l’amener à un regard .posi­tif les compatriotes venant du pays. Des débats francs devraient peut-être enga­gés avec eux, par des per­sonnalités crédibles, afin de les convaincre de parler le même langage et regarder dans la même direction que les gouvernants actuels, celle du développement, de la bonne gouvernance, de la démocratie, du respect des droits humains.

(DN/Th/TN/Yes)

Kimp./Le Phare