Pour la Lizadeel, la décision de libérer Evoloko annule tous les efforts consentis dans la lutte contre les violences sexuelles. Le ministère de la Justice fait prévaloir les prescrits du livre Ier du Code pénal.
Alarmiste, LIZADEEL voudrait ignorer les prescrits du livre 1er du Code pénal qui prévoient la libération conditionnelle de tout prisonnier ayant purgé le quart de sa peine et que la loi du 20 juillet 2006 sur les violences sexuelles le réconforte parce qu’elle n’interdit pas non plus ce cas de figure.
Ils étaient au total 49 détenus à bénéficier de la libération sous condition mercredi de la semaine dernière au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa -CPRK. Dans le lot, figurait l’artiste musicien Evoloko Atshuamo qui fut condamné pour purger 5 ans par La Cour d’Appe1 pour viol sur une mineure. Cette opération de la libération conditionnelle a été rendue possible après avis du directeur de la prison et celui du parquet. Le ministre de la Justice a émis son avis après examen du dossier par le secrétariat de son ressort.
Alarmiste, la Ligue de la Zone Afrique pour la Défense des droits des enfants et élèves -LIZADEEL- voudrait ignorer les prescrits du livre I du Code pénal qui prévoient la libération conditionnelle de tout prisonnier ayant purgé le tiers de sa peine et que la loi du 20 juillet 2006 sur les violences sexuelles le réconforte parce qu’elle n’interdit pas non plus ce cas de figure.
La tête de Luzolo Bambi est ainsi exigée par la LIZADEEL car, Godé Kayembe, président de cette ONG, a au cours d’une conférence de presse animée en rapport avec la libération de l’artiste Evoloko, demandé la démission de Luzolo Bambi Lesa, ministre de la Justice et Garde des sceaux. LIZADEEL a levé la voix immédiatement après la libération de l’artiste RD-congolais de la chanson qui vient de purger 18 mois au CPRK pour viol d’une mineure. Kayembe estime que le ministre Luzolo Bambi a perdu toute crédibilité en autorisant la libération d’Evoloko. Le président de l’ONG qui défend les droits des enfants et des élèves déclare que l’affaire Evoloko ne peut que choquer les bonnes consciences.
Le président de LIZADEEL a, en outre, déclaré que tout le monde a été scandalisé de voir Evoloko faire montre de ce qu’il qualifie de triomphalisme lors de sa sortie de prison. Le président Godé Kayembe qui s’insurge contre cette libération n’a pas manqué d’indiquer à la presse que cette décision a annulé tous les efforts politiques et financiers consentis par la Communauté internationale et nationale dans la lutte contre les violences sexuelles qui chosifient les femmes et les hommes. Il a poursuivi en martelant que cette décision annule également les efforts fournis par le chef de l’Etat de pouvoir mettre en place une loi qui doit sanctionner tous les violeurs.
Du côté du ministère de la Justice, la réaction ne s’est pas faite attendre. Ruffin Loko, se faisant porte parole de Luzolo Bambi, a rétorqué que le ministre n’est pas l’auteur de la libération de l’artiste Evoloko mais cette libération s’est plutôt faite au regard de la loi RD-congolaise qui reconnaît que tout prisonnier qui aura présenté des signes d’amendement en prison, et qui aura passé un tiers de sa peine, a droit à une libération conditionnelle. Il a ajouté que le prisonnier libéré se verra réintégrer la prison pour y purger sa peine s’il ne respecte pas certaines conditions.
Il faut noter qu’au sortir de la prison, l’artiste Evoloko qui a été à l’apogée de sa carrière musicale dans les années 70, a été soutenu massivement par la présence des plusieurs artistes de la capitale qui lui ont témoigné leur sympathie. Il avait saisi cette occasion pour demander pardon à toutes les femmes RDcongolaises et n’a pas manqué de remercier le couple présidentiel pour sa libération. Cette libération qui a revêtue un caractère festif a sûrement choqué les défenseurs des droits des enfants qui ont décidé de voir le ministre de la Justice déposer son tablier pour avoir remis la liberté à un violeur. En outre, l’artiste Evoloko devra contribuer à la sensibilisation contre les violences sexuelles par la composition d’une chanson sur ce thème.
(TN/TH/Yes)
Christiane Munoki Ekambo/Africa News