Des documentaires des vues d’Afrique figuraient avant 1914 dans presque tous les catalogues des producteurs cinématographiques. Le noir est présenté essentiellement bon enfant. Exotisme et paternalisme constitueront à se partager la vedette à peu d’exception près.
Bien que le cinéma soit arrivé au continent noir depuis ses débuts. La colonisation à outrance a maintenu le continent africain dans un état de retard considérable. Mais vers 1905, des cinémas ambulants circulaient dans la banlieue de Dakar au Sénégal et en Afrique du sud. A Léopoldville (l’actuel Kinshasa), les premières projections remontent à 1910, dans cette même année, un italien projetait des films de Méliès à Stanley ville (Kisangani) et des démonstrations de cinéma étaient organisées à Elisabethville (l’actuel Lubumbashi).
Aucun film vraiment et entièrement africain n’y a été tourné, sauf en Afrique du sud par quelques colons Afrikanders. Par ailleurs, les films tournés en Afrique sont beaucoup plus nombreux.
Le Congo Belge notamment, fut utilisé comme décor pour des films de fictions et pour des documentaires folkloriques et ethnographiques. En 1898, une équipe cinématographique opérait déjà au Congo et leurs films furent projetés en 1900 à l’exposition internationale de Bruxelles.
Mais le coup d’envoi fut donné en 1908 avec la naissance de l’association le cinématographique des colonise qui donnait périodiquement des séances cinématographiques sur le Congo. Ces documentaires montraient en général les réalisations sociales, les centres urbains, les ports et les travaux de construction des chemins de fer, etc.
Il faut néanmoins reconnaître que le cinéma colonial du Congo Belge était animé par un désir d’apporter aux populations indigènes des valeurs fondées sur le bien être, le progrès technique, l’avancement moral, sans oublier l’apport de la religion catholique pour influencer la vie des individus et de la société.
Ces documentaires, considérés en Europe comme des reflex sans fard de la réalité sociale, faisaient connaître un continent encore ignoré, son exotisme et ses mystères. En 1912 se constitue l’union coloniale Belge dont les principaux objectifs étaient la propagande de l’œuvre coloniale ; l’organisation des expéditions et l’établissement d’un service de renseignements pour les commerçants et industriels belges.
Les documentaires avaient la valeur d’un document authentique, d’un témoignage sincère et indubitable des faits réels. C’est la même conception qui se développera quelques années plus tard, le précurseur du cinéma vérité, le soviétique Dziga Vertov, qui ventait vers les années 20, la suprématie du cinéma d’actualité sur le cinéma de fiction : le fait photographie sur le vif était ; d’après celui-ci, un film vraiment authentique.
Des documentaires des vues d’Afrique figuraient avant 1914 dans presque tous les catalogues des producteurs cinématographiques. Le noir est présenté essentiellement bon enfant. Exotisme et paternalisme constitueront à se partager la vedette à peu d’exception près.
Vers les années 20, une nouvelle étape du film documentaire sur l’Afrique s’ouvre avec une amélioration technique des appareils du cinéma avait convaincu aussi ethnologues et cinéphiles à produire des documentaires dans le but d’allier l’objectivité à la recherche. En effet, le souci d’une recherche plus scientifique remplace le soif de propagande. Des missions exploratrices se multiplient, accompagnées de raids automobiles et de randonnées aériennes. Cependant, le tort des cinéastes voyageurs fut de ne pas s’arrêter assez longtemps dans les contrées visitées pour essayer de comprendre la culture africaine. Ce sera à partir des 45 des cinéastes professionnels commencent à produire des documentaires à la fois rigoureux et techniquement soignés. Les difficultés de tournage, filmer sous le tropique était une entreprise très difficile. La chaleur, surtout, constituait un sérieux problème, ainsi que l’intensité de la lumière et la netteté de l’image…
A cette époque il faut le noter, les appareils étaient encore composés de bois. L’objectif se trouvait sur le devant de la caméra. Le bois de la camera ne résistait pas à la chaleur et se fêlait. Selon le livre ’la science et vie, février 1914’ "Chaque soirée, nous la passions devant notre tente à colmater les fêlures avec de la cire. Quand nous prenions des vues pendants la journée, nous enveloppions l’appareil de plusieurs couches de pelures de bananes. Mais cela n’empêchait pas la cire de se ramollir et de commencer à fondre "
(Milor/BT/PKF)
Onassis Mutombo/L’Avenir
Last edited: 24/08/2009 15:49:59