C'est l'image d'un bateau sans capitaine que la Société nationale d'assurances (Sonas), renvoie depuis que Herman Mbonyo Lihumba, son Adg.
En effet, depuis plus de deux semaines maintenant, le temps semble s'être arrêté dans cette entreprise publique où quelques cadres et agents réclament à cor et à cri leur ADG.
Cette situation survient malheureusement au moment où le Premier ministre Muzito bât campagne pour la mobilisation de recettes tant à l'intérieur du pays qu'à Kinshasa.
Ainsi, la contribution de la Sonas au budget de l'Etat ne peut être laissée au hasard des circonstances.
Les agents et cadres de cette entreprise du portefeuille de l'Etat l'ont compris. A l'exception bien entendu d'une poignée d'agitateurs qui se recrutent dans le cercle de l'ancien Adt.
La majorité réclame le retour aux affaires de M. Herman Mbonyo dont les œuvres pendantes ce laps de temps qu'il est resté à la tête de cette entreprise, continuent à crier.
Bon nombre parmi ces agents et cadres se souviennent d'où ils viennent. La Sonas battait de l'aile au risque de mettre la clé sous le paillasson.
Grâce à l'impulsion donnée par l'Adg Mbonyo, à travers son programme " Sonas-Cap-avenir ", l'entreprise avait retrouvé ses marques.
C'est le médecin qui a prescrit la thérapie au patient qui est bien placé pour amener le malade à la guérison ", a indiqué un cadre de la Sonas qui a requis l'anonymat.
Une façon pour lui de souligner qu'il n'y a que M. Mbonyo, le géniteur du programme de relance de la Sonas qui peut conduire à bon port le redressement de la Sonas qui du reste est déjà une réalité.
Le calme étant revenu à la Sonas suite au démantèlement d'un réseau qui manipulait une poignée d'agents grévistes les incitant à se soulever contre leur propre entreprise, il est temps estiment ces agents que l'Adg Mbonyo reprenne les commandes de l'entreprise pour la continuité de son programme de redressement.
Même les agitateurs grévistes de la Sonas reconnaissent les qualités managériales de Herman Mbonyo. Dans leur cahier des charges, ils n'ont jamais accusé l'ADG de mégestion. La pomme de discorde était le rabattement de salaire. "
Maintenant que ce problème est résolu étant donné qu'on est revenu au salaire de 2008 multiplié par trois, la raison de leur revendication a été évacuée. Il n'y a aucune raison de maintenir l'ADG en suspension ", clame un agent intercepté dans le couloir de la Sonas.
Certains agents font remarquer, au sujet de l'audit diligenté à la Sonas par la ministre du Portefeuille, la politique de deux poids deux mesures.
Ils évoquent la lettre n°938/MINPF/BIP/JML/2009 de Mme Mabunda adressée le 3 août au Premier ministre Adolphe Muzito dans laquelle elle sollicite que l'audit de gestion de l'Onatra soit confié à une firme spécialisée indépendante afin d'en assurer une objectivité non équivoque que l'IGF et le CSP ne garantiraient peut-être pas.
Pourquoi avoir alors confié l'audit de la Sonas à ces institutions dont elle doute la crédibilité ?
A ceux qui l'ont diligentée de connaître la vraie motivation. Par ailleurs, les agents et cadres de la Sonas, qui voient une anguille sous roche, trouvent anormal que l'Adg Herman Mbonyo ait été suspendu 5 jours après le début d'un audit dont la durée était de 15 jours. D'aucuns parmi eux jugent ladite commission d'audit comme étant complaisante.
Une commission taillée sur mesure et dont les conclusions ne pourront qu'être complaisantes, prédisent certains agents qui rappellent qu'en une année la Sonas a subi 5 audits.
Les 4 audits précédents n'ont jamais trouvé trace de mégestion dans la manière dont H. Mbonyo conduit les affaires de la Sonas.
Dans les couloirs de la Sonas, les langues ne cessent de faire observer que la ministre se dit incompétente à suspendre l'Adga de l'Onatra. Selon sa propre logique elle devrait être aussi incompétente pour suspendre l'Adg de la Sonas.
Les agents et cadres de la Sonas voudraient leur entreprise reprendre la vitesse de croisière que lui avait insufflée Herman Mboyo. " C'est grâce à Mbonyo que la Sonas dispose d'une gamme de 60 produits d'assurance dont les principaux sont l'assurance santé, incendie, tout risque chantier, voyage et obsèques", rappelle-t-on à la Sonas.
La majorité d'agents craignent que l'entreprise sombre. Et que l'absence de la Sonas à l'édition foraine de la Fikin 2009 soit la manière la plus éloquente de le dire.
(CL.PKF)
L’Observateur