boshabLe camp du statu-quo rangé derrière l’actuel secrétaire général s’oppose au front du refus qui s’aligne derrière la règle consacrée de rejet du cumul. Au sein du Pprd, les futurs enjeux ne sont apparemment pas analysés avec lucidité par les cadres qui gèrent le parti au quotidien.

On observe, en effet, une attitude complaisante qui risque de porter préjudice aux espoirs que fondent certains sur ce que devrait être un élément fédérateur pour l’avenir. C’est le cas de la question de la désignation du secrétaire général du parti après la nomination d’Evariste Boshab au poste de président de l’Assemblée nationale. Cette question que d’aucuns semblaient banaliser pour des intérêts mesquins, alors qu’elle est capitale, est déjà au centre du débat entre deux opinions très partagées.

Dans le premier camp soutenant le statu-quo, c’est-à-dire le maintien d’Evariste Boshab aux fonctions de secrétaire général du Pprd en même temps qu’il occupe le fauteuil de speaker de l’Assemblée nationale, on avance des arguments tels que la courte durée de deux ans qui va jusqu’à la tenue des élections  générales, la question de fidélité et de loyauté entre l’initiateur du parti et le coordonnateur, etc.

Pour le deuxième camp, qui fustige cette attitude, c’est moralement irresponsable car c’est une violation flagrante d’une règle déjà de mise qui devrait, de ce fait, être de stricte application.
 
Deux poids, deux mesures

A l’aune des enjeux politiques, la situation est prise au sérieux par les observateurs avertis qui recourent à une certaine pratique consacrée au sein du parti assimilée à une sorte de jurisprudence.

On cite, à ce propos, le cas Kamerhe qui avait abandonné le poste de ministre de l’Information et Presse lorsqu’il fut nommé secrétaire général du Pprd. Et après les élections, lorsqu’il accéda au perchoir de la chambre basse du parlement, il a eu à subir de fortes pressions pour libérer la direction du parti. Il en a été de même avec Philémon Mukendi alors secrétaire général  adjoint lorsqu’il entra au gouvernement au poste de ministre de la Culture et des Arts remplacé par Maker Mangu Famba et enfin de Mme Madeleine Mienze qui, elle, quitta le vice-ministère de l’Epsp pour le secrétariat général adjoint. On s’interroge, dans le cas d’espèce, pourquoi la politique de deux poids, deux mesures ?

On admet que sur le plan du travail, Vital Kamerhe a fait preuve de dynamisme et a été entregent et enfin, il a amené le Pprd à la victoire électorale en 2006. Actuellement, on constate que le parti présidentiel est en perte de vitesse. A titre d’exemple, il n’est pas ancré suffisamment dans le tissu social du Congo profond. De source généralement bien informée, on indique que le taux de pénétration dans les provinces ne dépasse guère la moyenne requise. On s’interroge alors sur l’impact réel des actions amorcées, abondamment diffusées dans les médias. On constate que les images des foules qu’on suit à la télé répondent plus à l’appel de mobilisation  qu’à la spontanéité. La psychologie des foules en la matière est bien connue qu’elle ne peut émouvoir que des naïfs étant donné que cette mobilisation ne signifie guère adhésion populaire.
 
Une lourde responsabilité

Parti-pivot de l’Amp, le Pprd n’est malheureusement pas placé sur une assise populaire solide ni une base totalement acquise à sa cause. Un éminent confrère qui est revenu dernièrement du Bas-Congo a déclaré à Forum des médias sur la Rtnc que le parti présidentiel n’est pas présent sur le terrain. C’est tout dire d’une réalité plus qu’évidente en dépit des apparences de façade. A cela s’ajoutent les mises en place en cours contestées surtout à l’intérieur du pays où l’on crie généralement au clientélisme. Or, les prochaines batailles électorales seront, à maints égards, dures pour le Pprd qui sera jugé dans deux ans par les électeurs et par rapport aux promesses de campagne.

A ne pas oublier particulièrement que le contexte politique est en train de changer avec l’entrée dans le jeu électoral de l’Udps en tant que force politique établie quels que soient ses problèmes internes et l’alliance avec des forces émergentes comme le Mlc dont les dernières tournées au Bas-Congo, au Kasaï Occidental et au Kasaï Oriental de députés ont donné la preuve de leur capacité de mobilisation et du degré d’adhésion des masses.

Il est évident qu’au sommet du Pprd, on attend que les différentes actions rapportent des dividendes substantiels au plan politique dans la perspective de prochaines batailles électorales de 2011 et précédemment des élections locales et urbaines. Grâce à la sensibilisation et une implantation tout azimut, il s’agit notamment de capitaliser des résultats à la mesure des moyens humains et financiers disponibilisés.

L’importance des enjeux est telle qu’il importe que les rênes du parti soient confiées à un cadre  ayant les capacités requises, disposant du temps matériel et consacrant toutes ses énergies à la vie du parti. Cet « oiseau rare » existe dans le vivier. Le débat entre les deux camps risque de se corser, au cas où une issue heureuse ne serait pas trouvée d’ici-là. Ce qui ne ferait que porter préjudice à ses intérêts vitaux.

(TN/Milor/Yes)

La République