Près de 400 participants de la diaspora prennent part à ces assises organisées par la Maison des Congolais de l’étranger et des Migrants et l’OIM avec l’appui de la Grande-Bretagne.
Le ministre des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba, a ouvert mercredi à Kinshasa, dans la salle de Conférence internationale de son ministère, les travaux du Forum économique de la diaspora congolaise en vue d’un investissement productif co-organisé par la Maison des Congolais de l’étranger et des Migrants et l’Organisation internationale de Migration (OIM), avec l’appui de la Grande-Bretagne. M. Alexis Thambwe Mwamba a souligné à l’intention de quelque 400 participants de la diaspora congolaise que le gouvernement de la RDC soutient leurs actions dans la mobilisation des ressources et des nouveaux partenaires pour un espace économique de plus en plus compétitif.
Il a mis en exergue les missions du ministère des Affaires étrangères dans le cadre de la diplomatie de développement et de la paix pour la mobilisation des Congolais de l’étranger au développement du pays et à leur intégration à la vie nationale. Le Forum économique de la diaspora congolaise, a-t-il dit, arrive à point nommé comme une urgente nécessité, à la suite des multiples rapports et les enregistrés en termes d’obstacles et des contraintes dans l’exercice de l’activité économique des Congolais de l’étranger.
Le ministre des Affaires étrangères qui interpellait la diaspora congolaise, a indiqué que les transferts financiers des Congolais de l’étranger en faveur de leurs familles et leurs activités en République Démocratique du Congo s’évaluent aujourd’hui en millions de dollars. Malheureusement, 80% de ces transferts sont destinés à la consommation courante des ménages ou aux dépenses de prestige, au détriment des investissements productifs. Ce qui fait que la contribution au développement du pays de la diaspora congolaise demeure à peine perceptible, a-t-il constaté.
Il les a exhortés à investir dans d’autres domaines qui offrent des opportunités d’affaires, notamment le tourisme ou l’agro-alimentaire, pour laquelle les intrants agricoles sont exonérés, au lieu de s’intéresser seulement dans les secteurs du transport, de l’hôtellerie (les flats) et de l’habillement, rendant encore plus âpre la concurrence déjà difficile pour les Petites et Moyennes Entreprises. Le secteur de la formation, à l’exemple des écoles de métiers qui foisonnent en Europe, peuvent servir de déclic pour la résorption du chômage en RDC.
Toutes ces opportunités ont l’avantage de contribuer à la création des PME et à l’émergence d’une classe intermédiaire comme socle pour la réduction de la pauvreté et le développement durable, a martelé le ministre des Affaires étrangères. Il sied de souligner qu’au cours de ce forum de deux jours, les 19 et 20 août, les participants vont faire un état des lieux du climat des affaires des Congolais de l’étranger et de leur participation au développement économique de la RDC, analyser les difficultés rencontrées ainsi qu’évaluer la possibilité de mettre en oeuvre leurs projets d’investissement.
La diaspora congolaise une ressource supplémentaire pour le développement de la RDC, selon Mme Sabine Boeltken de l’OIM.
Mme Sabine Boeltken, chef de projet du Point Focal Mida/Grands Lacs de l’Organisation internationale de Migration, a déclaré mercredi à Kinshasa que la diaspora congolaise est une ressource supplémentaire pour le développement socio-économique de la République Démocratique du Congo lors de son allocution à l’occasion de l’ouverture du premier forum économique de la diaspora congolaise. Mme Sabine Boeltken a salué au nom de l’OIM, la tenue du forum économique de la diaspora congolaise qui aborde des questions spécifiques qui entravent l’investissement en RDC à la suite des multiples tracasseries.
Elle a estimé que cette diaspora dotée de plus en plus de compétences, d’idées et d’expertise acquise dans le pays d’origine et à l’étranger, amène une nouvelle vision et incarne bien souvent une force porteuse de changement. « La diaspora africaine peut donc jouer un rôle crucial en tant qu’agent et partenaire pour le développement de l’Afrique », a-t-elle reconnu. Pour le chef du projet MIDA Grands Lacs, l’organisation et l’encadrement de cette diaspora est une nécessité en vue de saisir l’apport de celle-ci au développement du pays d’origine.
Sabine Boeltken a fait état du lancement depuis 2001 par l’OIM, avec le soutien de la Belgique, d’une stratégie de mobilisation des ressources humaines et financières des communautés africaines vivants à l’extérieur de la Région des Grands Lacs. En RDC, le programme MIDA et son concept de migration pour le développement ont été intégrés dans le DSCRP (Document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté), adopté en 2006. Elle a estimé que l’un des résultats de cet engagement est « le guide sur les investissements en RDC qui a été réalisé dans le cadre du volet transfert financier.
(Milor/TN/GW/PKF)
ACP