La cinématographie soviétique pourrait aider, en partie, à réfléchir sur le cinéma école, plutôt que comme spectacle, de même, le réalisme italien peut suggérer la manière d’impliquer toute la nation à affronter les problèmes de la vie quotidienne.
Le slogan « le cinéma africain » c’est l’Afrique au quotidien. Les grandes œuvres de la cinématographie mondiale naissent généralement de l’histoire et des traditions des pays respectifs.
Il en est de même pour l’Afrique, où ce recours est plus impérieux, car la sauvegarde du patrimoine culturel n’est plus une question d’exigence mais d’urgence.
Surtout que la civilisation moderne nivelle les cultures de tout le monde comme un rouleau compresseur. Cependant, la culture n’est pas à restreindre aux coutumes ancestrales.
Elle doit s’élargir au domaine historique et y englober les grands empires et les héros de la résistance anti-coloniale du continent.
Selon Aldo Falconi, « Histoire de la communication, du cinéma à l’Internet », Médiaspaul, Kinshasa, 2003
Gaston Kaboré déclare dans ce livre que « l’Afrique doit produire d’urgence ses images. C’est exigence est vitale pour garder les contraints avec leur réalité spécifique, autrement les africains seront spoliés de leur culture et seront dans l’impossibilité de concevoir eux-mêmes leur destinée future ».
La cinématographie soviétique pourrait aider, en partie, à réfléchir sur le cinéma école, plutôt que comme spectacle, de même, le réalisme italien peut suggérer la manière d’impliquer toute la nation à affronter les problèmes de la vie quotidienne.
Comme l’a affirmé Paulin Soumanou Vieyra ; « la salle du cinéma est un des symboles de cette unité que nous cherchons, de cette conscience nationale que nous voulons faire naître ».
Dans ce même ordre d’idée, le cinéma est, donc, pour le continent noir est un instrument privilégié pour réaffirmer leur droit à la parole.
Mais le principal problème reste, celui de la langue parlé des acteurs, comment, donc, concilier la tradition orale et la langue parlée du cinéma ? Au fond, c’est le même problème qui a été a résolu par le doublage ou par l’invention du son, même le problème de la langue est plus solubre dans quelques pays (Mali avec le Bambara, au Sénégal avec le Wolof, au Nigeria avec le Yoruba…) cela devient plus difficile au Cameroun, au Congo Kinshasa, en Côte d’Ivoire et dans d’autres pays.
D’autres part, les langues africaines sont un signe d’authenticité culturelle et un choix politique qui doivent stimuler à chercher des solutions. Ousmane Sembene (écrivain réalisateur sénégalais) l’a résolu à sa manière « Mon dernier film dure deux heures, mais il a seulement 30 minutes de dialogue.
Pour faire comprendre la trame dans des pays comme les notre, où la différence entre les langues limite la possibilité de compréhension, j’ai préféré recourir à une forme basée sur le geste et sur l’expression visuelle ».
Pour Moustapha Alassane, il est nécessaire d’adapter nos films aux sources de notre tradition ; seulement de cette manière l’Afrique pourra espérer de contribuer à enrichir le cinéma.
Il est important de rendre accessible le symbolisme métaphorique des gestes, des comportements et des objets qui constituent déjà d’eux-mêmes, un langage avec les règles structurées depuis longtemps.
Pour les artistes africains, le retour aux origines est une des conditions qui, avec, la maîtrise de la technologie moderne, peut garantir la réussite. Cette solution ne résout qu’en partie le problème de la sauvegarde de la culture particulière face à la culture universelle du village planétaire.
En d’autres mots, pour pouvoir bénéficier des moyens techniques, il faut être en mesure des les utiliser, ou si, l’on veut, ce n’est pas le cinéma qui doit être doublé en centaines de langues, mais c’est le spectateur qui doit apprendre le langage du cinéma.
En disant cela, l’auteur pense sans doute au rôle éminemment formatif de la radio et de la télévision. Ainsi, l’adaptation cinématographique de la tradition orale situera sur un double tremplin : par elle on passe de l’imagination à la réalité et de la réalité à l’art africain.
(Yes/BT/PKF)
Onassis Mutombo/L’Avenir