Si rien n’est fait pour parer au plus pressé, l’on va connaître des jours sombres dans le chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Où l’on signale la recrudes­cence des cas des diarrhées apparentés au choléra à Goma. 87 cas ont déjà été notifiés en moins de deux semaines. Selon le médecin Inspecteur provincial, il s’agirait du cho­léra, bien que les résultats du laboratoire n’aient pas encore confirmés. Seule satisfaction pour le moment, on ne déplore pas des décès. Hier mardi 18 août 2009, l’hôpital provincial avait enregistré 25 malades internés.

Selon le médecin inspecteur provincial, cette situation est consécutive au manque d’eau dans la ville de Goma. Jusqu’à présent plusieurs ménages consomment directement de l’eau puisée du lac Kivu. Le di­recteur du nursing de cet hôpi­tal affirme qu’il reçoit plus de 10 nouveaux malades depuis le week-end. A l’en croire, depuis samedi 15 août, cet hôpital a déjà totalisé plus de 40 cas; dimanche, 12 cas mardi 18 cas, et maintenant, « nous restons avec 25 malades. La semaine passée, on avait deux cas par jour, ou trois cas seulement. Vous voyez; depuis samedi, on commence à aller au-delà de dix cas par jour, c’est trop », a-­t-il précisé à radiookapi.

Pour la source, une prise en charge gratuite des malades vient d’être organisée dans quatre structures sanitaires de la place dont l’hôpital provincial et l’hôpital général Virunge. Cependant, les besoins d’intrants continuent à se po­ser, indique les responsables de l’hôpital provincial.

Le médecin inspecteur pro­vincial a rassuré que les dé­marches sont en cours pour une prise en charge correcte des malades et recommande à la population de consommer uniquement de l’eau traitée. Notons qu’à l’an passée, entre janvier et septembre, Médecin Sans Frontières (MSF) avait soigné 1.480 pa­tients atteints de la maladie dans les Zones de Goma et de Sake, et au sud et à l’ouest de Kibati. A la même période, 1.469 cas ont été traités à Rutshuru, et 851 à Mweso et Kitchanga. Ce qui arrive en cette année est donc à crain­dre, au regard de la situation peu rassurante que connaît la région.

En effet, les conflits armés ont contribué à augmenter le risque de contamination du choléra. Les facteurs de risque étant des conditions sanitaires médiocres, une population en constant déplacement et des camps surpeuplés rassemblant les personnes déplacées. A ce jour, tout porte à croire que le choléra est toujours l’une des principales préoccupations au Nord-Kivu, la maladie étant endémique en différents en­droits de la province. Les ré­cents combats et les déplace­ments de populations ont ac­centué le risque de choléra dans la région. Le manque d’assainissement d’eau po­table, les mouvements cons­tants de populations et le sur­peuplement dans les camps de déplacés sont des éléments favorables à l’apparition de la maladie.

(TH/DN/PKF/PKF)


Willy K./L’Observateur