Les quartiers environnants le Camp Musique, un quartier militaire de la commune de Bagira, à Bukavu à l’Est de la RDC, sont calmes. Les soldats ont cessé de tourmenter les gens. « Nous vivons bien ici avec les militaires, ils ne nous tracassent plus depuis deux ans », témoigne Abel Bujuriri, qui réside sur un sentier proche de ce camp. C’est l’avis de la majorité des habitants qui apprécient aujourd’hui le comportement des soldats à leur endroit.


Ce camp est très animé. De nombreuses femmes de militaires y font du petit commerce est les populations des alentours viennent s’y approvisionner. Ce sont ces activités qui ont permis d’améliorer les relations entre civils et soldats. Mal payés de 30 à 40 000 Fc par mois (37 à 50 $) - ces derniers touchent souvent leur solde avec retard. Ils sont logés avec leurs familles dans des maisons croulantes datant de la colonisation. Pour subvenir aux besoins de leurs ménages, leurs femmes se sont donc mises à vendre sur place dans les camps, les autres sur la route ou dans les marchés. Elles proposent de la bière alcoolisée appelée kanyanga, de la farine de manioc,  des poissons salés, de l’huile de palme et autres denrées alimentaires.

Certaines font fortune car elles bénéficient à la fois de la clientèle civile et militaire. L’une d’elles, Josiane Safi, apprécie ce rapprochement qui lui permet d’écouler des braises très utilisées pour cuire la nourriture. Elle les achète en gros dans les villages environnants Bukavu et les revend dans le camp militaire. « Je vends parfois à crédit aux épouses des civils, pourvu que je me rassure qu’à la fin du mois j’aurai mon argent », déclare-t-elle.

Aux alentours du camp Jules Moke, de la police celui-­là, situé dans la même commune, la situation est identique. Ici femmes de policiers et civils se regroupent pour organiser une tontine. Chacune d’elles bénéficiant de la somme recueillie à tour de rôle. Toujours dans le quartier environnant ces camps, les habitants et les policiers se partagent une adduction d’eau gérée par la Régie des eaux. Ces intérêts communs favorisent la bonne entente et les civils n’ont plus à se plaindre des forces de l’ordre.

Les civils nécessaires aux militaires

Comme d’autres soldats de Bukavu dont les épouses sont vendeuses, l’adjudant Assumani jure de ne plus tracasser les civils. Il a compris que ce n’était pas son intérêt: « C’est grâce à crédit aux épouses des civils, pourvu que je me rassure qu’à la fin du mois j’aurai mon argent », déclare-t-elle. Aux alentours du camp Jules Moke, de la police celui­-là, situé dans la même commune, la situation est identique. Ici, les femmes de policiers et civils se regroupent pour organiser une tontine. Chacune d’elles bénéficiant de la somme recueillie à tour de rôle. Toujours dans le quartier environnant ces camps, les habitants et les policiers se partagent une adduction d’eau gérée par la Régie des eaux. Ces intérêts communs favorisent la bonne entente et les civils n’ont plus à se plaindre des forces de l’ordre.

Les civils nécessaires aux militaires

Comme d’autres soldats de Bukavu dont Ies épouses sont vendeuses, l’adjudant Assumani jure de ne plus tracasser les civils. Il a compris que ce n’était pas son intérêt: « C’est grâce à eux que mes enfants mangent même en mon absence ». Constate-t-il en lingala, langue officielle de l’armée congolaise. Depuis longtemps, les populations voisines des camps accusent certains hommes en uniforme d’être les auteurs de violences sexuelles et de piller leurs biens, surtout en période de guerre.

Les soldats, eux, accusent aussi régulièrement les civils de les dénigrer considérant tous les militaires comme des voleurs et estimant qu’ils ne peuvent rien avoir s’ils n’ont pas pillé. De fait, certains militaires indisciplinés s’en prennent régulièrement aux habitants. Mais des militaires souhaitent que leur image change. « Il ne faut plus que les gens pensent que le soldat ne peut que voler », souhaite le sergent Cilolo Justin.

Pour la vie de leurs familles, cette bonne entente est une nécessité. Car c’est le petit commerce de leurs épouses, qui vendent aux habitants environnants, qui les fait vivre. Surtout en l’absence des maris souvent mutés pour aller servir sous le drapeau loin de Bukavu. Durant leurs absences lorsque la guerre arrivait jusqu’à Bukavu, les femmes et enfants des hommes en armes, allaient habiter chez les civils à qui elles apprenaient d’ailleurs le lingala. A leur retour des champs de bataille, leurs conjoints ne pouvaient que constater les bonnes relations tissées entre leurs épouses et celles des civils.

Dans certaines communes, cependant, les relations restent tendues. C’est notamment le cas dans les avenues situées à coté du camp Saiyo dans la commune d’Ibanda. Des cas d’extorsions des téléphones sont souvent déplorés. Le comité local de développent organise régulièrement des ateliers d’échanges sur la cohabitation pacifique pour les rapprocher mais ces efforts n’ont, pas encore produits les résultats escomptés.

(TH/GM/PKF)

Thais Bagula/Le Palmarès