pleniereLe compte à rebours a déjà commencé pour la prochaine rentrée parlementaire. L’on s’attend d’ailleurs à des séances fertiles au regard des lettres que le président de la République a écrit respectivement aux présidents du Sénat, de l’Assemblée nationale ainsi qu’au Premier ministre pour assainir l’environnement politique face aux « Cinq fléaux » qui rongent la société congolaise. Eu égard à l’opération Tolérance zéro, l’AMP vient d’annoncer ses couleurs : elle ne protègera pas « les ministres corrompus ».

Répondant à une question de la presse sur l’attitude de l’AMP qui protègerait ses membres, une fois interpellés par l’Assemblée nationale ou le Sénat, le secrétaire exécutif adjoint de cette plate-forme, Koyagialo, a tenu à lever toute équivoque. Il a déclaré que l’AMP ne protègera pas les « ministres corrompus ».

Cette déclaration intervient à un mois de la rentrée parlementaire prévu constitutionnellement le 15 septembre de chaque année. Voilà une déclaration qui suscite de nombreux commentaires au moment où pointe à l’horizon l’imminence d’un remaniement du gouvernement. C’est dire que l’AMP n’entend nullement cautionner des méfaits qui auront des répercussions négatives sur cette plate-forme.

Aussi, pour accompagner le président de la république dans sa volonté d’assainir l’environnement politique, l’AMP a « déjà lâché » les ministres corrompus si jamais ils seraient mêlés, d’une façon ou d’une autre, à la malversation financière.

L’on se rappellera que dans son message du 30 juin à la nation, depuis Goma, le président de la République avait épinglé « cinq fléaux » qui rongent la société congolaise et sont susceptibles de mettre en difficulté la concrétisation du vaste programme de reconstruction nationale. Il s’agit de la corruption, de la concussion, de l’intolérance, de l’indiscipline et de la gabegie financière.

Joignant l’acte à la parole, le président de la République a déjà frappé dans les rangs de la magistrature et de la fonction publique. Les mandataires publics ne sont pas épargnés, car certains d’entre eux ont été frappés des mesures disciplinaires et traduits devant la justice.

Et si jamais demain des ministres seraient accusés de corruption, de concussion ou de gabegie financière… la réponse est connue d’avance : ils ne bénéficieront pas du soutien ou de la protection de l’AMP dans l’hypothèse où l’initiative serait prise par l’Assemblée nationale, le Sénat ou la Primature. Les principaux animateurs de ces trois institutions ont été instruits officiellement par le chef de l’Etat pour que ces décisions ne souffrent d’aucune défaillance.

Signal fort

deputes D’autres observateurs avertis de la politique congolaise trouvent en cette déclaration du secrétaire exécutif adjoint de l’AMP un signal fort de réajustement de la tactique politique. Au moment où l’on aborde le dernier parcours de cette législature et que la prochaine rentrée parlementaire intervient à quelques mois de l’organisation des élections locales et municipales, cet exercice tombe à propos. Car ces élections constituent un véritable test pour toutes les formations ou sensibilités politiques, tant celles du pouvoir que de l’opposition.

Pas étonnant que cette attitude s’inscrive dans un conteste général de réajustement de la stratégie politique au sein de l’AMP pour mieux aborder les différentes échéances politiques. En effet, après les élections locales et municipales qui auront lieu, sans imprévu, à la fin de cette année ou au début de l’année prochaine, il y a bien sûr les futures élections générales, à savoir présidentielle, législatives, sénatoriales de 2011.

Aussi, faut-il commencer à manœuvrer à partir de maintenant pour bien franchir la passe. Il est question de tout mettre en œuvre pour disposer d’un bilan à présenter et d’un nouveau discours d’espoir à adresser à la population. On ne peut le faire avec des « collaborateurs » qui ont enfreint la bonne morale et verser dans l’immoralité politique en posant des gestes contraires à la bonne gouvernance, aux idées forces du parti.
Ce signal fort de l’AMP dit tout.

L’ADT de la Sonas Toussaint Mika arrêté et incarcéré au CPRK !

« Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ». Cet adage bien connu exprime mieux la situation dans laquelle se trouve actuellement l’ancien Adt de la Sonas, Toussaint Mika. En effet, selon des sources pénitentiaires, cet ancien cadre de la Sonas croupit dans le bâtiment du Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (Cprk) où il médite sur ses forfaits.

Toussaint Mika est incarcéré depuis jeudi 13 août et a passé un bref séjour dans le cachot du parquet de la Gombe avant son transfert à l’ex-prison centrale de Makala. Des sources proches crédibles rapportent que M. Mika serait poursuivi pour trois chefs d’accusations à savoir, le détournement de 40.000 dollars américains sur les 50.000 décaissés par la Sonas, pour voler au secours des victimes du crash de l’avion de Hewa Bora, d’il y a quelques années, à Goma.

En sa qualité d’assureur national, la Sonas avait dépêché, 4 jours après l’accident, son Adt sur place pour apporter un premier secours aux rescapés. Hélas, c’était sans compter avec la surprise. L’Adt Toussaint Mika qui n’aurait remis que 10.000 dollars aux sinistrés, emportant pour son compte tout le reste, soit 40.000 dollars. Le pot aux roses sera découvert à la faveur du séjour de l’Adg Herman Mbonyo à Goma lors des festivités commémoratives du 40ème anniversaire de l’accession du pays à l’indépendance.

mika Le deuxième grief, qui n’est pas le moindre, a trait à l’implication de l’ancien Adt dans les cas des sinistres frauduleux et surfacturation. En clair, M. Mika est poursuivi pour avoir favorisé les paiements des sinistres pour les clients non souscripteurs moyennant une commission.

L’ancien Adt est enfin poursuivi pour avoir financé la campagne électorale en 2006 avec l’argent de la Sonas détourné à partir des agents de Ngaliema et de la DGI/Gombe.

En dehors de ces trois chefs d’accusations, un cas frappant d’incivisme pourrait encore intéresser le juge contre Mika. En effet, dans le cadre de la révision du fichier électoral par la commission Electorale Indépendante, ce dernier aurait planifié la fraude en faisant enrôler à Masina et plus précisément à la cité Maman Mobutu où il réside pour se constituer un corps électoral manipulable à souhait, en prévision des élections législatives de 2011. Case brûlée! Dans les milieux informés, Toussaint Mika serait la tête pensante sinon, le commanditaire de l’agitation que l’on a observé ces derniers temps à la Sonas.

Ancien Adt de cette entreprise du portefeuille qui s’est vu réduit en simple directeur au lendemain de la réforme Mabunda qui a transformé la Sonas en société commerciale; ne faisant plus partie du comité de gestion, il s’est aussitôt employé à la politique de la case brûlée. Un geste déplorable  quand il faut se rendre compte des efforts menés par le comité de direction de cette entreprise pour la sortir de sa torpeur.

Malheureusement pour lui, son plan de déstabilisation de la Sonas a été déjoué et le calme est vite revenu dans cette entreprise où désormais chacun essaie d’apporter sa pierre pour la reconstruction dans le cadre de 5 chantiers de la République.

Il est dommage pour des intérêts égoïstes et personnels que M. Mika ait traîné dans la boue la réputation d’une entreprise ayant pour vocation, l’assurance, un produit basé sur la confiance des souscripteurs. Ainsi, des efforts de longue halène consentis par les nouveaux dirigeants ont failli être réduits à néant à cause d’un petit groupe d’individus.

Heureusement que dans le cadre de l’organisation de l’opération Tolérance zéro, la justice vient de le rattraper pour des forfaits commis à l’époque où il trônait encore, à la tête et à la fois, aux agences de Dgi/Gombe et Ngaliema et à la Direction technique de la Sonas.

(DN/TH/GW/Yes)

Le Potentiel/La Prospérité