La réforme des titres forestiers telle que menée par l’actuel titulaire de l’Environnement en RDC est mise en cause par Greenpeace qui dénonce de graves irrégularités dans cette réforme qui concerne les vastes espaces forestiers congolais.
Ça coince chez les écolos. Greenpeace tire un bilan de la réforme des titres forestiers menée il y a peu par José Endundo Bononge, ministre RD-congolais de l’Environnement, Conservation de la nature et Tourisme, et met en cause le désordre, les abus, la mégestion, la tricherie et la fraude qui ont vicié la procédure. Dans une lettre ouverte transmise à Endundo le 27 juillet, Karine Jacquemart, coordinatrice de la Campagne de Forêts africaines, et René Ngongo, conseiller politique de Greenpeace Afrique, vont droit au but. Ils dénoncent les graves irrégularités dans la révision et font part de la disparité des chiffres qu’Endundo a rendus publics en janvier 2009.
Le ministre est sérieusement mis sur le gril. Alors qu’Endundo avait fait diffuser, en mars 2009, une carte avec deux listes des superficies des titres déposés en requête de conversion trois ans auparavant, Greenpeace soupçonne le tripatouillage, relevant un curieux écart de superficie de 2,9 millions d’hectares des forêts -la taille de la Belgique. Si Endundo a annoncé 9,7 millions d’hectares, l’ONG dévoile que les données de superficie inédites du Système d’information géographique -SIG- révèlent que la forêt RD-congolaise convertible en concession forestière est de 12,6 millions d’hectares.
Endundo est sommé d’expliquer pourquoi la version SIG des superficies n’a pas été rendue publique pendant le processus de conversion. Une manière d’insinuer qu’une portion de forêt de la taille de la Belgique a échappé au contrôle du gouvernement RD-congolais au profit d’un réseau que seul son ministre de l’Environnement maîtrise. Décapant, cette affaire sulfureuse est mise sur la place publique juste au moment où le chef de l’Etat Joseph Kabila est passé à l’exécution quant à la chasse contre des kuluna en col blanc dans le cadre de l’opération Tolérance zéro.
Un combat au corps à corps est désormais engagé entre Greenpeace et José Endundo. Les violons sont loin de s’accorder entre les deux partenaires. A la base, une lettre ouverte de l’ONG écolo -lire fac simulés en pages 3 et 4- dans laquelle elle demande à Endundo de clarifier sa réforme sur les forêts dont l’objectif est d’introduire la légalité et la transparence dans ce secteur: « Cet objectif est encore loin d’être atteint », tranchent les responsables de Greenpeace avant d’ajouter: « Il est urgent d’obtenir des clarifications sur la situation actuelle, empreinte d’irrégularité ».
Les redoutables écolos ne vont pas par le dos de la cuillère quant aux détails afférents à cela. Pour s’en convaincre, il suffit de prendre toute la mesure des propos de leur courrier adressé, il y a peu, au ministre Endundu. Ils reprennent à son compte les déclarations faites par lui-même et selon lesquelles, les forêts de la RD-Congo représentent 60% des forêts du bassin du Congo qui constituent le deuxième poumon de la planète après l’Amazonie. Cela s’appelle prendre quelqu’un aux mots. Et les tueurs vont le démontrer plus loin.
Masquer l’anarchie de l’exploitation du bois
Il est connu que le gouvernement RD-congolais a, depuis 2002, lancé avec le concours combien efficace de la Banque mondiale, un processus de conversion des titres forestiers en contrats de concession qui est arrivé à son terme il y a quelques mois.
Cette opération est destinée à faciliter une meilleure gestion des ressources, en réduisant notamment l’exploitation illégale des bois précieux. L’idée en soit a été applaudie de pieds et de mains par tous ceux qui se plaignent de la gestion hasardeuse du secteur du bois en RD-Congo.
Pourtant, contre toute attente, Greenpeace affirme sans ambages, que cette « réforme semble n’être qu’une feuille de vigne qui peine à masquer l’anarchie de l’exploitation du bois, industrielle et artisanale, dans les provinces forestières ».
Le bouquet
L’organisation se dit en outre « inquiète des dérapages et de l’opacité de la mise en application » de la réforme et exhorte le gouvernement RD congolais à « ne pas passer à côté des opportunités que présente l’attention internationale sur la richesse exceptionnelle des forêts RD congolaises ».
Comme irrégularités graves constatées dans la réforme Greenpeace cité notamment un écart de superficie de 2,9 millions d’hectares convertibles en concession forestière, entre le 12,6 millions d’hectares relevés sur une carte éditée et publiée par le propre Endundo et les 9,7 millions qu’il a officiellement annoncés début 2009.
La disparité des chiffres est de nature à jeter le doute sur la bonne foi du ministre. Si Endundo a annoncé 9,7 millions d’hectares, Greenpeace dévoile que les données de superficie inédites du Système d’information géographique -SIG- révèlent que la forêt RDcongolaise convertible en concession forestière est de 12,6 millions d’hectares. Le patron du ministère de l’Environnement est dans des sales draps. Du coup, il est sommé d’expliquer pourquoi la version SIG des superficies n’a pas été rendue publique pendant le processus de conversion.
Ça coince terriblement. Une manière pour les verts d’insinuer qu’une portion de forêt de la taille de la Belgique a échappé au contrôle du peuple RD-congolais au profit d’un réseau que seul le ministre de l’Environnement maîtrise. Décapant. Cette affaire sulfureuse est mise sur la place publique juste au moment où Joseph Kabila est passé à l’exécution quant à la chasse contre des kuluna en col blanc dans le cadre de l’opération Tolérance zéro.
Loin de s’arrêter en si bon chemin, Greenpeace s’étonne également des dérogations accordées à des détenteurs des titres invalidés et la non-publication de la liste des permis de coupe en vigueur. « Les communautés -locales- voient les exploitants couper et évacuer du bois.
Leur rôle est réduit à être des témoins impuissants de la dégradation de leurs forêts et de leurs moyens de subsistance », déploré l’ONG en terminant par un conseil: « Il est temps de sauver les forêts primaires intactes de la RD-Congo et de soutenir des modèles de gestion véritablement durables et de développement local qui bénéficient aux RDCongolais ».
(TN/TH/GW/Yes)
AKM & LB/Africa News
Last edited: 14/08/2009 16:36:46