M Magloire Kambemba Okanja, Directeur général de la Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK) a remis hier, jeudi 14 août, sa lettre de démission au Gouverneur de la ville Kinshasa, André Kimbuta Yango.
La nouvelle a été donnée par la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC), au cours de sa grande édition du journal télévisé de 20 heures.
Cependant, cette télévision de l’Etat congolais, qui s’est contentée de lire l’économie du texte d’un communiqué de l’Hôtel de ville portant sur cette démission, n’a fait aucune mention du mobile de la décision de M. Magloire Kabemba.
Quoiqu’il en soit, dans des salons huppés de Kinshasa, des supputations sont allées dans tous les sens. Pour bon nombre d’observateurs, la démission de Magloire Kabemba Okanja n’est pas un verre de champagne offert ni à André Kimbuta ni aux employés de la DGRK.
Les auteurs de cette thèse évoquent, entre autres faits, la décision de la haute hiérarchie, de révoquer Magloire Kabemba dans la foulée des sanctions infligées, voici quelques années, à l’endroit d’un certain nombre de cadres de l’ex-Direction générale des contributions (DGC), l’actuelle Direction générale des impôts (DGI).
Par contre, d’autres personnes rattachent la démission de Magloire Kabemba à un antécédant judiciaire, suite à une tragédie survenue dans sa résidence, au quartier Macampagne dans la commune de Ngaliema.
Au mois de mars de cette année 2009, deux frères jumeaux, Jessy et Rossy Fwelo, avaient trouvé la mort par noyade dans la piscine de M. Magloire Kabemba, alors que les deux victimes avaient été invitées à une fête d’anniversaire organisée en l’honneur d’un des enfants de Magloire Kabemba.
Depuis, l’affaire avait été portée en justice. Après plus de dix jours passés à l’inspection générale de la Police nationale, Magloire Kabemba avait été transféré au parquet général de la Gombe, avant son transfèrement au Centre pénitentier et de rééducation de Kinshasa (CPRK) où il a été détenu pendant 13 jours.
Magloire Kabemba Okanja fut arrêté sous mandat provisoire du 25 mai 2009. Il a été rétabli dans ses droits par un arrêt du Tripaix de Kinshasa Ngaliema, rendu le 4 juin 2009, lui accordant une liberté provisoire. Et, c’est finalement mardi, le 9 juin 2009 à 18 h 30 , heure de Kinshasa, que Magloire Kabemba est sorti de sa cellule du Cprk.
Tous ces différents antécédents montrent que l’homme n’était plus dans sa peau. Avec un moral complètement entamé, il n’était plus en situation de conduire les hommes. Surtout quand on sait que l’affaire suit son cours en justice.
D’autres personnes pensent aussi que Magloire doit avoir subi de fortes pressions, lui obligeant de rendre le tablier. L’une et l’autre hypothèses avancées dans cette affaire paraissent plausibles. Cependant, d’autres personnes se demandent pourquoi Magloire Kabemba a attendu si longtemps pour s’en aller? «Il ferait preuve d’élégance de quitter le mauvais temps à temps, au lieu d’attendre que le mauvais temps ne puisse le quitter», a réagi un cadre de la Dgrk, joint hier au téléphone.
La démission étant une procédure administrative requise, il appartient à l’autorité compétente d’en juger l’opportunité de sa recevabilité. En d’autres termes, André Kimbuta peut rejeter la requête de Magloire Kabemba pour des raisons évidentes.
(CL/PKF)
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