Le Centre catholique Lindonge, siège administratif de l’Arche­vêché de Kinshasa, a servi de cadre au face-à-face que Mgr Laurent Monsengwo a eu lundi 10 août avec la presse. Deux points ont constitué l’essentiel de sa communication la publication des dé­crets portant nomination des membres de sa province ecclésiale et la communiqué portant suspension de l’abbé Malonda Niandu pour violation de la lot canonique.

Le chef de l’église catholique de Kinshasa a signé, au total dix décrets de nomination des membres à différents niveaux de res­ponsabilité en vue de faire le ménage dans sa maison. Ces décrets portent respectivement érection d’un tribunal ecclésiastique diocé­sain dans  l’Archidiocèse de Kinshasa, mise en place des curés, vicai­res paroissiaux et dominicaux, diacres et stagiaires, prêtres envoyés aux études à l’étranger, formateurs des séminaires résidences des prêtres dans certaines paroisses de la capitale, membres de l’écono­mat, de l’équipe du Centre Lindonge ainsi que la mise en place des prêtres gestionnaires dans certaines écoles conventionnées catholi­ques de Kinshasa.

L’abbé Malonda excommunié

Le deuxième point de la communication de Laurent Monsen­gwo consistait à rendre public un communiqué qui sera lu dans tou­tes les églises de l’archidiocèse de Kinshasa. Il s’agit de l’excommu­nication de l’abbé Télésphore Malonda N’Landu. Il est reproche à l’ex-prêtre de la paroisse Saint Gabriel d’avoir conclu un mariage coutumier et civil, avant d’être bloqué au niveau de la cérémonie religieuse. Son acte est jugé non seulement con­traire aux normes de l’église universelle, mais également le droit ca­non.

C’est pourquoi, conformément à la loi canonique, le mariage contracté par l’abbé Malonda est déclaré nul et de nul effet. Et l’auteur est frappé d’une suspension a divinis aussi longtemps qu’il demeurera dans cet état. En conséquence, Télésphore Malonda ne peut plus prêcher, ni célébrer l’eucharistie, ni entendre les confessions, ni conférer tout autre sacrement de la foi catholique.

Vera l’exhumation de la CNS ?

Une fois la communication de l’archevêque terminée, la place  était ouverte à la rituelle séance des questions et réponses avec les journalistes. A la préoccupation concernant la position de l’église en rapport avec la distribution des livres contenant une leçon réservée au Vih/Sida qui conseille le port des préservatifs et kits scolaires aux écoliers de 1ère à 4ème primaire, Mgr Monsengwo Pasinya a indiqué que la hiérarchie de l’église a été voir le ministre de l’EPSP pour lui faire part de ses réserves. Il lui a été particulièrement démontré qu’il n’était pas opportun de parler du sexe et du port des préservatifs aux enfants de moins de 10 ans.

Sans s’opposer à la nécessité qu’il y a d’informer la jeunesse du danger de la pandémie du Sida en vue de la prévenir contre la maladie, l’église estime que cette leçon devrait être réservée aux en­fants, d’un certain âge, probablement aux élèves des humanités et non aux gamins des degrés élémentaire et moyen.

En réponse à la requête du clergé, le ministre a promis que la page (p.2) du livre contenant ladite leçon sera arrachée avant la distribu­tion aux concernés. Et c’était l’occasion pour le chef spirituel de l’église catholique de Kinshasa de réaffirmer l’opposition de son église au port des préservatifs. Partant de l’affaire abbé Malonda et autres remous auxquels on a assisté il y a quelques années au sain de l’église, l’heure a-t-elle sonné pour la révision du Droit Canon ou mieux l’instauration de la démocratie dans l’église ?

L’archevêque métropolitain de Kinshasa a fait remarquer que les normes de l’église catholique romaine n’ont pas changé. Toute­fois, a-t-il indiqué, les prêtres du rite oriental se marient officielle­ment. Et par contra, dans le rite latin auquel appartient la RDC, les prêtres choisissent librement le célibat. D’où ils sont censés observer cela durant toute leur pour vie, en particulier pendant leur mission apostolique. Plusieurs autres questions ont été posées au conférencier, notamment sur la visite de la Secré­taire d’Etat américaine en RDC, la rencontre Kabila-Kagame à Goma, etc.

Avant de lever la séance, l’archevêque de Kinshasa, président honoraire de la Conférence Nationale Souveraine (CNS), a informé les hommes des médias qu’il procédera bientôt à la publication des 916 Actes de ce forum pour que les Congolais sachent ce que le peu­ple voulait faire de son pays.

(Milor/GM/PKF)

Dom/Le Phare