Dans le cadre de la lutte contre la corruption, les Pv ainsi que les révocations de certains cadres de commandement des services publics de l’Etat sont transmis au Parquet général de la République.
L’opération « tolérance zéro » initiée par le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange dans le but d’assainir l’espace congolais longtemps empêtré dans le vice de tous genres s’est décidément engagée sur la dernière ligne droite.
Selon des sources dignes de foi de la présidence de la République, le Prof. Adolphe Lumanu, directeur de cabinet du président de la République a adressé deux importantes correspondances au ministre de la Justice, Luzolo Bambi en date du 7 août dernier en rapport avec les ordonnances présidentielles des 15 et 31 juillet 2009 qui font sensation dans l’opinion.
Dans la première, il est clairement exprimé la volonté de voir se concrétiser la poursuite judiciaire de ceux d’entre les magistrats à qui il est reproché des faits infractionnels non prescrits avérés ou constatés par les arrêts de la Cour suprême de justice rendus aux termes des procédures en prise à partie.
Dans la seconde lettre, le directeur de cabinet enjoint au même ministre les procès-verbaux, ainsi que les révocations de certains cadres de commandement des services publics de l’Etat en appui aux avis du conseil de discipline auxquels se sont basées les ordonnances présidentielles des 15 et 31 juillet 2009.
On croyait sans doute que la justice allait s’arrêter en chemin, voilà que le nouveau Pgr vient de lancer un pavé dans la marre en initiant une instruction judiciaire pour demander la levée de l’immunité parlementaire des députés nationaux cités dans le brûlant dossier de la manipulation du budget 2008. En décidant de le rouvrir, il est évident que la justice congolaise a finalement pris l’option de se mettre au diapason de la nouvelle vision du chef de l’Etat décidé à aller jusqu’au bout de l’assainissement des milieux congolais par une lutte implacable contre la corruption et l’impunité à travers l’opération « mains propres ».
Au centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (Cprk), l’ex- prison de Makala, deux ministres provinciaux dont celui des Finances de l’Equateur et celui de la Culture, de la Jeunesse et des Sports du Kasaï Occidental sont d’ores et déjà internés pour des raisons de détournement des deniers publics. Tenant compte de nombreux abus que l’on constate dans l’arrière-pays, il est certain que dans les prochains jours, les portes de prisons seront grandement ouvertes pour bien d’autres.
Quid de l’affaire de détournement de la rétrocession du ministère de l’Environnement ?
Au niveau du gouvernement Muzito, on croit savoir que le malaise suscité vers fin juillet au ministère de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme dans le dossier de détournement de la rétrocession n’a pas encore connu son dénouement. On ignore, à ce stade, si l’audit programmé a accouché d’une souris d’autant plus qu’à la Primature où l’affaire a été confiée à un conseiller, on garde le mutisme. Rappelons qu’il s’agit particulièrement des accusations de détournement portées, depuis lors, par deux syndicats contre le ministre, José Endundo Bononge et le secrétaire général, Abel Léon Kalambay.
En son temps, des informations en provenance du Dinafet (Directoire national des agents et fonctionnaires de l’Etat) et de la Cosycop (Confédération nationale des cadres, ouvriers et agents publics) faisaient état de la « disparition » des « boni » rétrocédés par la Dgrad (Direction générale des recettes administratives et domaniales) depuis le mois d’avril du 3ème et du 4èmetrimestres 2008 au ministère précité. Selon les deux syndicats, une somme de 674.035.932 aurait été détournée.
A ce sujet, il y a lieu de préciser que le ministère de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme émarge, à l’instar des régies financières, des fichiers de la Dgrad au titre de service d’assiette. Il lui est rétrocédé trimestriellement, à ce juste titre, un bonus sur les recettes réalisées.
Pour le secrétaire général de Dinafet, Tamundele et le président de Cosycop, Kalambay qui ont étalé cette affaire sur la place publique, des montants respectivement d’une valeur de 331.747.529,67 Fc, auraient été retirés à la Dgrad, le 13 avril 2009 par le chef de division, Nkongolo, et de 34.860.370, 00 Fc par le sous-gestionnaire des crédits, Tango Muyaya, soit un total de 386.607.899,67 Fc, l’équivalent de 482.3777,82 dollars américains.
Tant que les résultats de l’audit tardent à être rendus publics, on est loin de se convaincre des démentis apportés par le ministre et le secrétaire général de ce ministère sur lesquels pèsent de lourdes présomptions. Les « boni » en question ne seraient-ils alors que sortis de l’imaginaire des syndicalistes ? On s’y interroge et on continuera à se poser des questions jusqu’à ce que la vérité éclate sur cette ténébreuse affaire.
(TN/TH/GW/Yes)
La République