Il est reproché au commissaire de district Gabriel Kazadi Ngoyi, l’empiétement sur le pouvoir coutumier, les arrestations arbitraires et morts d’hommes sur la juridiction qu’il est censé diriger.
Depuis la dernière nomination dans la petite territoriale, il y a près de 8 mois, les nouvelles autorités politico administratives investies dans le district du Haut-Lomami, dans la province du Katanga, entretiennent une situation presque apocalyptique à Bukama, Kamina, Kabongo et Kanyama. On déplore des conflits coutumiers avec morts d’hommes, et des arrestations arbitraires. Tel est le tableau sombre qu’affiche à ce jour le district du Haut-Lomami.
Cette situation a donné cours à une question orale du député provincial Jackson Mwenzami, élu du territoire de Bukama, adressée au commissaire de district du Haut-Lomami. Tout comme pour le territoire de Kanyama dont la mauvaise gestion de l’administrateur du territoire est dénoncée, une commission ad hoc avait été mise en place depuis la semaine dernière pour statuer sur le dossier du commissaire de district du Haut-Lomami et de l’administrateur du territoire de Kanyama.
De ce fait, il est reproché au commissaire de district Gabriel Kazadi Ngoyi, l’empiétement sur le pouvoir coutumier, les arrestations arbitraires et morts d’hommes sur la juridiction qu’il est censé diriger.
En effet, selon le député Jackson Mwenzami, il y a des familles qui s’entredéchirent, créant l’insécurité dans le territoire de Bukama. A la base, un conflit de pouvoir, au village Kadia entre le chef déchu, suite à certains manquements et le nouveau chef investi par le grand chef Kasongo Nyembo Yves.
Selon la même source, entêté par les autorités politico-administratives, le chef déchu a provoqué des bagarres, dont le résultat a été fatidique. Il y aurait eu mort d’homme. Comme si cela ne suffisait pas, le commissaire de district du Haut-Lomami est également accusé d’empiéter sur le pouvoir coutumier dans la chefferie de Kasongo Nyembo.
A la base du conflit, la décision du grand chef Kasongo Nyembo Yves démettant un récalcitrant de chef de terre dans la localité de Lunge. Le commissaire de district Gabriel Kazadi Ngoyi s’est interposé apportant son soutien au chef Milamba, destitué contre son remplaçant Kalenga Kiangabo. Ce comportement du commissaire de district à l’encontre du grand chef coutumier Kasongo Nyembo Yves, est considéré comme un sacrilège à l’égard d’un garant de la coutume du peuple Muluba.
C’est là que le député provincial Aimé Kasongo Mande, va rappeler le commissaire de district à l’ordre en indiquant qu’il n’ignore pas que l’actuel jeune grand chef coutumier Kasongo Nyembo Yves est un Empereur, descendant de la dynastie de l’Empire Luba, dont on parle dans l’histoire du Congo. Ce député élu de Kamina, a tapé du poing sur la table invitant les autorités politico-administratives du Haut-Lomami au strict respect du garant de toute une culture reconnue et respectée en République Démocratique Congo.
Le territoire de Kanyama n’est pas épargné par cette anarchie caractérisée dans ce district. Il est reproché à l’administrateur du territoire de Kanyama, plusieurs faits : détournement, immoralité, mauvaise gestion de fonds publics, tracasseries sur la population. Dernier cas en date, la mort d’une femme venant du champ détenant 4 seaux d’haricots des suites de coups reçus des agents de l’ordre.
A la suite de cette question orale initiée par le député provincial Jackson Mwenzami au sein de l’Assemblée provinciale du Katanga et du rapport d’enquête sur la gestion du territoire de Kanyama fait par le député Marcel Lewu sur place, la plénière avait, sous la présidence de son président Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza, institué une commission ad hoc d’enquête pour confirmer ou infirmer les allégations contre le commissaire de district du Haut-Lomami, Gabriel Kazadi Ngoyi. Et les résolutions ont été prises ce lundi exigeant la suspension immédiat de ces deux territoriaux.
Pour les députés, il y a flagrance. Les deux responsables de la territoriale doivent être rappelés au ministère de l’Intérieur, toutes affaires cessantes.
C’est comme pour dire qu’après les magistrats et les fonctionnaires de l’Etat, le balai doit également passer dans la petite territoriale. Car le loup est encore dans la bergerie.
(CL/GW/Yes)
Godefroid Kazadi/La République